CHAPITRE III LES HOMMES DE RÊVE
Qu'est-ce qu'un homme de rêve? - Le rêve fécond et la
^'irvfdul^:; de vue critique : le monde comme objet La vie uu puiw pcthétiaue : le monde
d'étude — La vie du pomt de >ue esineuque comme spectacle. ~ Le culte de Tinuti^le
L'esprit spéculatif. - La vision ana lytiqu^^^^ Le sen des réalités abstraites. - La vision synthétique. - Le sens de l'Être et de l'Absolu.
La pensée idéative : la méditation.
L'esprit artiste. - La vision spectaculaire. - Le sens du symbole et le sentiment de l'ineffable.
La pensée Imaginative : la rêverie.
L'inadaptation à l'ambiance : le détachement des réa
lités.
Comme les hommes qui se posent en acteurs, ceux qui sont spectateurs méritent d'être réunis, parce qu'ils ont, à quelques différences près, une façon commune de comprendre et de sentir, et par suite, une façon commune de se comporter
dans la vie.
En les désignant en bloc sous le nom d " hommes de rêve » pour les opposer aux autres, je me
LES HOMMES DE RÊVE
LE BÊVE ET l'action
. ..,,,, de courante. Cette désignaeonfome à ^^^^'^ZZo.nene.e.^ trouvera «on, que je cf^J ^ ^^^^^,„te dans la subssa critique d une laçon ^^^ ^^^^^^^
tance même du présent cheP'tr^ ^^^^^.^ ^^
.-est d'ouvrir une -^"^f^/.t/Jfeniployé.
q„,l y a de -au-,s ans 1 erm ^ P^^^^^^.^^^
Mais laissant de coté pour l ^^ ^^^.
des mots, je veux ^^^J^^^vA certaines causes ferment, en él.mmant d abora
d'erreur.
de mouvanent. Comme nousj avo ^^ ^^.^^^^
,eurs, c'est à la fonçuon q - ^^^^^
trop souvent, et 1 on e l p ^^^^^^ ^,^^
prendre pour -^ /^es. Beaucoup de tion occupes a faire 1 ^^^^ ^^ ^^^,
,,,. artistes e ^e ^ .^^^^, p,„,,tre sur une commerçants. Us tra ^^^ ^^^^^^ q^,,,,
matière de rêve, "'^'f^Pg^i^ent ils révèlent
-^^"^^^''^ ^;.ne Csl tererégo^te et le plus l'esprit positif le plus êtro ^.^ ^^^^.
strictement adapt aux r^alit s de ^^ ^,^^ ^.^^
"^"^' "' cÏuit la Beauté ou de la Vérité, plus que celui de la ^^^^^^^^ ^^^^ ^i.
Quels que soient les nom ^^^^^^^ ^^
parent leurs produits, on peut
leur boutique cette enseigne, en gros caractères : « Marchand de bric-à-brac ».
Une autre erreur n'est pas moins fréquente. Elle consiste, non plus à ranger dans le Rêve tel repré- • sentant de l'Action, mais à confondre dans sa rubrique des types fort hétérogènes qu'on juge par les mêmes clichés quoique leurs attributs soient aux antipodes. Comme il croit apercevoir de 1 utilité laborieuse dans tout ce qui s'agite, le vulgaire voit en revanche assez fréquemment un indice d'inutilité en même temps qu'un signe de paresse dans ce qui ne s'agite pas. El comme les agités s'agitent d'ordinaire pour leurs petites ambitions, pour leurs petits intérêts, pour leur petit bien-être, le vulgaire découvre nécessairement, dans tout ce qui s éloigne de cela, une insuffisance du bon sens pratique, quand ce n'est pas un manque d'équilibre.
En vérité, il y a dans ce malentendu mi-partie de bonne foi ignorante et mi-partie de quelque chose qui est assez semblable à de la m.alveil-
IsLiice* Le rêve - j'entends certain rêve — n'est pas
du domaine commun, et c'est la prérogative heureuse ou malheureuse d'une âme de rêveur que d'être bien entendue de ses pareilles seulement. Le vulgaire a toujours envers elle des défiances sournoises : il lui voue une secrète rancune qui ne veut pas s'avouer mais qui se manifeste de mille façons.
aiA.
