‹ Le reveil au pays de Galles [microform]Chapitre 4 sur 24 · CARTE DE MEMBRE · texte numérisé non relu

CARTE DE MEMBRE

Je m'engage par là à observer les conditions suivantes :

I. — A faire tout ce qui est en mon pouvoir pour répandre des informations sur le Réveil et à aider ainsi à aviver la flamme.

II. — Je veux essayer d'en amener d'autres à se joindre à la Ligue, et devenir ainsi un centre d'influence.

III. — Je promets de me joindre chaque jour aux autres membres — tous d'un seul accord — dans une prière ardente et iniportune, pour que Dieu envoie sur les Eglises de ce pays le baptême du Saint-Esprit avec une force régénératrice et vivifiante.

Signé

Date.....

Mon ami, en me donnant ces cartes, me raconta que c'est un pasteur wesleyen de ses amis qui les a fait faire, et qu'un grand nombre se sont déjà répandues, — distribuées non pas en public, dans de grandes assemblées, mais dans des visites particulières, dans des entretiens familiers et intimes. Et il ajouta que des cartes de ce genre circulent dans toute l'Angleterre et que ceux qui les donnent et ceux qui les acceptent se rattachent et s'attachent à une association de prières. « Voilà », me disait-il, « le secret du Réveil » actuel et du Réveil futur. Quand les chrétiens prient, » prient avec persévérance, prient avec entente, d'un seul » cœur. Dieu exauce les prières, et les miracles moraux et spirituels arrivent. » Le dernier petit fait religieux qui a clôturé mon dernier voyage au Pays de Galles a été celui-ci : au moment de quitter Cardiff, une demoiselle

écossaise avec laquelle j'étais descendu à une réunion de prière au fond de la mine, à Pontypridd, et que je venais de retrouver à GardifF, m'a demandé tout simplement mon nom et ma donné le sien en me demandant de prier pour elle et en me promettant de prier et dé faire prier pour la France et pour moi dans le cercle de prières auquel elle est rattachée à Edimbourg.

11 n'y a rien de plus édifiant et de plus encourageant, quand on y arrête sérieusement sa pensée et son cœur, que l'histoire de ces cercles de prières auxquels je viens de faire allusion et qui se répandent maintenant un peu partout, en France même, en Algérie, ailleurs encore.

Il y a une quinzaine d'années environ, à Melbourne, en Australie, vivait un pieux et ardent évangéliste, mort depuis à l'âge de 41 ans (en 1896), John Mac Neil. Son père , entrepreneur de chemins de fer, . pensait faire de lui un mécanicien. Mais il se convertit, et, après avoir fait ses études à Melbourne, il vint suivre des cours de théologie à Edimbourg. Là, il se fît remarquer non seulement par la supériorité de ses dons intellectuels, mais aussi par l'ascendant irrésistible que sa franchise et son courage lui donnaient sur ses condisciples , et que sa générosité et sa tendresse lui donnaient sur les pauvres gens. Un jour qu'il était arrêté au coin d'une rue, il fut pris d'un tel besoin de parler du Sauveur aux passants que de sa puissante voix il se mit à crier : « Au feu ! au feu ! » Une foule se rassemble autour du jeune homme. « Il n'a pas encore éclaté, cliers amis », dit-il, « mais vous ne tarderez pas à en entendre le crépitement. Oh ! avant qu'elle vous atteigne, chers, chers amis, fuyez la colère à venir ! » Plus tard, à Launceston, il resta un jour entier la tace contre terre devant Dieu, répétant cette seule demande : « Seigneur, donne-moi le pouvoir de chasser les démons ! » Sa foi à l'efficacité de la prièi'e était inébranlable, et ses biographes racontent qu'atteint d'une maladie grave et vio-

lente, il pratiqvia avec plein succès pour lui-même la « guérison par la foi et par la prière ». Après avoir terminé ses études en Ecosse, il retourna à Melbourne, se livra alors sans réserve à l'évangélisation itinérante : partout où il s'arrêtait, les multitudes accouraient et des âmes en très grand nombre étaient sauvées (1).

Or, un jour, John Mac Neil eut l'idée de se réunir régulièrement avec deux pasteurs de ses amis pour demander à Dieu un « gros Réveil » — c'était l'expression dont il se servait — à l'intérieur et à l'extérieur des Eglises. Bientôt, de trois, l-î nombre des « prieurs » s'éleva à vingt. La petite bande de pasteurs et de la'ïques, hommes et femmes, animés du même esprit, se réunissait tous les samedis aprèsmidi. La réunion durait trois heures environ. De temps à autre, les soirées aussi étaient consacrées à la prière. Bientôt, c'était en 1891, ces réunions enfantèrent une grande conférence analogue à la Convention de Keswick, qui réunit chaque année en Angleterre les chrétiens d'Angleterre, d'Ecosse, d'Irlande, et même du continent, désireux d'avancer dans la vie chrétienne qu'ils possèdent déjà. Tenue pour la première fois en septembre 1891, la Convention deGeelong se réunit désormais régulièrement chaque année, précédée par des réunions de prière intimes qui duraient cinq ou six jours. Les années se succédèrent; une Société d'évangélisation de l'Australie se forma, laquelle, jugeant que tout était mùr pour le gros Réveil et qu'il n'y fallait plus que l'étincelle, envoya une pétition recouverte d'une multitude de signatures au grand revivaliste Moody pour l'inviter à venir. Moody aurait volontiers accepté l'invitation. Mais les médecins lui défendirent absolument ce long voyage par mer.

