SCENE Ire ANGÉLIQUE, HUBERT, HUBERTINE
Au lever du rideau, Angélique est en scène, assise, une pièce de broderie abandonnée devant elle ; sous ses yeux, La Léyentfe Uorèc, qu'elle lit, très absorbée, quelquefois levant les \eux comme perdue dans une rêverie profonde. Peu après, Hubert et Hubertine entrent ensemble et, restés en arrière, observent Angélique qui ne devine pas leur présence.
HUBERT, discrètement
La voilà toujours dans son rêve !
HUBERTIiNE
Toujours prêtant l'oreille à l'invisible chœur Des Saintes, qui lui fait trouver l'heure si brève .
HUBERT
En attendant, il faut que l'ouvrage s'achève Et tu vois !
HUBERTINE, l'arrêtant sur un mouvement qu'il fait pour parler
à Angélique
Laissons-lui cet instant de douceur...
Elle est si bonne et si laborieuse...
Et puis, tu l'aimes tant!
Laissons-la, souriante, heureuse, Vers le ciel entr'ouvert s'envoler un instant !
(Ils s'éloignent et disparaissent par la porte du salon. Court silence pendant lequel ta symphonie s'élève. Le regard d'Angélique s:anime. Elle sourit doucement. Elie écoute.)