,. ..,„.„. -»»> ;^;-:: eî:*
ne pas attirer sur eux cette rancune
vient de constater? au-dessus
D'abord, avec leurs ^con^ de piane^^^^ ^^ ^^
des soucis co-!""" ;;7;,1 ,e monde, ils vous pris pour ce '^^^^^ ^^ , ,,, offusquants et
ont des a,rs ^'Z^llnoviyéio.i^^^^^^^^^^^'''desprétenuonsdesupéno ^^ ^^^^ ^^^^^^^
En restant ainsi le chapeau ^.^ ^
que d'autres sont pro«
qu'ils vous disent toujours . ^^
îégoïsme n'a pas vaincu »? Et qu y ^^^
désagréable à entendre pour tous q
botent dans leur ^goïsme ^^^ ^^ ^^ ^^
Et P"-;--f^:- - es rêveurs sont génécontentent pas d ronfler ,^^^^,,3. pes
— : S ::s se .o-ent :^^
,es voit se P^^^"^^" f ^^^ j-^au. Est-il un exem-
d-un jonc en - J-;^ ^i de ces flâneurs passant pie plus immoral que cciu ^^^^^^^^ .
^^"nta::trpiiCber^ -^ -.^ r;
"' Tnés à moudre des pointes d'épingles ou creux «ecupes a moud ^^^ ^^^^^^^^^
LES HOMMES DE RÊVE
lancette dans toutes les baudruches et d'ouvrir le ventre des poupées de son? Et ne dirait-on pas qu'ils ont pris à tâche d'empêcher de tourner le manège de chevaux de bois? Ils vont même jusqu'au comble de l'impertinence : ils veulent faire entendre à ceux qui ne rêvent pas qu'ils vivent justement dans un rêve idiot.
Aussi les médiocres ont-ils en horreur 1' « intellectualisme .. (un mot qu'ils emploient â faux). Ils lui opposent 1' « action » (un mot qu'ils ne comprennent pas). Et comme ils bourdonnent autour de ce vocable, ils se croient dans le mouvement des idées nouvelles, sans se douter qu'ils en sont les pires adversaires. Les médiocres ont d'ailleurs découvert ceci qu'ils mettent à profit chaque jour : â savoir que lorsqu'on est nul il reste une suprême ressource, qui est de faire de la nullité une philosophie. Avec un peu de naïveté, il n'y a rien de si facile que de se prendre soi-même comme type de ce qui est bien et de juger du point de vue morbide les manières de vivre qu'on ne pratique pas, les façons de sentir qu'on ne sent pas et les modes de comprendre qu'on ne comprend pas. On voit donc pulluler les propos les plus subversifs et les sophismes les plus étranges pour ruiner le prestige de la distinction. Rêveur! il n'y a pas de vocable plus injurieux dans la bouche des sots bafouant tout ce qui les dépasse et plane au-dessus d'eux.
I! .Il
LES HOMMES DE RÊVE
• ♦ At^ faire n'excluent
Les constatations qu'on ^^'^fj^'^^^^^^^^^ ,, la
pas «n fond de vérité ^a- ^ P J- ^ ^^^, ,,
,asse. Mais ce fond d vén ;^^^^^.^ ^,,„,, ,es
mettre en relief, opposer a
formes fécondes du rêve. rêvasserie soit
, n-estpas douteux que^^r^^^^ ^^^^^ „,^,.
le refuge habituel de purs Q ^.^ineurs assez
^-^'-:^^:t.:^:-a:tr habituel oU-on pauvres de « vitalité ^^^.^^^^ ^^^ ,,i„^
comprend ce mot. L état qu ^ ^^
que nous connaissons ^"^ ' f ,,^\ en effet, Lend. Quand notre atten - éd^P^^, ^ ^^^^^^.
"•^^ r ': mSs XTnondent le champ de données et i hn« ées ^^^^^^ ^^^^ ,,
- la conscience P*"^ ",° en rien pour les
sans que la ^■f''!^^^'''^,, que, malgré nous, provoqueroulesinhibe^^^^^^^^ ^^^^^^ ^,,,3,,
il sort de ce dévergona g n'avions pas
d'images et de souvenirs <1«; « ^J^. ,.,eeteur demandés. On dirait f °^ , J^j^ ^s rênes à nos abdique entièrement et qu ^ ^che « ^^^^^ .