Les Australiens ne se laissèrent pas décourager. Ils

(1) Cf. Le Saint-Esprit en nous, d'après John Mac Neil, par E. B. M., 1897. Grassart.

eurent une idée assez originale. Ils choisirent deux délégués en qui ils avaient pleinement confiance et les envoyèrent, en 1901, en Angleterre et en Amérique avec mission de parcourir ces deux pays et d'y découvrir, d'y dénicher et d"y attraper un revivaliste capable de réussir une mission en Australie. Les deux délégués visitèrent l'Angleterre, allèrent en particulier à la convention de Keswick. Ils écoutèrent de toutes leurs oreilles, conscients de leur responsabilité. Nos deux Australiens cherchèrent partout un homme ; ils ne le trouvèrent pas. Ils se décidèrent à passer en Amérique.

Mais ici je dois interrompre momentanément mon récit pour indiquer ce qui s'était passé en Amérique avant l'arrivée des deux Australiens.

Reportons-nous à l'année 1898 ou 1899, et dirigeons-nous vers l'Institut biblique de Moody à Chicago, institut dont Torrey a été le principal dès sa fondation, car Moody l'y a immédiatement appelé. Un samedi soir, à la fin d'une très belle semaine de prières. Miss Strong, la directrice de la section féminine, vint voir Torrey et lui dit : « Pouvons- » nous terminer ainsi cette semaine de prières? Ne faut-il » pas plutôt la continuer, à travers toute l'année, et nous » donner rendez-vous un soir par semaine, quand tout le » reste du travail est fait, le samedi par exemjsle, de 9 à » 10 heures du soir, afin de prier pour un puissant Réveil à » travers le monde entier? » Le docteur Torrey consulta le Conseil de faculté, qui se montra favorable à la proposition, et on fixa le samedi afin de prier chaque semaine pour un Réveil à travers le monde. — Il importe de noter que ce mouvement de prière en Amérique commença d'une manière absolument indépendante du mouvement de prière qui était en pleine force en Australie. Les chrétiens d'Australie et les chrétiens d'Amérique ne se doutaient pas que leurs frères se rassemblaient ainsi comme eux régulièrement pour demander un Réveil dans le monde entier. —

Les trois ou quatre cents personnes qui se rassemblaient chaque semaine à l'Institut biblique de Chicago, avaient une foi robuste. Elles en avaient besoin. Au bout de quelques semaines, en effet, les ge.ns commencèrent à interroger, avec plus ou 'moins de bienveillance, les membres de la réunion, ce Eh bien! ce Réveil pour lequel vous priez, » est-ce qu'il est venu? — Non. — Quand viendra-t-il? — » Nous ne savons pas. — Combien de temps est-ce que vous » allez prier comme ça? — Jusqu'à ce que le Réveil vienne. » Et ils continuèrent à prier. Bien que les semaines et les mois eussent l'air de passer sans qu'on vît venir le Réveil, ils savaient que Dieu l'enverrait.

Un soir, après la réunion, un petit groupe resta encore dans la salle pour continuer de plus intimes et de plus pressantes prières, jusque très tard, très tai'd dans la nuit. Cela devint une habitude régulière. Le président de cette seconde réunion était le docteur Torrey. Quelquefois, ces réunions se prolongeaient toute la nuit, du samedi jusqu'au dimanche matin. Elles avaient duré déjà pendant un an ou deux lorsqu'une nuit, vers minuit ou une heure du matin, un moment de silence sétant produit dans le petit cercle de prières, au cours de la seconde réunion, l'Esprit de Dieu tomba sur le docteur Torrey, à ce qu'il raconte, et ■ une prière s'éleva dans son cœur, « une prière, déclare-t-il, )) qui n'était pas la mienne, une prière que je ne songeais » certes pas à offrir quand nous sommes entrés dans le » sanctuaire ce soir-là. Cette prière était celle-ci : Sei- » gneur, envoie-moi autour du monde pour prêcher l'Évan- » gile! Quand j'eus fini de prier, je savais que j'allais » partir pour prêcher l'Évangile autour du monde. Coin- » ment, je l'ignorais. Avec une grande Église, avec un » nombre croissant de membres dont je devais être le pas- » teur, je ne voyais pas comment je pourrais m'en aller, » Avec l'Institut biblique à guider et à instruire, je ne y> voyais pas comment je pourrais partir; mais je savais

)) que l'appel était venu de Dieu, et que Dieu ouvrirait la » voie. »

