SCÈNE III HUBERT, HUBERTINE
Après la sortie d'Angélique, silence d'un instant seulement rompu par la lente et grave sonnerie des cloches et un vague murmure de foule du côté de la Cathédrale. Hubert et Hubertine se regardent dans une sorte de rêverie émue; puis ils se rapprochent, leurs mains s'étreignent doucement.
HUBERT, HUBERTINE
Dieu semble les avoir destinés l'un à l'autre,
Ces cœurs si naïfs et si doux !
Il est seul en ce monde, elle n'a rien que nous.
Ah ! leur bonheur serait le nôtre !
HUBERTINE
Et nous les garderions abrités dans ce nid !
HUBERT
Leur union nous consolerait, femme ï
HUBERT, HUBERTINE
Elus par notre amour, que Dieu n'a pas béni,
Ils seraient nos enfants, les enfants de notre âme !
*i La porte de la chambre d'Angélique s'ouvre: la jeune fille parait radieuse et gaie en robe de foulard blanc, portant dans ses bras une corbeille pleine de fleurs effeuillées. Elle demeure un instant immobile sur le seuil et ne vient en scène que pour sa réplique.