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LES HÊVES TYPFQCES
Citées plus haut, je croîs que le rêve lypiqiifi comporte toujours cette persistance de la sensation, qui et^t interprétée de la môme manière ou à peu près, pendant tout le leraps qu'elle dure. En un mot, le rêve typique e^t un rêve perceptif à répétition.
Il est arrivé à tout le monde de se réveiller sous l'influence d'une émotion et de se rendre compte que Témotion était la cause même du réveil. C'est ce qui se produit dans le cauchemar, où l'émotion est toujours pénible. Mais il est d'autres émotions qui peuvent produire le réveil, par exemple la surprise, et aussi, quoique plus rarement, le plaisir. Si l'on examine le contenu de l'esprit en de telles circonstances, on constate que quelquefois l'émotion se rapporte à un souvenir récent qui reparaît en hallucination (voir les observations LXXTII, p. 209, etLXXIY, p. 210), mais que plus souvent le souvenir est modifié par l'adjonction d'autres images. Autrement dit, l'émotion qui naît pendant le sommeil joue, à l'égard des séries de représentations qui occupent l'esprit, le rôle de torce organisatrice, c'est-à-dire que les séries simultanées entrent en communication et s'unifient d'une façon plus ou moins parfaite sous l'influence de l'émotion.
L'idée d'émotion est demeurée passablement confuse ^ans la psychologie contemporaine. Tous les faits
L'OHGANiSATlUN ÈMÛTIOiSNELLE DES SÉRIES 279
que la psychologie des facultés raltachait à k sensibiliti^, le plaisir et la douleur, le- désir et la crainle, les tendances, les passions, les états alfectifs, etc., sont donnés simultanémenl à la conscience, font partie des mêmes états psychiques concrets. Ils sonl unis d'ailleurs à des re présenterons et à des actions, de sorte que tontes les espèces de phénomènes psycliîques sont saisies îi la fois parla conscience. Lorsqu'on t^Ureprend de les analyser et, tout d'abord, de séparer les difîérenies espèces, on isole aisément par rahslraction les failsde connaissance d'une part et les aclions d'autre part. Mais le reste est un ensemble confus qui résiste à Tanalyse; on a coutume d'en faire un troisième groupe, le groupe de la sensibilité ou des faits alfeelifs.
Quelques psychologues cependant ont divisé ce groupe en deux : ils distinguent d'une part les tendances, ou sentiments, ou inclinations, dont le lype est le désir ou la crainte, et, d'auLre part, les plaisirs et les douleurs auxquels ils donnent le nom d émotions, La tendance peut se définir par T action : eile est une action possible, une action virtuelle, une action suspendue^ une action en puissance. Quant a Témotion, si Ton prend pour types de ce phénomène le plaisir et la douleur, on peut la définir par sou analogie avec la représeutcition : le plaisir est le signe d'un acte utile, d'un état favorable, la douleur est le signe d'un acte nuisible, d'un état défavorable. Par suite, rémotion est, non pas un jugement ou une croyance, mais l'équivalent d'un jugement ou d'une croyance, c'est une sorte de jugement porté sur la valeur des actions; mais c'est Téquivalent d'un jugement pratique et non pas d un jugement Ibéorique, U en résulle que Témotiouj le plaisir ou la douleur, détermine une aUitude
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de Tètre à l'égard des objets, une attitude conf(»rme aux exigences de la situation, une attitude d'adaptation.
Par son analogie avec la représ^entation, l'émotion se distingue donc nettement de la tendance. Mais, par ses conséquences, elle met enjeu les tendances. C'est pourquoi l'observation ne saisit jamais une émotion sans qu'elle soit liée à quelque tendance, ni une tendance sans qu'elle soit liée à quelque émotion. De là, sans doute, est venue, chez les psychologues, l'habitude de confondre la tendance et l'émotion, de les identifier sous le nom de faits affectifs ou sous quelque dénomination équivalente. Mais ce sont deux faits de nalure différente, ou plutôt ce sont deux parties, ou deux éléments différents, d'un même fait concret.
De là résulte que, dans les états concrets que Ton désigne sous les noms de peur, colère, surprise, indignation et que l'on appelle des noms communs d'émotions, affections, sentiments, il faut faire avec soin la distinction de la tendance et de l'émotion proprement dite.
D'ailleurs l'émotion proprement dile, quoique étant un fait élémentaire par rapport aux états affectifs concrets, n'est pourtant pas un fait simple, une simple caractéristique des représentations, comme l'admet par exemple Ebbinghaus*. Supposons que, dans un état concret de surprise, on ait séparé par analyse, non seulement les représentations et les actions, mais aussi les tendances, comme les désirs intellectuels (désir de comprendre quant à ses causes le fait qui cause la surprise, désir de percevoir le fait d'une façon plus