‹ Le reveil au pays de Galles [microform]Chapitre 3 sur 24 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

« Il y a des conversions partout, » me disait naguère au cours de mon voyage au Pays de Galles un pasteur anglais, et c'est , à coup sûr, un des traits les plus caractéristiques et les plus réjouissants de l'heure présente que cette presque universalité d'un réveil des besoins religieux, d'un renouveau de la vie spirituelle et chrétienne. Que l'on songe aux magnifiques résultats obtenus naguère par Torrey et Alexander en Australie, en Nouvelle-Zélande, en Tasmanie, au Japon, en Chine, en Ecosse, en Angleterre, en Irlande ; que l'on songe à la mission récente de Torrey et Alexander à Londres, à Sheffîeld, et maintenant à Toronto, en Amérique; que l'on songe aux missions de Gipsy Smith en Angleterre, au Réveil du Pays de Galles, au mouvement religieux produit en Ecosse par une petite mission galloise sous la direction d'un journaliste, le journaliste qui a accompagné jadis Evan Roberts dans toutes ses tournées et publié le compte rendu de ses réunions et qui, de journaliste

devenu revivaliste enthousiaste, a soulevé Edimbourg et Glasgow par les récits qu'il faisait de vive voix du Réveil qu'il avait raconté d'abord au jour le jour la plume à la main. Partout en Grande-Bretagne, et là même où il serait excessif de parler proprement d'un Réveil en donnant toute son ampleur à ce mot, partout on sent que les âmes s'agitent, cherchent et trouvent. Il est impossible de respirer quelque temps cette atmosphère et de se défendre du pressentiment qu'on est à la veille de quelque chose de très beau et de très grand, d'une sorte de réveil peut-être universel de la vie chrétienne sur notre planète. Je me rappelle, dans une réunion galloise, avoir été grondé , très amicalement, mais enfin grondé, parce que, dans la pauvre petite allocution que je m'étais risqué à faire, je ne m'étais pas montré assez affîrmatif sur la certitude d'un Réveil en France. Un homme se leva et gourmanda ce qui lui semblait être un commencement ou un reste d'incrédulité. Ailleurs, à la fin d'une autre réunion, comme je prenais congé de l'une des demoiselles revivalistes qui accompagnaient Evan Roberts dans ses voyages, nous causions du Réveil en France, elle m'atfirmait son inévitabilité; et, comme argument décisif, au moment où je lui touchai la main, elle me jeta : « Oh ! vous » aurez le Réveil en France, vous n'y échapperez pas, vous » savez, Evan Roberts l'a prophétisé ; et jusqu'à présent » toutes les prophéties d'Evan Roberts se sont réalisées. Il » sait très bien, par exemple, quand il y aura des conver- » sions dans une réunion. Et il le dit sans jamais se trom- » per. Pourquoi donc se tromperait-il en attendant le Réveil )) dans le monde entier? » Mais ce ne sont pas les prophéties dEvan Roberts seulement, tous les revivalistes anglais aussi bien que gallois, tous les missionnaires américains aussi bien qu'anglais, sont de plus en plus convaincus du caractère en quelque sorte mondial du Réveil qui n'a fait encore que débuter.

« Autrefois », disait naguère Torrey à Edimbourg, « je

» regrettais de ne pas vivre à l'époque de Wesley et de » Whitefield, ou dans les jours de 1859 en Ecosse, ou de » 1857 en Amériqvie, ou dans les preiniers jours des grands )) réveils de Moody. Maintenant, je remercie Dieu de ce ■» qu'il me fait vivre en 1903. Je crois que nous sommes à )) l'aube d'une des plus grandes époques, d'une des plus glo- )) rieuses qu'il y ait jamais eu pour amener leshommes dans )) le Royaume de Dieu et vivifier nos entreprises chrétiennes. )) Autrefois, même les grands réveils étaient plus ou moins )> locaux. Aujourd'hui, ce qui arrive en Australie est aussi- •» tôt connu en Ecosse et y stimule la vie. Ce qui est fait en )) Ecosse, est transmis jusque dans l'Inde, dans la Chine, )) dans chaque coin de la terre, et si Dieu juge à propos, )) comme je crois qu'il le juge, de répandre son Esprit avec » une puissance suprême sur Edimbourg, Glasgow et les )) autres cités d'Ecosse, tous les champs de mission sur la )) terre en sentiront le pouvoir. Mon propre pays bien- )) aimé en sentira le pouvoir. Et un vrai réveil par le pou- )) voir du Saint-Esprit de Dieu ébranlera non seulement » l'Ecosse, mais la terre entière ! Nous sommes sur le seuil » d'un semblable réveil. Je ne prétends pas être un pro- » phète. Mais je sais quelque chose de l'histoire de l'Eglise; » je sais quelque chose des modes daction du Saint-Esprit ; » je sais quelque chose de l'histoire de la prière et de ses » succès; et je sais aujourd'hui que vous et moi, si Dieu » nous conserve la vie assez longtemps pour cela, nous » allons sentir limpulsion, le pouvoir, la gloire de l'un des » réveils les plus puissants que Dieu, dans sa grâce in- » finie, ait jamais donnés à un monde pécheur. »