facultés. NOUS vivons «^^fes raimenl fatal et tout ce qui se passe en nous est > ^^^^
parait marcher -ff ;;;/:;; contentons de ne commandons plus, nous non
^"^"■' X • 1 ap nassivité n'est en somme
Cet état spécial de passiv , ^.^^
qu'un signe de -'^t'^" '^ ,eT d»e^^°*^^ '^ qu'il soit privé de charme, et
savent parfaitement. C'est pourquoi je ne songe pas rrreîeur procès tel qu'on le fait trop souvent en arguant de leur paresse ou de leur impu ssance. Comme ceux-là peuvent s'appeler Jean-Jacques, Amiel ou bien Senancour, il y a quelque impertinenc à les condamner sur de pareilles bases. Leur penchant est, sans aucun doute, bien moins „ gatli qu'on ne se l'imagine: il est positif, encor que mal accessible aux esprits de lourdeur; il es Lme un purrafflnement. Car c'est une passion de .ourmet que cette recherche de Vdme diaphane de l'âme s'immobilisant dans une douce torpeur, hors de toute conscience appliquée aux choses positives, de l'âme éprouvant avec volupté 1 emuls.on de ses forces actives et se plaisant à la diffusion d'elle-même dans le cosmos.
Les amateurs qui cultivent ces impress.ons-la sont en vérité lesmonomanes d'un opium tout particulier : de cet opium naturel dans lequel s extasient les Soufis de la Perse et les Yoghis di. 1 Inde. Et il faut entendre ces monomanes vanter cet opium de la rêvasserie grâce à quoi l'esprit apparaît à ses propres regards non seulement «dévêtu» mais « désubstancié », cet opium de la rêvasserie par lequel tout devient « fumée, ombre, illusion, vapeur », cet opium de la rêvasserie par lequel on sait à la fois « les joies de l'être et celle du non-
être w Amiel, qui s'y connaissait, en parle longue-
If
„,ent. Tant qu'on est plongé au milieu des hommes nous dit-il, on reste emprisonne dans certaines iLs de la durée et de l'espace, -0
. un individu qui a ses a»-^»'»-' .^^^^ J^J.^' ennemis, une profession, une patne, q" ^mt se nourrir, se loger, régler ses comptes, ved er a s s affaires >. Mais on se dédommage aux heures ou la nt^ée J'abandonne et flotte. Alors onpeuf.ex.ster uneLmepure..,etc'est.aafélicitédesanacho^
r,tes qui ne luttent plus qui ne veu.en P - qm
«Hnrentet jouissent simplement ». U n est enve adorent et jo situation, car
Ts^:nt'e ne crnnXant que les vibrations aluSs et localisées de la vie, -t unprop- ■ exprimer cette concentration "^-^'^^^ quiéînde divine, cet étal qui est le retour .. Umté Lentrée dans le plérome, la -sion de Plotm de Proclns, l'aspect désirable du Nirvana « '• '^'out cel; est'fort bien, et, . titre de repos ou de curiosité, il n'est point si --vais d dev ainsi pour quelques instants, le maître virtuel du Se Mail une telle ivresse n'est pas sans dauber quand on s'abandonne à elle dune façon censle Elle finit toujours en bulles de savon. Le Iveur en revient « Gros-Jean comme devant » e nendan qu'il était absent dans l'évanouissement de Textast'l est arrivé cinq fois sur six que des gens
„ - »«,,.. Journal intime (Georg et Fisch- 1. Henri-Frédéric Amiel. joumut
baclier).
LBS HOMMES DE BÊVE
à l'esprit plus lourd mais aux poings solides se sont emparés à son détriment d'une réalité qu'il pourra
'T"eUe rêvasserie s'oppose le rêve producteur. Il offre, lui, les caractères les plus sûrs de l'activité la plus effective : il tend vers un but et concentre un groupe de moyens pour atteindre ce but. L'esprit qui le dirige est maintenu en état de tonus par cette faculté qu'on nomme l'attention. Loin de livrer au hasard le chaos de ses représentations, il compose à ces dernières un programme, en vue de les utiliser pour la connaissance du monde extérieur ou la création d'une œuvre.