C'est ici que nous retrouvons nos deux Australiens. Peu de temps après cette prière extraordinaire, Torrey avisa deux étrangers dans son auditoire à l'Institut biblique. L'un d'entre eux se présenta à lui comme le père de l'un des étudiants. Dès lors, Torrey ne s'étonna plus de voir les deux étrangers devant lui au premier rang chaque fois qu'il devait parler quelque part. Un jour, l'un d'entre eux vint vers lui et lui dit : « Puis-je vous parler en parti- » culier? — Certainement, répliqua Torrey. — Nous allâ- » mes dans une chambre à l'écart , » raconte Torrey. Et l'Australien me dit : ce Nous avons été envoyés à Kesw^ick, » en Angleterre et en Amérique pour dénicher et attraper » un homme qui vienne réveiller l'Australie ; mon ami et » moi nous avons jeté notre dévolu,., sur vous! Quand » venez-vous ? — Mais, répliqua Torrey tout saisi, il y a mon )) Eglise, il y a l'Institut.., — Il n'y a pas de mais, rétorqua » l'Australien; vous venez! — Il faut pourtant que je voie » ma femme, objecta Torrey — Allons-y! » dirent les Australiens , et séance tenante, avec le consentement de M""^ Torrey, le départ fut décidé, sous réserve de l'autorisation de l'Église qui fut généreusement accordée. Torrey quitta l'Amérique en décembre 1901. On ne lui avait accordé qu'une année de congé. Cette année est expirée depuis longtemps, et Torrey est toujours absent (1). Il a visité ainsi le Japon, la Chine, la Nouvelle-Zélande, la Tasmanie, l'Australie et l'Inde, tenant partout des réunions abondamment bénies; puis il a poursuivi en divers quartiers de Londres et à Sheffîeld, une très belle campagne d'évangélisation. Maintenant il est rentré en Amérique; toutefois, il n'est pas revenu à Chicago, il est allé tenir

(1) Il a fait seulement une courte apparition à Chicago, du milieu de juin au milieu d'août 1903.

une nouvelle mission revivaliste à Toronto. L'Église de Torrey ne souffre point de cette absence prolongée. Elle prie pour son pasteur, et, en l'attendant patiemment, non seulement elle se maintient, mais elle s'accroît.

Mais restons-en pour le moment à l'année 1901. Avant de quitter Chicago, Torrey avait fait signer à cinq mille personnes l'engagement de prier chaque jour pour la mission qu'il allait entreprendre à travers le monde. Confiant dans la force de ces prières, instruit des prières multipliées depuis si longtemps en Australie, Torrey était absolument certain qu'un grand Réveil allait se produire. Avant d'arriver en Australie, il écrivait à son Eglise une belle lettre où se trouvaient ces mots : ce Oublions-nous entièrement nous- » mêmes et mettons au premier plan la gloire de l'Eglise » et du Christ. Nous avons devant nous un Réveil général » de la religion à travers le monde. Il y a des indications » que ce Réveil est en train de venir. t> Et Torrey a dit luimême que bien loin d'avoir été surpris par le Réveil en Australie, il aurait été très étonné si les choses s'étaient passées autrement.

Tandis qu'à Chicago on priait pour l'Australie, dans l'Australie elle-même les prières n'avaient pas chômé depuis que les deux Australiens avaient quitté Melbourne. Quand on sut la venue de Torrey, on redoubla d'efforts. Les préparatifs faits pour recevoir Torrey et pour le mettre tout de suite en contact avec des auditoires nombreux et déjà travaillés et remués, ont été quelque chose de colossal dont nous n'avons pas d'idée. Je ne relèverai qu'un point. Pendant les sept semaines qui précédèrent immédiatement la mission Torrey, et tandis que cinquante missionnaires tenaient déjà des réunions dans cinquante quartiers différents de la ville, une <( chaîne de prières » fut formée et maintenue, et des réunions de prière eurent lieu dans deux mille maisons différentes les Mardis soirs, une vingtaine de personnes assistant et prenant part à chaque réu-

nion, ce qui porte à quarante mille le nombre de chrétiens réunis par petits groupes en prières ferventes, prolongées souvent jusqu'au milieu de la nuit, La ville était ainsi comme toute entourée d'un cercle de prières. « C'a été » pour moi un grand privilège et une grande joie, dit » Torrey, que de travailler et de prêcher dans une sem- » blable atmosphère. » Et il n'y a pas lieu de s'étonner qu'avant de quitter Melbourne, Torrey, ayant annoncé une réunion pour ceux-là seulement qui auraient été convertis durant la campagne revivaiiste et ayant invité au cours de cette réunion les nouveaux convertis à se lever, ait vu se dresser devant lui environ huit mille cinq cents personnes. Et encore les nouveaux convertis n'y étaient-ils pas tous. On évalue à dix mille le nombre de conversions opérées.

