SCÈNE PREMIÈRE MINEKE, GRETJE
Mineke est seule et travaille à une broderie. C'est une toute jeune femme à la voix musicale et un peu grave. On la devine tendre et naïvement passionnée. Sa mise est très simple, presque pauvre. Elle dépose son ouvrage sur la table, se lève et va écouter à la porte de droite. Elle se dirige vers la fenêtre et regarde au dehors. Elle va s'asseoir devant le piano, feuillette un cahier de musique, puis se lève nerveusement.
MINEKE, appelant.
Gretje!... Gretjeî
GRETJE, une femme d'une quarantaine d'années, en costume de Frisonne, entr'ouvre la porte de gauche et, à voix basse.
Madame Mineke?
MINEKE, à voix basse.
Annette est-elle dans son berceau?
GRETJE.
Oui, madame.
MINEKE.
Elle dort?
GRETJE, même jeu.
Elle vient de s'endormir madame Mineke.
MINEKE.
Alors entre. (Cretje entre et ferme la porte.) SaiS-tu
qu'il y a plus d'une heure qu'il est parti?... Et il m'avait promis de ne faire qu'aller et venir!
GRETJE, gaîment.
Il ne faut pas vous tourmenter pour si peu. Pour sûr, monsieur Berend a rencontré un de ses chefs qui lui a dit : « Sous-lieutenant Jansen, vous prendrez vingt hommes avec vous, vous irez ici... et puis là... et puis encore là... et vous rentrerez quand vous aurez de la'crotte jusqu'aux épaules... » V'ià comme ils sont les chefs à monsieur Berend !
MINEKE.
C'est impossible. Je sais qu'il n'est pas de service aujourd'hui.
Alors, c'est des camarades qu'il a rencontrés...