Cette concentration active apparaît nettement chez le savant et chez le philosophe, dans toutes les opérations qui ressortissent à la réflexion critique, et d'une façon générale dans les occasions où la vie mentale utilise le mode de penser que nous appellerons tout à l'heure la pensée idéatwe. Elle est moins évidente mais aussi réelle chez l'artiste ou bien chez le poète, dans les opérations de la rêverie esthétique en un mot, et d'une façon générale dans les occasions où la vie mentale utilise le mode de penser que nous appellerons tout à l'heure la pensée imaginative
Dans ce dernier cas, et pour des raisons que nous aurons à envisager plus tard, le cerveau prend en vérité l'attitude « relâchée » que nous venons d'étudier ; mais il la prend par un acte de
Il il
ri:
5g LE RÊVE ET l'aCTION
* îi np la nrend d'ailleurs que par
une moitié de lui-même, 1 autre mo -^^6,
tive àsurveiller le cours des opérations Sa man ère
rière à l'automatisme en sachant extraire oe Gâtisme toutes ses richesses. Aussi bien a re-l l-artiste exige-t-elle la concentration et a coj^ sion que nous ne découvrons pas dans ^-^J^'^^er Sans doute une activité de ce genre peu passer anpr. de certaines gens pour de oisi.t. ^^^^^^ coup d'hommes qui se croient i'^^
^ *^ riû flânprie. Seulement u se
s'enfante que dans un suprême ^ ..^te
trouvaille nouvelle dont ils le grossissent représente une bataille gagnée; chaque pensée dont ilsje nourrissent est une formidable -l-n- Et a cette ,eole Silencieuse de la. ran^^^^^^^
i:s:r:ir;rs%^es plus r^^^^^^^^^
car le tour le plus audacieux qui puisse être offert
a^x veux de l'univers, n'est-ce point celui du poète
In,; de la vie dans les flancs de la mort, qui
Î:;^!^;:^:- avec la misère humaine, qui
LES HOMMES DE BÊVE
compose d; la joie avec la souffrance et transmue însau'à sa douleur en cause d'énergie l ^Te contraire de l'action n'est donc pas dans ^ rêve ni surtout dans toute sorte de rêve il est élément dans la non-action. Le con ra.re d l'action, c'est le temps sottement gaspUlé , c es cette attitude morcelée de beaucoup d hommes d taits à la tâche, incapables d'efforts soutenu^ et inaptes à poursuivre une fin, ou bien encore cl t celte attitude déviée d'autres hommes qui ravaiUent sans doute, mais toujours en dehors^d ce dont il s'agit, qui s'appliquent sans doute, mais toujours « côté, et en somme a vide.
L'homme de rêve - j'entends désigner maintenant le rêve producteur, non la rêvasserie rhole de rêve' découvre dans le Monde n. objet mude, ou bien un spectacle tout simplement
Ce sontlà deux points de vue distincts don 1 un es' d'ordre cn..,«e et l'autre d'ordre .</....-
Mais tous deux -Pon^^^ ;" ^/r^^^^^^^^^^^ est celui de la curiosité. Comprenare e ■
sont deux façons de satisfaire au besoin foncière ment humain de connaître.
Qu'il donne son application aux catégorie médita tives ou contemplatives de la connaissance, 1 homme que j'ai en vue se tient en dehors et au-dessus de la
LES HOMMES DE RÊVE
ri *
5g LB BÊVE ET L ACTION
.ie agissante. Il ne s'attache pas aux choses pour leur possession : il s'y attache pour jou.r de leurs fo Jes ou pour deviner leur sens. Et vous vo> immédiatement quelle transposition de valeurs devra résulter d'une telle attitude. A la valeur positive des phénomènes, à leur valeur en tant que sources d' « applications », celui ^-^^f fjj^^^ du point de vue critique ou bien de l'esthétique d^vra substituer leur valeur significative ou ,-epresenlative, leur valeur en tant que source d « abstraits .. soit intellectuels soit émotionnels. Le ma en particulier, toute considération P-Uque mise à part, devra lui apparaître comme un h me ouvert aux recherches spéculatives dans un ca et dans l'autre cas comme un objet d'art. 1 en viendra donc à s'intéresser à ce mal ou à le contempler, en faisant taire les antipathies ou les sympa- L; que des préoccupations <"ordre posiUf pou raient lui dicter. En un mot, vivant dans la vie comme on vit au laboratoire ou dans un théâtre 1 verra les choses d'un regard désintéressé, dans ranonyme et l'impersonnel, su,> speae .iern^^ Cette disposition rendra l'homme de rêve tout à fait incompréhensible aux jouisseurs aux accapa- Veurs aux dominateurs qui remuent de la matière. Des notions que je viens d'exposer, il résulte en effet que la tendance dominante d'un pareil suje dfv ent très exactement le culte de Vinuiile. Mais .1 ÎauTrait bien définir d'abord ce qu'est l' « mutile ».
