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CLASSIFICATION EMPIRIQUE DES RÊVES

§ 3. -^— Classification empirique des hêves.

Si Ton envisagé les rêves tels que robservation les présente, par conséquent les souvenirs de rêves, on peut les classer empiriquement, c'est-à-dire en laissant de côté toute considération théorique, à trois points de vue: 1° au point de vue du degré de complexité; 2° au point de vue de la nature des matériaux; 3** au point de vue du degré d'organisation.

1. Au point de vue du degré de complexité, on peut distinguer les rêves simples et les rêves complexes. ,

Les rêves simples sont ceux que la conscience saisit dans un acte unique. De môme que, pendant la veille, un acte unique de Tesprit nous suflit pour percevoir un bruit, une parole, une phrase, ou un objet qui se trouve dans le champ visuel, ou pour nous représenter par une image un événement passé ou futur, de même on trouve des rêves dont un seul acte de l'esprit nous permet de nous rendre compte : nous saisissons alors comme un lambeau du monde des rêves. — Cela ne veut pas dire que le rêve simple ne comprend qu'une représentation unique. Il peut au contraire être formé par un groupe de représentations que l'analyse dislingue facilement les unes des autres ; mais ces représentations sont fortement liées ensemble, elles forment un tout qui se tient, un tableau bien cohérent. Par exemple, si je m'imagine en rêve que je suis dans ma classe en train de faire une leçon à mes élèves, je n'ai , dans Tesprit qu'un seul tableau, et mon rêve est simple. Le rêve simple peut contenir tout ce que la conscience

éveill^^e pourrait embrasser en quelque sorfo d'un seul coup d'œil. — Il ne résulte pas de là pourtant que le rêve simple soit véritablement inslantanc^ : il doit avoir pour le moins la durée qui est nécessaire pour que Iql conscience puisse saisir une image ou un groupe d'imagt'S, une perception ou un groupes de perceptions simultanées, et cette durée est ordinairement très courte. Mais il arrive fréquemment qu'un rêve simple se prolonge au delà du temps qui est nécessaire pour qu'on le saisisse, soit à la façon d'une image obsédante que Ton ne peut pas chasser, soit à la façon d'une image qui se transforme comme se transforme la perception d'un objet changeant, soit à la façon d'une situation qui se développe.

Quant aux rêves complexes, ils sont formés d'une pluralité de rêves simples, ou d'une pluralité de tableaux. Ils comprennent le plus souvent deux ou trois tableaux, quelquefois davantage. On pourrait donc distinguer des rêves doubles, triples, etc. Mais cette distinction n'aurait, à mes yeux, aucune utilité pour l'analyse. C'est une question qui sera étudiée plus loin de savoir si ces tableaux sont d'abord donnés à la conscience comme simultanés ou comme successifs, et cette question est importante. Je pense établir qu'il existe des rêves complexes dont les tableaux élémentaires sont simultanés, mais il existe aussi des rêves' complexes formés do tableaux qui se succèdent les uns aux autres d'une façon rapide. C'est ce qui arrive notamment lorsque la période intermédiaire entre le sommeil et la veille se prolonge d'une façon exceptionnelle : on peut alors distinguer des liens associatifs, des transitions entre les divers tableaux dont se compose le rêve total. En tout cas, au moment où le

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