OBSERVATION HI
A toutes les é{)oques, j'ai trouvé des rêves de ce genre. En voici un (15 juin 1902) dans lequel le premier et le deuxième tableau sont entièrement séparés, il n'y a aucune continuité entre les événements, il existe seulement cette impression vague et incertaine que les événements du deuxième tableau sont antérieurs à ceux du premier. Quant au troisième tableau,
il présente quelque connexité avec le deuxième. — Le réveil a été produit à minuit 50 par le] réveille-matin.
Première scène. — Un cauchemar macabre.
Deuxième scène. — A un autre moment (on dirait un peu avant, mais je ne peux pas retrouver Tenchaînement des événements, et je ne sais même s'il a existé), je suis en chemin de fer, à Paris : une ligne nouvelle du Métropolitain est ouverte, qui va de la place Clichy (ou de l'avenue de Clichy?) à la rtie de Soisson [sic]^ puis aune autre rue et finalement à je ne sais plus quelle station, mais c'est une station où Ton peut changer de train pour la direction de Nantes. Autres détails confus.
Troisième scène. — Lecture de journaux, en chemin de fer.
Ces trois observations, auxquelles il est inutile que j'ajoute d'autres observations personnelles présentant les mêmes caractères, me paraissent prouver que, lorsque le sommeil est interrompu d'une façon brusque, on peut, par le procédé de la noiation immédiate, saisir une pluralité de scènes de rêve qui ne sont pas liées ou sont mal liées les unes avec les autres : ce sont les matériaux que Tesprit endormi fournit à l'esprit qui ?e réveille et dont Tesprit qui se réveille va maintenant s'efforcer de faire un ensemble aussi cohérent que possible; ce sont les scènes discontinues dont l'esprit qui se réveille va essayer de faire un drame continu. La preuve que ce travail d'organisation s'accomplit spontanément pendant la période du réveil va être fournie maintenant par des observations dans lesquelles la notation du rêve a été différée.