Mais voici le tour de l'Angleterre, après l'Amérique et l'Australie. Au mois de juillet 1902, le récit de ces deux mille cercles de prières fut apporté tout chaud à la Convention de Keswick, en Angleterre, où étaient groupés cinq mille chrétiens. L'impression fut profonde. Les directeurs de la Convention hésitèrent un instant. Il y avait déjà tant d'organisations! Fallait-il réellement en créer une de plus? Mais un puissant courant d'opinion et de sentiment emporta toutes les hésitations. Si une cité peut être ainsi entourée d'un cercle fervent de prières, pourquoi pas le monde entier ? Et voilà les cercles de prières fondés avec enthousiasme à Keswick — avec enthousiasme, mais avec modération et sagesse : point de comité, point de souscription. Tout d'abord, quand les cercles de prières furent fondés, il n'y avait même pas de cartes de membres. On demandait simplement à ceux qui étaient disposés à faire partie du cercle de prières pour le Réveil d'envoyer leur nom et leur adresse aux secrétaires de la Convention de Keswick. Mais très vite après la Convention on pensa qu'il était préférable d'avoir des cartes de membres, et l'on en prépara qui pouvaient et peuvent toujours être obtenues

gratuitement aux bureaux de la librairie de Keswick, à Londres. Toutefois, on ne publie pas le nom des adhérents; on se borne à publier dans le journal de Keswick (La vie de la foi, The life of faith) la liste complète de tous les endroits du monde où les cercles de prières ont des adhérents. Un membre du cercle de prières ne peut, malgré; sa demande, obtenir communication de la part des secrétaires de Keswick de la liste des autres membres qui se trouvent dans sa propre ville ou dans les environs. On a fait imprimer non seulement des cartes de membres, mais aussi sur joli papier le texte-devise : « Je répandrai de mon Esprit sur toute chair », et on envoie ce texte pour 4 pence à ceux qui désirent le posséder comme un souvenir utile, un rappel. Mais on prend soin d'ajouter que comme plusieurs personnes dont on apprécie la sympathie et dont on désire la communion dans la prière, ne se sentent pas libres d'employer cette promesse pour l'intercession , il est bien entendu qu'en se joignant au Cercle de prières on ne s'engage nullement à employer de cette façon le verset dont il s'agit.

Le Cercle de prières a gagné la sympathie d'un nombre considérable de chrétiens. Des milliers de chrétiens, représentant plusieurs nations différentes, et appartenant à tous les rangs et à toutes les classes de la société, ont envoyé spontanément leurs noms. Des mouvements analogues se sont produits en Amérique, dans l'Inde, en Chine, en France, en Algérie, ailleurs encore.

Le but du Cercle de prières pour un Réveil à travers le monde entier est de grouper, d'enchaîner de la façon la plus simple ceux qui sont disposés à faire un effort pour prier quotidiennement pour un Réveil à travers le monde entier, et à continuer de prier jusqu'à ce qu'il vienne. La prière, naturellement, doit être tout d'abord particulière, privée, individuelle; mais là où c'est possible, il est suggéré que de petits cercles s'unissent en réunions intimes. Et

l'un des traits originaux de ces cercles de prières a été très vite la formation de petits foyers de prières, de petites réunions où une fois par semaine au moins, plus souvent là oii c'est possible, de petits groupes de deux, trois chrétiens ou davantage, mais pas trop, se rassemblaient pour demander à Dieu une effusion de son Esprit sur le monde entier.

On n'estime pas désirable d'organiser des réunions de prière proprement dites et spéciales pour les objets visés par le cercle. Les réunions de prière déjà existantes sont souvent faibles et mal suivies. Lancer une autre espèce de réunions publiques pourrait avoir une apparence de rivalité. Les membres du cercle sont invités à suivre les réunions déjà existantes et à faire leurs efforts pour les renforcer par leur sympathie et leur communion.

« Est-ce que ce ne serait pas un avantage d'organiser le » le cercle avec plus délaboration? Nous ne le pensons » pas » réplique une petite brochure tout récemment publiée : Comment lancer un cercle de prières (How to start a Prayer Circle) ; « car il entrerait alors en compétition avec •)-) d'autres institutions et organisations. t>

On ne veut pas supprimer les réunions de prières régulières. On souhaite que le cercle de prières ait pour effet d'y introduire le sujet du Réveil et de l'y maintenir à l'ordre du jour.

Les petites réunions intimes ne doivent pas prendre la place des réunions de prière de l'Eglise, mais plutôt les fortifier en les élargissant et en rendant plus précis et plus définis l'habitude et le service d'intercession.

(( Qu'est-ce que je puis faire pour développer le Cercle de prières? » est-il demandé dans la petite brochure que je viens de citer. Et la réponse est ainsi conçue :

(( 1° Vous y joindre;

» 2° En parler ;

» 3° Répandre autour de vous des informations à ce sujet ;

» 4° Prier pour le Cercle, »

Australie, Amérique, Angleterre. — Ce n'est point tout encore. Un mois avant la réunion de Keswick, en juin 1902, le même esprit de prière avait soufflé sur les chrétiens de VInde : sans rien savoir du mouvement de prière qui se produisait en d'autres pays, les chrétiens de l'Inde s'étaient décidés à former eux aussi un cercle de prières comprenant tous ceux qui voudraient s'unir pour demander un Réveil.

Cette année 1902 est une année véritablement unique en son genre, une année où à travers les mers et les continents les âmes les plus diverses se sont, sans le savoir, rencontrées aux pieds du trône de Dieu pour demander d'un seul cœur une nouvelle Pentecôte !

