UN SIGNE DU CIEL
un article dans lequel, après avoir d'abord relaté les rumeurs relatives aux lumières de Mrs Jones, l'auteur contitinue en disant que ces rumeurs ont acquis toujours plus de consistance et de précision, que des visiteurs impartiaux ont assuré avoir vu les lumières, et que dans ces circonstances, le Daily Mail a envoyé un correspondant spécial pour faire une enquête. Voici le récit du correspondant :
La première journée a été nulle. Il est arrivé le soir à Egryn, est allé à la chapelle, s'est rendu à la maison de Mrs Mary Jones qui était absente, tenant une réunion dans un village éloigné. Il s'est promené dans les environs, ne perdant pas de vue les collines et guettant l'apparition de lumières. Il a rencontré des paysans qui lui ont dit : (c Oui, nous avons souvent vu les lumières. C'étaient des » messages du Ciel. » Mais lui, le journaliste, il n'a rien vu.
Le lendemain, il a une interview avec Mrs Jones. Et le soir il inspecte les collines sans rien voir.
« A 8 heures, dit-il, j'étais arrivé à la conclusion qu'il n'y » avait là qu'une superstition locale. Une demi-heure plus » tard mon opinion était changée. A 8 h. 1/4, j'étais sur la » route, cheminant de Dyffrin à Egryn, De loin, à une dis- » tance d'un mille environ, je pouvais voir les trois fenêtres » éclairées de la petite chapelle d'Egryn où une réunion » était en train. C'était la seule trace de lumière dans toute » la région. Soudain, à 8 heures vingt minutes, je vis ce qui » me parut être une boule de feu au-dessus du toit de la » chapelle. Elle ne venait de nulle part et elle apparut d'une » manière instantanée. Elle avait un éclat fixe, intense, y> jaune, et ne bougeait pas. N'étant pas certain que je ne » me trompais pas moi-même, j'appelai un homme qui était » à une centaine de yards derrière moi sur la route et je » lui demandai s'il pouvait voir quelque chose. Il vint en » courant vers moi très excité, et me dit : « Oui, oui, au- » dessus de la chapelle, la grande lumière. » C'était un » paysan ; il tremblait d'émotion. Nous observâmes la » lumière ensemble. Elle me parut planer en l'air à une » hauteur à peu près double de celle de la chapelle, et elle » était là brillant d'un éclat électrique et se détachant sur » les montagnes environnantes qui étaient derrière elle, lui » servant de fond. Soudain, elle disparut : elle avait duré » environ une minute et demie. Je m'appuyai contre le » mur de pierre qui était le long de la route, et j'attendis » pour voir si elle ne reparaîtrait pas ; le campagnard me » quitta et continua seul sa route. De nouveau, les fenêtres » de la chapelle furent les seules lumières dans toute la » région. Les minutes sesuccédaient. Jusqu'à 9 heures moins » vingt-cinq, je ne vis rien d'autre. Alors deux lumières » étincelèrent, une de chaque côté de la chapelle, assez » distantes l'une de l'autre, et considérablement plus éle- » vées en l'air que la première que j'avais vue. De nuit, il » était difficile de juger les distances, mais j'estimais » qu'elles étaient élevées à peu près cinq fois la hauteur de » la chapelle; Elles resplendirent brillamment et fixement » pendant l'espace de trente secondes. Alors elles commen- » cèrent toutes les deux à vaciller comme une lampe élec- » trique à arc qui ne marche pas bien. Elles tremblotèrent » ainsi pendant l'espace de temps nécessaire pour compter
» jusqu'à dix. Puis elles redevinrent fixes. De loin elles » apparaissaient comme de grandes et brillantes lumières » d'automobiles. Elles disparurent en quelques secondes- 3> Après cela on me suggéra que les lumières n'apparaî- » traient plus de nouveau, jusqu'à ce que Mrs Jones, qui était » allée faire une réunion à Bontddu, fût sur la route en train » de revenir. Je partis pour faire à pied les quatre milles soli- » taires jusqu'à. Barmouth, m'arrêtant çà et là pendant dix » minutes pour guetter de nouvelles lumières. Les prairies » et la mer libre étaient blanches des rayons de la lune ; les » collines rocheuses seules étaient noires. Il n'y avait pas » de maison en vue, et le seul son discernable était celui du » murmure bas et continu des vagues sur la côte. Immé- » diatement après 10 h. 1/2, je sursautai en apercevant un » éclat de lumière sur la colline sombre immédiatement à » ma gauche ; et en examinant je m'aperçus que j'étais relais) tivement près de l'une de ces étranges lumières. Elle » brillait d'une façon éblouissante, non pas d'un éclat » blanc, mais d'un éclat jaune profond. Elle ressemblait à » un bulbe solide de lumière, et était un peu fatigante à » regarder. Je courus au mur de pierre sur le bord de la » route, l'enjambai, et courus après la lumière. Elle était » partie avant que j'eusse fait douze yards, et je ne pus V rien trouver que la colline toute nue. Quand j'eus regagné » la route, je regardai en arrière le chemin par lequel j'étais » venu, et je vis près de la chapelle d'Egryn une autre des » lumières éclatantes. Voilà, conclut le journaliste, voilà » tout crûment ce que j'ai vu. Il est probable que les lumiè- » res sont susceptibles de quelque explication naturelle, » mais je donne les rencontres pour ce quelles valent. Il y » a une petite bande de terrain marécageux tout près de la » maison de Mrs Jones, et songeant à la possibilité de faire » intervenir une explication par les feux follets, je demah- » dai si on avait jamais vu là des lumières. On me répondit » que non. Les lumières n'étaient jamais vues que sur les » collines dans le voisinage de la chapelle. »
Le journal du lendemain 14 février contenait une lettre d'un gentleman du Sussexqui expliquait les lumières comme
un phénomène semblable à ce que l'on voit en mer, spécialement aux tropiques, et qui est appelé feu Saint-Elme. « La description que vous donnez du feu vu à Egryn, cadre presque exactement avec celle donnée par les marins qui ont été témoins du feu Saint-Elme (1). »
Mais le même numéro du Daily Mail contenait aussi un article intitulé :