‹ Le rêveChapitre 9 sur 85 · PREFACE XIII · texte numérisé non relu

PREFACE XIII

n'était pas trop fugace, il a longuement accumulé les observations, sans se préoccuper si iamais il en sortirait quelque chose cligne d'être publié.

Dans ces dernières années, sa vue ayant lentement décliné, jusqu'à se trouver aujourd'hui très sévèrement compromise, il s'est réfugié dans l'introspection pour fournir un aliment aux longues méditations qui, par nécessité, devenaient pour lui la forme dominante de l'activité cérébrale. C'est alors qu'il s'est décidé à poursuivre, d'une façon plus systématique, l'étude du rêve, ■et. à grouper dans un livre les observations tirées de ses notes et de ses souvenirs, et le fruit de ses méditations.

Il suit de là plusieurs conséquences.

La première est que ce livre appartient à la psychologie introspective, parce qu'il ne pouvait pas en être autrement. Meus l'auteur n'est pas disposé à concéder que ce soit là un défaut et il expliquera au chapitre des méthodes, ce qu'il pense de la psychologie métrique et expérimentale.

La seconde c'est que du fait qu'il n'est pas écrit par un psychologue de carrière, il présente de multiples défauts, et, qu'on me permette d'ajouter, quelques avantages. Ces derniers consistent en une certaine indépendance d'idées, parce que la pensée risque moins de s'embdrrasser dans des ornières, qui n'existent pas dans le chemin qu'elle suit. D'autre part, si le biologiste traitant une question de psychologie est inhabile à voir ce que découvrent aisément ceux qui examinent la question du point de vue psycholôgiaue nur. il voit les choses sous un autre angle, d'où il a chance d'apercevoir des aspects qui restent cachés aux observateurs placés loin de là. Quant aux défauts, ils sont trop évidents pour qu'il soit

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utile d'y insister." Le lecteur s'en apercevra bien vile à une certaine inexpérience dans le maniement du vocabulaire psychologique cl surtout aux lacunes de la documentation.

Ainsi, ce livre était presque entièrement terminé lorsque son auteur s'est aperçu que l'association des idéesr à laquelle il fait louer un rôle capital, est un facteur, pour le moment, aussi démodé que la crinoline ou les < heveux poudrés. On tend aujourd'hui à expliquer par des états émotifs, par des reviviscences de ce qui sommeille dans l'inconscient, par des impressions cénesthésiques, etc., ce qu'on attribuait autrefois à l'association des idées. Mais après avoir beaucoup médité sur ce thème, il reste persuadé qu'il y a là une exagérationr sinon une méconnaissance de la vérité. Il est, même dans, les sciences objectives, et a fortiori dans les subjectives, une mode, des périodes de vogue ou de défaveur à l'égard de certaines manières de juger, de certaines orientations de pensées, qui ne sont guère plus justifiées que celles de la mode du vêtement. On se lance, dans une direction à la suite de quelque maître qui ij d trouvé des avantages inattendus, et ion oublie momentanément celles qui ont rendu, antérieurement, de semblables services. In pas en avant nest un progrès que si l'on ne tourne pas le dos au but, et le dernier point de vue n'est pas forcément le meilleur.

Donc, ce livre a pour moyen essentiel l'introspectionr et, pour base, l'association des idées ; et de tels parents lui impriment, dès sa naissance, un air vieillot et démodé dont les critiques ne manqueront pas de lui faire un reproche. L'auteur ne s'en émeut pas outre mesure, conservant l'espoir que ce ne sera peut-être pas là un jugement définitif.

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