Cette même année 1902 a vu publier deux brochures qui ont eu un grand retentissement en Angleterre. L'une est intitulée : Une invitation à se réveiller adressée aux Eglises (A Revival Call to the Churches). L'autre : Retour à Pentecôte (Back to Pentecost) m'a été gracieusement offerte par son auteur, A. Gregory Wilkinson, que j'ai eu le plaisir de rencontrer à Rhos, où il était venu, comme moi, pour voir le Réveil Gallois.

Australie, Amérique, Angleterre, Inde — Il faut maintenant enfin ajouter Pays de Galles. C'est, en effet, vers la fin de cette même année 1902 que, dans le Pays de Galles, celui qu'on a appelé le prophète du Réveil gallois, le Jean-Baptiste du Réveil gallois, le doyen Howell lança un puissant appel qui impressionna tout le pays.

Le doyen Howell, quoique appartenant à l'Église anglicane, était aimé et vénéré par tous les Gallois comme un patriote, un orateur, un saint — et un barde. Son nom de barde était Llawdden. Vers la fin de 1902, à l'âge de 83 ans, Llawdden, sur le seuil de l'éternité, envoya un dernier message à ses compatriotes, et ce message s'est trouvé être la prophétie merveilleuse du Réveil, Le doyen dépeignait en traits vivants la disette spirituelle du pays; puis, dans un langage improvisé, il insistait sur le seul remède : un réveil

LE CERCLE t)E PRIERES. ÎÔ

spirituel. Il invitait les Gallois à « créer un cercle de prières », un cercle de chrétiens qui crieraient à Dieu : « Oh! si tu ouvrais les cieux et si tu descendais! » Enfin, suppliant ses lecteurs de se consacrer eux-mêmes à Dieu et de faire d'un réveil leur principal et suprême désir, il terminait par les mots suivants : \

« Prenez garde, car c'est peut-être mon dernier message » à mes compatriotes dans toute l'étendue du Pays de » Galles avant d'être cité en jugement, la lumière de l'éter- » nité commence à luire pour moi; mon dernier message » est celui-ci : le besoin principal de mon pays et de ma » chère nation à l'heure présente, c'est un réveil spirituel » par une effusion spéciale du Saint-Esprit. »

Ce message fut publié dans une revue galloise en janvier 1903 et produisit une profonde impression sur tout le pays. Ce fut, en efFet,le dernier message du doyen Howell, car, peu après. Dieu le retira à lui.

Son appel eut un retentissement d'autant plus profond que plusieurs pasteurs gallois avaient assisté aux réunions de Keswick, en 1902, et y avaient été enflammés d'un nouveau zèle et d'une nouvelle confiance dans la vertu intime de la prière. Déjà, dans la vallée de Rhondda, en particulier, bien des Gallois priaient régulièrement depuis des années demandant un Réveil. Après la fondation des cercles de prières, à Keswick, après l'appel du doyen Howell, les prières redoublèrent en nombre et en intensité. Mrs. Penn-Lewis (1) cite deux sœurs du comté de Monniouth, dont l'une était invalide, et qui, pendant les années 1903-1904, furent oppressées par le poids du péché dominant et les progrès du mal dans leur pays; une de ces sœurs disait, les larines aux j^eux : « Je ne puis dormir » ni jour ni nuit parce que mon cher Seigneur est méprisé

(1) The Awakening in Wales and some of ihe hiddensprings. London. Marshall brothers. Keswick house, p. 26.

et réduit à néant », et d'après Mrs. Penn-Lewis une autre enfant de Dieu s'écriait : « Je mourrai si Dieu nexerce pas » son pouvoir et n'envoie pas un Réveil ! » En mai 1903, trois ministres forment entre eux un cercle de prières, et décident que chaque matin, à 10 heures, chacun priera pour les deux autres et pour leurs églises.

En août 1903 se tint à Llandrindod Wells une grande Conférence — la ce réunion de Keswick » galloise — à laquelle Howell sétait beaucoup intéressé. Quand on lui en avait parlé, en septembre 1902, il s'était levé avec enthousiasme, et les mains et les yeux tendus vers le ciel, il s'était écrié : « Je suis un Aàeillard sur la limite de l'éter- » nité, et je dis que si une telle conférence pouvait avoir lieu, » donnée par Dieu et non faite par l'homme, ce serait une » incalculable bénédiction pour le Pays de Galles, » De cette conférence, un grand nombre de ministres, d'évangélistes, retournèrent à leurs diverses sphères de travail avec de nouA'^elles visions et de nouvelles espérances. Bien des ministres entrant en rapport avec ceux qui avaient été à Llandrindod Wells, se rendaient compte que leurs frères avaient fait là une expérience spirituelle nouvelle, inconnue, et se mettaient à la chercher dans la prière, et ly trouvaient en recevant le baptême du Saint-Esprit. — Et c'est peu après, en 1903 déjà, dans plusieurs endroits tels que Tonypandy, mais surtout en 1904, que le Réveil gallois a éclaté dans toute son ampleur, comme nous le verrons dans un prochain chapitre. J'ajouterai que c'est une dame revivaliste galloise, Mrs. Jones, qui a bien voulu me donner la petite brochure où j'ai trouvé le plus de détails sur la chaîne de prières à Melbourne, et, en me la donnant, elle me dit pour corroborer par son expérience personnelle le document qu'elle me remettait : « Chez moi, nous avons » prié quinze jours pour avoir le Réveil ; le seizième jour, » ça y était. »

