LA THEORIE PEEICEPTIONNISTE DU RÊVE
gné, mais toujours relativement récent, constitueraient les matériaux que laclivité logique de l'esprit met en œuvre pendant le réveil et dont elle pour^ suit inconsciemment la construction aussi longtemps que la mémoire peut les retenir, même après le réveil complet, même après le récit oral bu la nolation écrite.
Mais ce n'est là qu'une hypothèse élablie par raisonnement sur la base de la loi d'évolulion, il faut, maintenant montrer qu'elle est seule d'accord avec les fails. Cette vérification aura d'ailleurs l'utilité de confirmer indirectement la loi d'évolution.
§ 1. — La théorie pekceptionniste du rêve.
Il existe sur la nature et les conditions de productio7> du rêve une théorie importanle d'après laquelle le rêve est constitué pour sa partie essenlielle par de^ illusions, et pour le reste par des images associées. Comme l'illusion se forme suivant le mécanisme général de la perception, on peut donner à cette théorie le nom de ihéorie perceplionnisle. Si elle est vraie, il n'y a plus lieu de parler de séries simultanées : il n'existe dans le rêve qu'une série de représentations, dont Tordre est déterminé par les excitations et par les lois de l'association.
Cetle ihéorie est notamment celle de Wundt^; son élève Weygandt^ a cru en trouver la vérification dans
1. Grundzûge'der physiologischen Psychologie, III, p. 649 et suiv., 5« éd., 1903.
2. Entyte.hnn'j der Tràume, 1893; Beitriige zur Psychologie des Traumes, Philos. Stud., XX, p. 456, 1902.
8t ÉTAT DE LA. CONSCIENCE PENDANT LE SOMMEIL
ses observations. Voici sous quelle forme elle se présente chez Wundt :
« La plupart des images fantastiques du rêve consistent, non pas proprement en hallucinations, mais en illusions, provenant des impressions sensorielles qui ne cessent jamais pendant le sommeil. Une position incommode du dormeur s'enchaîne à la représentation d'un travail difficile, d'une lutte corps à corps, d'une ascension dangereuse en montagne, etc. Une légère douleur intercostale est représentée comme le coup de poignard d'un ennemi ou la morsure d'un chien enragé... Des mouvements insignifiants du corps sont agrandis démesurément par la représentation fantastique. Ainsi une extension involontaire du pied devient une chute de la hauteur vertigineuse d'une tour. Le rythme des mouvements respiratoires, est senti comme un mouvement de vol. En outre, un fôle essentiel appartient probablement, dans les illusions du rêve, à ces sensations subjectives de la vue et de l'ouïe que nous désignons dans l'état de veille comme le chaos lumineux du champ visuel obscur, comme le tintement ou le bourdonnement d'oreilles, etc., et' parmi lesquelles il faut noter surtout les impressions subjectives de la rétine.
« A ces cas, dans lesquels des impressions sensorielles, les unes objectives, les autres subjectives, sont immédiatement élaborées çn illusions, s'ajoutent ceux où l'impression éveille d'abord une obscure représentation de l'état corporel auquel elle se rapporte, et oîi apparaissent ensuite des images fantastiques qui se rapportent directement à cet état ou qui y sont liées par de simples associations. Ainsi Scherner a remarqué que la cause principale de ces nombreux rêVes dansles-
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quels l'eau joue un rôle est le besoin d'uriner chez le dormeur. Tantôt il voit devant lui une fontaine, tantôt il regarde une rivière du haut d'un ponL.. »
« Avec les représentations éveillées par des excitations sensorielles se mêlent aussi, de bien des façons, des images de la mémoire, dont les unes sont évoquées par assimilation immédiate et les autres par association de succession. Les événements des jours passés, notamment ceux qui ont produit une impression profonde ou qui se sont trouvés liés à une émotion, forment les éléments les plus habituels de nos rêves*. »
Comme on le voit d'après ces passages, Wundt regarde la sensation, objective ou subjective, comme le noyau du rêve-, et il réduit le travail mental dont le rêve est le résultat, à l'assimilation qui produit l'illusion et à l'association de succession. Je ne nie pas la part de vérité contenue dans cette théorie, et je ne rejette pas l'explication, incomplète d'ailleurs, qu'elle donne du rêve perceptif. Mais le rêve est chose beaucoup plus complexe qu'on, ne le croirait d'après cette théorie.
En premier lieu, il existe dans le rêve bien des tableaux que Ton ne peut pas rattacher à des sensations, même avec la plus grande complaisance d'interprélution. Ainsi, si l'on examine dans cet esprit quelquesuns des rêves que j'ai rapportés dans le chapitre précédent, l'insufBsance de la théorie de Wundl apparaît d'une manière frappante. Dans l'observation I (p. 36), le deuxième tableau est un tableau perceptif se rattachant à ce que j'ai effectivement perçu le bruit de la pluie ; le troisième tableau peut à la rigueur être interprété dans le même sons, si l'on aJmct que la percep