‹ Le RêveChapitre 11 sur 30 · SCÈNE II HUBERT, ANGÉLIQUE, HUBERTINE · texte numérisé non relu

SCÈNE II HUBERT, ANGÉLIQUE, HUBERTINE

HUBERT, ayant suivi des yeux Félicien, après un instant de

réflexion

Hum ! un gentil garçon !

Mais il s'y prend vraiment d'une étrange façon ï

ANGÉLIQUE, vivement Que dites-vous?

HUBERT, paternellement, mais avec malice

Pardieu ! Sans peine Je vois clair dans son jeu. Depuis une semaine

Il vient ici. Des prétextes divers !

Tantôt, c'est le dessin d'une nouvelle mitre Qu'ont remis à ses soins ces messieurs du Chapitre, Tantôt il parle au nom de Monseigneur — Ses airs Sont fort édifiants. Mais, j'ai les yeux ouverts Et je conclus, — dis voir si j'ai tort, Angélique, — Qu'il faut que ce garçon s'explique.

HUBERTINE

Qu'est-il d'abord?... Un ouvrier!...

HUBERT

Baste ! un ouvrier des dimanches!

Pour un humble artisan, il a les mains bien blanches .'

HUBERTINE

Il nous l'a dit : peintre verrier l

HUBERT

Je n'en crois rien !

ANGÉLIQUE, intervenant, d'un air mystérieux

Moi, je suppose Bien autre chose !

A leur oreille

C'est un prince !

HUBERT, riant

Ah!

ANGÉLIQUE

Un prince déguisé !

HUBERTINE, sérieuse

Ah ! de quel rêve fou ton esprit s'est grisé !

ANGÉLIQUE, avec un grand sentiment d'intimité affectueuse

Ecoutez ! je vais tout vous dire

Tout près d'eux Il m'aime!... Il m'en a fait l'aveu !

HUBERTINE, inquiète

Ah ! ma fille !

HUBERT

Vraiment, sournoise !

ANGÉLIQUE

Iî ne désire

Rien tant que de parler; mais, s'il hésite un peu, Ah ! que votre bonté seulement l'encourage ! Et ce sera tôt fait de notre mariage.

HUBERT

Eh ! Eh ! voyez vous ça ?

ANGÉLIQUE

Je ne sais rien de lui, Sinon qu'il m'aime et qu'aujourd'hui Ma vie est liée à la sienne ; Que je crois en lui fermement, Qu'avant ce soir j'attends qu'il vienne Confesser ici son serment !

HUBERTINE, émue

Dieu t'entende, ma fille, Et daigne t'exaucer !

Elle embrasse Angélique avec une profonde tendresse. A ce moment, on entend les cloches sonnant pour la sortie de la procession de la Fête-Dieu.

ANGÉLIQUE, toute joyeuse

Les cloches ! — Vite, il faut que je m'habille ! La procession va passer I

Elle envoie du bout des doigts un baiser à Hubert et à IIu berline, puis disparait vivement.

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