Je ne sais si les lecteurs de ces pages pensent et sentent

comme moi. Mais je trouve que rien n'est plus frappant, plus solennel même que cet accord mystérieux dans la prière; j'y saisis comme sur le fait le doigt même de Dieu. Oui, il y a un quelque chose, un je ne sais quoi qui agit sur les âmes, qui les attire, qui les oriente à leur insu vers les mêmes pensées, qui soulève leurs communes aspirations vers un but commun. Ce quelque chose, ce je ne sais quoi, n'est-ce pas l'Esprit même du Dieu vivant qui besogne au fond des cœurs? N'est-ce pas le Saint-Esprit qui, à la même époque, dans ces pays si éloignés et si différents les uns des autres, Australie, Amérique, Inde, Angleterre, Pays de Galles, et nous pouvons ajouter France, Algérie, etc., fait jaillir de tant de cœurs et de tant de lèvres cette même et identique prière : Seigneur, envoie un Réveil puissant à travers le monde entier? Je comprends que les promoteurs du Cercle de prières se soient sentis pressés de convoquer tous les membres du Cercle, répandus dans toutes les parties du monde, à faire du dimanche 23 juillet 1905 un jour spécial d'actions de grâces. Car si les prières n'ont pas encore été pleinement exaucées, il y a eu néanmoins déjà assez de choses grandes et magnifiques accomplies pour qu'il y ait lieu de se réjouir. N'y aurait-il pas lieu de se réjouir, quand bien même il n'y aurait d'autre motif de joie que l'universalité extraordinaire de toutes ces prières sur notre planète? Et un chrétien qui interprète les faits à la lumière de son expérience religieuse et de sa foi, n'est-il pas fondé à dire à ses frères et à se dire à lui-même : Lorsque l'Esprit de Dieu provoque ainsi la prière, c'est que Dieu est résolu à l'exaucer. Hâtons-nous donc de nous joindre nous aussi, pour y avoir notre part, notre part d'action et notre part de bénédiction, hâtons-nous de nous joindre à ce large et profond courant d'intercession qui s'étend, qui grandit, qui monte irrésistible de la terre au ciel et qui attirera inévitablement sur l'humanité des bienfaits supérieurs à tout ce que nous pouvons entrevoir! Et

rappelons-nous la prière si simple et si complète dans sa brièveté, recommandée sur la petite carte dont je parlais tout à l'heure : « Seigneur, envoie un Réveil et commence-le au dedans de moi, pour l'amour de Jésus. Amen. » A la fin d'une réunion où j'avais raconté les faits dont on vient de lire le récit, un laïque pieux et instruit s'approcha de moi et me dit en s'excusant de la liberté qu'il prenait : « Puis-je vous poser une question ? — Mais certainement ! » répondis-je. — « Eh bien ! tout ce que vous nous avez rapy> porté est fort curieux, fort impressif. Mais ne croyez- vous » pas que cela pourrait s'expliquer par la suggestion, » Y autosuggestion?... — Vous avez parfaitement raison », lui répliquai- je, « vous parlez en psychologue, tandis que » je viens de parler en chrétien. Mais le psychologue ne » contredit pas le chrétien. Et voici, à mon sens, la conci- » liation : Il y a, dans le monde de l'esprit, des lois, des lois » aussi fixes et aussi certaines que dans le monde maté- » riel. Et de même que, pour produire des miracles physi- » ques Dieu ne viole pas, mais emploie, applique et coni- H) bine les lois de la nature matérielle, de même, pour » produire des miracles moraux et spirituels. Dieu ne viole » pas, mais emploie, applique et combine les lois de l'es- » prit. Etre capable, en présence de l'activité miraculeuse » de Dieu, physique ou spirituelle, de nommer les lois dont S) Dieu s'est servi, n'équivaut pas à supprimer cette activité )) miraculeuse elle-même. Oui, il y a de la suggestion, — » de l'autosuggestion et de l'hétérosuggestion, — dans tout » ce vaste ensemble de prières, dans ces coïncidences » étranges, dans cette contagion et cette harmonie mysté- » rieuse. Et la science psychologique comme telle peut et » doit s'arrêter là. Elle n'a pas le droit d'empêcher le » croyant d'aller plus loin et d'affirmer, quant à lui, sa per- » suasion que Dieu est au fond de tout cela. »

Il me semble trouver l'illustration et la confirmation de ces vues dans le récit autobiographique, cité par Mrs. Penn-

