‹ Le rêve: études et observationsChapitre 82 sur 136 · OBSERVATION LIX · texte numérisé non relu

OBSERVATION LIX

De L, G... — Je rêve que nous montons à 8 h. 1/2 nous coucher, conduits par le surveillant d'internat (un ancien camarade de Tobser valeur). En arrivant à mon lit, je sens qu'un endroit du matelas est très chaud. Cette place chaude est à peine grande comme une pièce de 5 francs. Subitement, il en sort de la fumée, et en quelques minutes tout mon lit est en feu. Le veilleur vient à passer, et, sans dire un mot, il va chercher les pompiers. Pendant ce temps, le lit brûlait toujours, ^et il atteignit même les vêtements que je portais. J'appelai au secours : je dis à mes camarades de prendre l'arrosoir qui reste constamment sous le lavabo et de mouiller un drap pour m'en envelopper; pendant qu'ils mouillaient la drap, je montai sur le lavabo pour me mettre sous les robinets. Puis je me vis debout devant mon lit, parlant tranquillement avec Iq surveillant d'internat; je

n'avais aucune blessure, et je ne pensais même plus que je venais d'être brûlé. Soudain un coup de clairon retentit dans la cour, une échelle apparaît à la fenêtre, et plusieurs pompiers pénètrent dans le dortoir. Mais le feu était éteint, et les pompiers durent repartir aussitôt. Puis subitement je sortis du dortoir avec un camarade. Nous nous trouvions au Stand, et, dans une maison où nous sommes entrés, la maîtresse du logis me dit qu'on avait mis le feu à mon lit par malveillance, que c'était un coup monté contre moi. Elle nous cita un autre incendie allumé également par malveillance. Là-dessus, j'eus peur; je songeais qu'on allait recommencer les nuits suivantes, et je cherchais le moyen de me prémunir contre ces actes de malveillance quand je me réveillai.

Explication. — Quatre jours auparavant il y avait eu

un feu de cheminée à quelques centaines de mètres de la

caserne. On alla prévenir les soldats, qui accoururent avec

'les pompes; mais, quand ils arrivèrent, le feu était éteint.

J'étais présent à la scène.

Ce rêve apparlient à un type dont j'aurai à parler plus loin, et qui est caractérisé par la répétition d'une scène avec des variations*. Ici, le souvenir de l'incendie sert de molif à trois scènes : le rêveur en danger, les pompiers arrivés trop tard, l'explication de l'incendie. Mais dans les trois scènes domine un même sentiment : la peur de l'incendie, provoquée par le souvenir d'un événement récent. Dans les trois scènes aussi, le souvenir est notablement déformé ; dans la deuxième, où il est le plus iidèle, il y a du moins cette particularité que les pompiers viennent au secours du rêveur et de ses camarades, c'est-à-dire que la peur vague causée par le spectacle d'un incendie s'est précisée et est devenue la peur d'un danger personnel ; c'est encore une

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