Il pourrait résulter de cette définition que l' « inutile », à ses heures, devint le comble de l' « utilité ». On dit couramment qu'une chose est « utile » quand elle satisfait des besoins matériels. Toutes les choses sont « utiles » qui servent à nous abriter, nous vêtir, nous alimenter. Mais les besoins matériels ne sont pas nos uniques besoins. A côté de l'existence physique, au-dessus d'elle, pour mieux dire, notre vie morale et intellectuelle a ses exigences. Et si même nous sommes un peu différents du reste des animaux, il me parait bien que nous devons cette petite distinction à la présence de ce deuxième ordre de besoins, et mieux encore à sa préséance. En parlant déjà de ce principe, on devrait élargir l'utile jusqu'à l'inutile, et l'on aurait à convenir qu'entre le culte de l'utile et le culte de l'inutile, il y a simplement la distance d'une utilité animale et inférieure à une autre qui est proprement humaine et d'un niveau sans doute plus élevé. On devrait enfin étendre l'utile à tout ce qui donne du bonheur, et l'on constaterait alors combien fréquemment l'on se trompe sur ce qui est utile et ce qui ne l'est point. Car ne voit-on pas appliquer chaque jour le terme d' « utilité » à de faux biens matériels qui n'ont d'autre application que la vanité ou l'envie, tandis qu'on le refuse aux biens spirituels les plus authentiques, à ceux justement qui ont cette rare vertu de savoir nous soustraire à la senitude misérable et de l'envie et de la vanité ?
'^'SPS.i^WSÇp^g
gQ LE BÔVE BT l'aCTIOK
Elle consiste 4 t.i« res»^"" 1" '°" .„„„„,
,„ „. .-.'»-- lr".Tt » -»»e us méconnues, ces « muuies ^^^ ^^
'^^ ""•" ''i; un utiUtarLe dissimulé derrière jours, en effet, un utiui j^^^.
leur idéalisme apparent, <^^ ^'^^ j^^„^ ^t comme réve d'au30urd'huicont.n 1^^^^^^^^^^^^ ^^,^ „,,„„
en puissance les '^'=^J ^'^.^^.i^es. On l'oublie banale éclate dans tous es do ^^ ^^
pourtant si souvent qu il n est p rappeler. . pvemple, on voit
Dans la vie f-^^f l, /eHrur certains tous les jours le pubhc s engou V ^^^
produits de ^-^-^^;^2Z - '''''''''''' "' admiration bruyante V^^T.J. utiliseurs « qui produits. Cesontsans d^ute ces ^^^^ ^.^^
objectivent et ^^ J^ ^f^:, ,e la masse, au blême du progrès sous ^^^J ^^ ^ient le
lieu que l'inventeur, ' J^^'f -^g^^^, .instant où plus souvent dans 1 "^.^J^^ ^^^^„ ,, le moment jaillit l'étincelle au ^'^-^^^^'J^l ,,, luitial et
LES HOMMES DE BÊVE
pourtant d'étape en étape dont on ne se doute pas. Au point terminal on fête l'homme d'action qui est un automate : il n'existe pas d'ovation trop grande pour celui qui fait les mouvements. Mais au point initial il y avait un rêveur qui était tout simplement un homme de génie... dont on ne sait pas ie nom. 11 a été dit qu'un Ampère pouvait jouer dans la guerre moderne un rôle plus actif qu'aucun chef d'armée; il a été souligné que Pasteur, à lui seul, avait su donner aux travaux de la terre un plus grand essor que cinquante ministres de l'Agriculture placés bout à bout. Rien n'est plus évident. C'est qu'en ne songeant pas à 1' « utile » dans son acception étroite et sous sa forme immédiate, ces rêveurs l'ont servi dans son acception la plus large et sous sa forme la plus durable. En passant audessus des réalités actuelles, ils ont posé des jalons qui assuraient la prise des réalités futures, et, à ce titre élevé, ils méritent notre admiration.
Dans la vie politique pareillement, on sait avec quelle ardeur le public s'attache aux mouvements sociaux, avec quel intérêt il suit même les opérations bruyantes et les discussions tapageuses des pariementaires. Ce sont, en effet, ces opérations et ces discussions souvent misérables, qui représentent pour la masse le sens de l'évolution. Mais on ne se doute pas assez que cette évolution tout entière est l'œuvre de ceux qui pensent, et que les politiciens qui s'agitent autour d'une petite