Lewis (1), des expériences d'une femme qui déjà, bien avant la Convention de Keswick de 1902, puisque c'était en 1900, s'était offerte à Dieu pour ce qu'elle appelait le service spécial de l'intercession, comme d'autres peuvent s'offrir pour le service spécial de l'évangélisation, de la mission, etc. Le document peut paraître étrange. Il rapporte des visions, des voix — toutes choses auxquelles nous ne sommes certes pas habitués, mais qui sont courantes aux époques de Réveil intense et qu'il faut bien admettre comme des faits, quelle que soit l'explication qu'on en donne. Pour ne pas revenir plusieurs fois sur le même sujet, je renvoie tout essai d'explication au moment où nous aurons à parler des visions d'Evan Roberts, et je me borne à reproduire le document de la chrétienne dont il s'agit :

« J'avais lu quelque part des paroles qui revenaient à » ceci : a Si une vie, même une seule, pouvait être pleinement » abandonnée à Dieu pour qu'il s'en serve, suivant qu'il en » a besoin, pour la prière, les résultats les plus merveilleux » suivraient — et Dieu a besoin d'une telle vie. )) « Alors, » je m'agenouillai, et très humblement je lui dis que sll » voulait me prendre et m'employer pour la prière, j'y » serais disposée. Quand je dis du fond de mon cœur : « Oui, Seigneur », « il me sembla qu'une main se posait » sur moi, appuyait, me pressait de plus en plus fort, » descendait, descendait, jusqu'à ce que je n'eus plus de » de vie laissée en moi — et je pleurai.

» Pendant quelques mois, Dieu m'employa pour la » prière dans les petites choses, mais un jour, six mois plus » tard environ, tout devint obscurité absolue. Comme d'ha- )) bitude, j allai vers Lui, mais l'obscurité continua pen- » dant environ une semaine. Alors, un matin, vers dixheu- » res, l'agonie devint terrible, et je criai : « Seigneur, )) qu'est-ce?» « Il me répondit : a Viens avec moi, et je te

(1) Ouv. cité, p. 20-21.

» montrerai le péché dans ce lieu. » « Il me sembla que » nous allions dans toutes les parties les plus dégradées » du district, et je vis le péché comme je ne l'avais jamais » vu auparavant. Je criai à Dieu pour le peuple. Ma prière » était : « O Seigneur, envoie un Réveil en ce lieu I » « Alors y> vint sur moi une paix parfaite jusqu'au lendemain matin » à la même heure ; à ce moment, le Seigneur, m'appela de » nouveau et m'emporta avec lui encore plus loin. La » même cJiose arriva pendant une semaine entière, jusqu'à » ce que je fusse dans l'agonie, priant pour un Réveil à tra- » vers le monde entier, car Dieu me prenait dans des lieux » où on n'avait jamais entendu l'Evangile. Puis tout cela D cessa.

» A partir de ce moment, je commençai à guetter l'appa- » rition du Réveil et à me demander comment le Seigneur >■> l'enverrait. Quand nous entendions parler de quelqu'un j) que Dieu employait spécialement pour le Réveil, j'allais » vers le Seigneur et je lui disais : « Est-ce là ton instru- 5) ment, Seigneur ? » ce Et II répondait : « C'en est un seu- D lement, enfant. » « Et je retournai auprès de Dieu pour » l'interroger au sujet d'une autre âme qu'il employait » beaucoup, et la même réponse me venait, avec cette D addition : a J'ai quelque chose de plus que ceci. »

» A Keswick, en 1902 — la première réunion de Keswick » à laquelle j'aie assisté — les cercles de prières furent » annoncés pour un Réveil à travers le monde entier. Alors » j'allai au Seigneur et je criai : « Seigneur, pourquoi » devons-nous prier pour ce que Tu as déjà promis ? » c< Alors II dit :.« Ce Réveil est déjà un fait accompli dans » mon Royaume », (c et je dis : « Pourquoi ne vient-il pas, » Seigneur, sans ces cercles de prières? » a II répliqua : ce Je suis prêt, mais mes enfants ne le sont pas. Avant qu'il f) vienne, ils doivent prêcher la parole de la Croix, le mes- -» sage du Calvaire. »

Ce document est du plus haut intérêt. Il nous permet, en effet, non seulement de voir comment cette dame s'est trouvée, conduite à pi'ier de proche en proche d'abord pour de petites choses, puis pour un Réveil local, puis pour un

