Grundzûge der Psychologie, I, p. 540 et suiv
complète, désir de connaître les- faits concomitants auxquels il se rattache, désir de connaître les conséquences auxquelles il tend, d'autres désirs encore peut-être), les désirs pratiques (inquiétude quant aux conséquences prochaines ou lointaines, sentiment dé la responsabilité, désir d'utiliser Tévénement présent), les sentiments altruistes et tous les désirs ou toutes tes craintes qui peuvent exister dans la conscience d'une façon, plus ou moins nette, te reste de cette analyse, la partie exclusivement émotionnelle de ce fait concret, ne sera pas encore quelque chose de simple, ne sera pas une pure tonalité agréable ou pénible. Dans le genre des émotions qui ne sont que des émotions, il y a encore des espèces. Wundt a essayé d'en distinguer les éléments dans sa théorie tri-dimensionnelle des émotions : plaisir-déplaisir, tension-relâchement, excitation-dépression*. Ce n'est pas le moment d'examiner la valeur de celte hypothèse, je me borne à la signaler en passant et comme une raison d admettre la compl»*xité et le caractère qualitativement variable des émotions.
Dans le chapitre v ci-dessus, j'ai étudié le rôle que jouent le désir et la crainte dans le développement des séries Imaginatives pendant le sommeil. Je vais envisager maintenant le rôle de l'émotion dans le rêve. Ce rôle me parait être surtout de réunir en une seule série plusieurs séries de représentations du rêve et, par là, de provoquer le réveil.
La principale émotion que l'on trouve dans le rêve est la p'eur. Conformément à la distinction que je viens
1. Grundriss der Psychologie, p. 99 et suiv.; P/iilosophische Studien, XV, p. 163; Physiologische Psychologie, 5« éJ., II, p. 284,
de faire, je n'envisage plus maintenant la peur-tendance, mais la peur-émotion. La pe.ur-tendance est une force analogue au désir qui, comme le désir, se réalise spontanément pendant le sommeil ef provoque une invention de moyens défensifs, tandis que le désir provoque une invention de moyens destinés à le satisfaire. La peur qui se manifeste ainsi comme force de développement dans une série d'images s'accompagne d'ailleurs d'une émotion pénible, de même que le désir satisfait s'accompagne d'une émotion agréable. Les observations que j'ai citées au chapitre v étaient propres h montrer la façon dont agit U peur-tendance; mais elles n'étaient généralement pas de nature à mettre en lumière l'action de la peur-émotion. C'est pourquoi je vais maintenant citer des observations nouvelles.