J'ai coupé mon séjour au Pays de Galles par une visite de deux jours à l'un de mes meilleurs et plus intimes amis, un pasteur méthodiste de Bradford. Au moment de nous séparer, il me dit d'un ton de regret : « C est bien dommage » que vous ne soyez pas venu un dimanche. Vous auriez » pu vous rendre compte des résultats que nous a donnés

» une mission tenue récemment. Nous avons moissonné » ce que nos frères et sœurs avaient semé. Il y a eu dans » notre seule Eglise une quarantaine de convertis dont la » grande majorité sont des élèves de notre école du Di- » manche et de nos classes méthodistes. Vous auriez pu', » si vous aviez été ici un Dimanche, voir une fraternité, » commencée il y a quelques mois, et qui compte déjà plus » de deux mille membres, tous des hommes, tous des ou- » vriers. Vous auriez constaté que si notre ville de Brad- » ford est l'une des plus froides de l'Angleterre, depuis » quelques mois la froideur se dissipe et nous entrons » dans un beau printemps spirituel. Mais voilà, vous êtes » venu dans la semaine, je n'ai rien pu vous montrer. Et » vous allez rentrer en France. Vous raconterez des tas de » belles choses du Pays de Galles , de Liverpool et de Lon- » dres, et de je ne sais où encore. Et vous n'aurez rien à » dire du pauvre Bradford ! »

« Détrompez-vous , lui répondis-je. J'emporte de vous » deux choses que je vous promets d'utiliser à l'occasion. » Vous m'avez fait un récit et vous m'avez fait un cadeau. »

Voici le récit : mon ami m'a donc raconté qu'il était allé, peu de temps avant mon arrivée, prêcher dans une Eglise voisine ce qu'on appelle en Angleterre des sermons anniversaires. Les sujets de ces sermons (un le matin, un le soir) étaient suivant l'usage annoncés à l'avance , plus qu'annoncés, imprimés, imprimés même en grosses lettres bien voyantes sur d'immenses affiches placardées à la porte du temple, ce Quand j'ai été là, a continué mon ami, après le service du matin, je me suis senti comme mystérieusement poussé à dire que je ne traiterais pas le soir le sujet annoncé (ce devait être quelque chose sur l'éducation), mais que je prêcherais sur un verset auquel je n'avais pas réfléchi auparavant et sur lequel je ne m'étais pas préparé : « Voici, je me tiens à la porte et je frappe. » J'ajoutai qu'il y aurait une réunion de prière après le sermon. C'était une

Eglise très orthodoxe, mais très peu vivante. On me dit : « Vous n'aurez presque personne pour assister à la réunion de prière ; en tout cas, personne ne priera », Eh bien ! presque toute la congrégation est restée. Et il y a eu des prières spontanées, comme au Pays de Galles, la réunion s'est prolongée très tard ; elle se serait prolongée encore plus tard, si je n'avais cru sage de congédier l'assemblée. Le lendemain, j'ai appris qu'il y avait eu, comme suite et conséquence de cette simple réunion, deux ou trois conversions, et cela dans une Eglise nullement excitée, dans une Eglise où depuis des années il était sans exemple qu'il se fût produit une seule conversion ! » — Voilà jusqu'à quel point une seule réunion de prière peut être efficace! Voilà jusqu'à quel point Dieu besogne actuellement dans les âmes les plus indifférentes, sinon hostiles, en apparence, à la vie religieuse ouverte et décidée !

Oui, il y a, et cela non seulement en Angleterre et au Pays de Galles, mais sur toute la face de la terre, des besoins religieux et des résultats religieux en nombre toujours croissant.

D'où cela vient-il ?

C'est ce que va nous expliquer, après le récit de mon ami, son cadeau. Il m'a fait cadeau, en effet, de deux petites cartes qui résument d'une façon concrète tout le secret du Réveil — du Réveil passé et présent, du Réveil futur.

La première porte ces mots — je traduis littéralement :

Voulez-vous faire de ceci votre

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