Réveil universel, mais aussi de constater la conception psychologique qu'elle se fait de la prière et de ses résultats. Certes, cette dame, et Mrs Penn-Lew^is qui reproduit son témoignage, sont absolument convaincues que Dieu entend et exauce les prières, et que les prières ont ainsi une action directe sur Dieu lui-même. Mais ce n'est pas ce qui est mis en lumière dans les lignes citées. L'idée qui ressort, c'est que Dieu veut un Réveil, et que, pour provoquer le Réveil, Dieu se sert des prières du chrétien. Dieu a besoin des prières des chrétiens. Il ne peut rien sans cela. Il est impuissant sans cela. Et c'est pourquoi il provoque, il inspire les prières. Et pourquoi Dieu a-t-il besoin des prières? Parce que, sans doute, en vertu de la solidarité étroite établie par Dieu entre les hommes, il est certaines choses que Dieu ne peut et ne veut faire pour une âme que si une autre âme le lui demande, mais aussi parce que les prières produisent un incalculable effet non seulement sur Dieu à qui elles s'adressent, mais sur ceux qui les adressent à Dieu, a Je suis prêt, mais mes enfants ne le sont pas. » Mrs Penn-Lew4s commente ainsi cette parole : « Cela mon- » tre que les cercles de prières à travers le monde entier » étaient nécessaires surtout pour créer un désir parmi le » peuple de Dieu, et pour préparer lés canaux pour la » pluie qui approchait. » Oui, les cercles de prières étaient utiles, nécessaires pour créer un désir parmi quelques chrétiens, pour rendre ce désir contagieux, pour emmagasigner dans le cœur d'une multitude toujours plus considérable de chrétiens des aspirations ferventes susceptibles den suggérer d'autres, et capables, finalement, après s'être longtemps et lentement accumulées dans les profondeurs cachées d'un nombre croissant d'âmes toujours plus ébranlées, toujours plus remuées, toujours plus vibrantes, de faire irruption au dehors en une puissante explosion de vie religieuse débordante, expansive et conquérante.

Ainsi, il n'y a vraiment pas à s'étonner que toujours et

partout la prière ait préparé le Réveil (1), et qu'en particulier, il n'y ait pas un seul endroit du Pays de Galles où le Réveil ait éclaté sans avoir été précédé par de ferventes

(1) J'ai sous les yeux le règlement de l'Archiconfrérie de Notre-Dame des enfants. Le 7= article est le suivant : «Tous les associés sont invités à » porter la médaille de l'Archiconfrérie et à réciter en union les uns avec » les autres Notre Père, Je vous salue, Marie, et l'invocation : Notre- » Dame des enfants, protégez nous, protégez nos parents , protégez » l'Eglise. » Et la même brochure qui contient ce règlement renferme aussi une lettre du chanoine J. Horoux, datée du 13 déc. 18.96 et intitulée : « Croisade de prières pour les enfants chrétiens. » La lettre débute par ces mots : « Tous les cœurs catholiques s'inquiètent en ce mo- » ment de la situation faite aux enfants au point de vue grave de l'en- » seignement de la religion et de l'éducation. Aussi les voyons-nous » rivaliser de zèle et unir leurs efforts pour la fondation et le dévelop- » pement des écoles vraiment chrétiennes. En agissant ainsi, les catho- » liques remplissent un devoir; mais ne serait-il pas opportun devenir » en aide à ce zèle et à ces efforts par une prière fervente qui ne cessât » point? Dans ce but, des personnes pieuses ont émis ce désir : que » partout les enfants chrétiens soient associés pour former une croi- » sade de prières, afin d'obtenir de Dieu la conservation de leur foi et » de leurs mœurs, et attirer sur la France et le monde les bénédictions » de Dieu... » Et la lettre se termine par cette exhortation : « Nous nous « adressons donc aux parents, aux patrons, à tous les éducateurs de la » jeunesse, les suppliant de provoquer partout des pi'ières, d'associer à » l'Archiconfrérie le plus d'enfants possible, de les faire prier,' de prier » avec eux; ils inscrivent ces enfants sur des listes spéciales, qui nous » seront adressées, afin que tous les noms soient transcrits sur les re- » gistres de l'Archiconfrérie, et mis dans le sanctuaire de Notre-Dame » des Enfants : nous unissons nps prières à toutes ces prières et, nous » en sommes assurés, Dieu les exaucera. » — Toutefois, jusqu'ici, nous n'avons pas ouï dire que cette croisade de prières, — qui a incontestablement une ressemblance avec les cercles de prières, — ait amené en France l'éclosion d'un Réveil catholique analogue comme intensité d'émotion et comme profondeur de résultats au Réveil qui s'est produit au Paj'^s de Galles. Serait-ce que l'appel du chanoine Horoux n'a pas été entendu? Ou serait-ce, sans faire intervenir ici les différences des deux conceptions religieuses protestante et catholique, serait-ce qu'au point de vue simplement psychologique, la récitation, aisément machinale, de formules stéréotypées de prières, n'est pas de nature à produire et à développer une intensité d'émotion comparable à celle que nourrissent des prières libres et spontanées, des prières de cœur où l'âme s'épanche dans son propre langage devant Dieu ?

prières. Pour nous, chrétiens, la prière est une invocation réelle d'un Dieu réel, elle est une requête qui atteint la puissance suprême à laquelle elle est adressée, et cette puissance suprême, c'est le Dieu d'amour qui sest révélé en Jésus-Christ et qui nous a dit par la bouche de Jésus- Christ : « Si vous qui êtes mauvais, savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus votre Père céleste donnera-t-il le Saint-Esprit à ceux qui le lui demandent! » Et au point de vue simplement psychologique la prière est un merveilleux instrument de condensation et dincubation spirituelle, un merveilleux moyen de charger le subconscient et de préparer ainsi peu à peu ce qui éclatera bientôt au grand jour.

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