‹ Le rêve: études et observationsChapitre 10 sur 136 · Sogni, p. 3K · texte numérisé non relu

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4. Stadsdsche Vntersuchungen ûber Trâume und Schlaf, Philosophische Studien, V, p. 88 (1888).

5. The Dreams of the Blind, extrait «de The new Princeton Review (1887); reproduit dans son livre Fact and Fable in Vsychology.

les rêves des aveugles, et par Child*, dans une étude sur Tactivité inconsciente du cerveau. Mais les personnes qui répondent aux questions ne peuvent donner que les résultais de leurs observations diffuses. En réalité, la méthode des enquêtes ne peut faire connaître que l'impression conservée par les personnes sur le souvenir de leurs rêves : c'est donc une application de la notation différée, et encore dans des conditions défectueuses. Cette méthode, comme Weygandt l'a fait remarquer avec rajson, n'est applicable que si l'on peut poser aux personnes des questions très simples. C'était Je cas pour l'enquête de Jastrow, qui demandait aux aveugles si leurs rêves contenaient des images visuelles. Mais Heerwagen et Santé de Sanctis ont demandé à leurs sujets s'ils rêvent souvent, si les images de leurs rêves sont vives, etc. On ne peut faire à ces questions que des réponses vagues, et plus d'un bon observateur serait même embarrassé pour y répondre. La méthode des enquêtes n'est pas stérile, mais elle est peu fructueuse.

^ Pourtant on ne peut pas, dans une recherche sur le rêve, faire fond uniquement sur ses propres observations. Deux raisons s'y opposent. Le psychologue qui se propose d'analyser ses rêves peut avoir une façon personnelle de rêver, et il courrait le risque de faire des généralisations prématurées s'il ne vérifiait pas ses hypothèses sur d'autrrs personnes. Déplus, il peut subir l'influence de ses hypothèses et être conduit, le plus sincèrement du monde, à trouver en lui ce qu'il s'attend à y trouver: ce danger est peut-être encore

i. Statistics of « JJnconscious Cerebration », American Journal of Psychology, V, p. 249 (1892).

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plus grave que le précédent, en raison du caractère h»^iUf et instable que le rôve présente presque toujours. On ne peut m^me pas éviter le danger dont il s'agit en s(ulébarrassanl de ses hypothèses, car les faits n'ont de sons que par rapport aux hypothèses qu'ils viennent confirmer ou d«'îmentir, et, si Ton pouvait rejeter toute id(^e préconçue, le remède serait pire que le mal. Au reste, après avoir trouvé qu'une hypothèse est confirmc^e par des observations personnelles, il est généralemont possible de la contrôler par les observations d'autres personnes.

11 me semble que les auteurs qui écrivent des articles do revue où. même des volumes entiers sur le rêve sans nous communiquer une seule observalion personnelle méritent dos reproches sévères. Pour^moi, j'ai fait de mes observations personnelles la base principale des hypothèses que je vais exposer plus loin J<* ne me suis jamais cru autorisé à affirmer quehjue thèse un peu importante, si je n'en avais pag trouvé la confirmation sur moi-môme. Mais j'ai toujour-; cherché à vérifier le résultai, d ^ mes observations par d\iutr''S observations . Dans ce but j'ai mis à contribution les personnes de ma famille, mes amis, mes élèves, et j'ai recueilli leurs observations en grand n^ombre afin d<^ contrôler les miennes. J'ai mèrne cherché dans la littérature considérable de 11 question tous les rêves qui pouvaient me fournir quelques renseignemenis utiles. Mais je nui attribué à tous ces rêves qu'une importance secondaire: je les ai considérés seulement comme pouvant renforcer ou allaiblir les hypothèses fondées sur mes propres observations.

L'observation des dormeurs peut fournir quelques renseignements complémentaires. D'après leurs mou-

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vements, ou d'après leurs paroles, on peut, dans certains cas favorables, deviner le3 pensées qui occupent leur esprit et il est possible d'en tirer des conclusions sur le rêve. Ce procédé est le seul dont on puisse se servir pour connaître les rêves des animaux, des jeunes enfants, et de certains malades. M. Vaschide Ta employé, ou fait employer, quand il faisait « surveiller (( les sujets toute la nuit, ou au moins une partie de la « nuit..., recueillant avec soin les changements de « physionomie, les gestes, les mouvements, de même « que les rêves faits à haute voix * ». Il m'est arrivé souvent d'observer mes enfants pendant leur sommeil : je n'ai recueilli de cette façon qu'un petit nombre de » faits, mais ils sont généralement significatifs. Bref, Tobservation des dormeurs n'est pas à dédaigner : elle peut donner des informations qui s'ajoutent utilement aux données de l'observation directe ou subjective.

Mais il ne suffit pas de recueillir des faits : il faut en dégager la signification, et dans cette partie de la recherche aussi il est bon de procéder 'méthodiquement.

La méthode à suivre pour résoudre le problème de l'évolution du rêve après le sommeil est tout indiquée : elle consiste à comparer les rêves de notation immédiate avec les rêves de notation différée, et aussi les notations successives d'un même rêve, en vue de dégager la loi de l'évolution. Il n'y a point de difficulté sur ce point : il n'en est pas de même quand on se propose de comprendre Tétat mental du sommeil. Le

i. Vaschide. Recherches expérimentalea sur les réve^, Comptes rendus de rAcadémie des sciences, GXXIX, p. 183 (17 juillet 1899).

seul moyen qui ait été employé jusqu'à présent avec succès est celui qu'indique Maury dans le passage cité plus haut: il faut noter tous les faits avec lesquels le rêve peut se trouver en connexion, tous ceux qui ont pu contribuer à le former ou à lui donner la physionomie sous laquelle il se présente. Parmi les fails qui peuvent nous aider à comprendre les rêves, il faut, avec Freud *, faire une place spéciale et importante aux sentiments, car, si les sentiments ne sont pas les seules forces qui déterminent la marche de la peiisée subconscienle, ils occupent du moins une 1res grande place parmi ces forces, et c'est le mérile de Freud de l'avoir montré.

Celte analyse explicative du rAve est presque toujours incomplète; il est rare que Ton puisse tout comprendre dans un rêve, même lorsque les circonstances sont le plus favorables. H faut donc se contenter d'obtenir des explications partielles. Mais, même l'analyse partielle est souvent périlleuse: on peut êlre facilement dupe d'une illusion quand on rapporte tel rêve ou tel élément de rêve à tel événement déterminé de l'expérience antérieure ou à tel sentiment. Il n'existe pas de critère qui permette de distinguer à coup sûr une attribution vraie d'une attribution fausse, tout est ici affaire de mesure, et plus d un psychologue a souvent dépassé la mesure. Pourtant il est des cas dans lesquels il n'est plus pratiquement permis de douter. Cela suffit pour rendre possible l'analyse du rêve, au moins dans les cas privilégiés, et pourvu que l'on procède toujours avec la plus grande prudence.

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