SCENE II Les Mêmes, BEREND JANSEN
Berend, suivi de Gretje, entre à droite, en uniforme de souslieutenant hollandais, c'est un très jeune homme, plein dévie et de passion.
MINEKE, anxieuse.
Eh bien ?
BEREND, l'embrassant.
Rassure-toi. Tout va bien!
MINEKE.
C'est vrai?
BEREND
Oui. J'ai vu le colonel.
MINEKE,
Alors, il consent ? Tu restes ?
Je reste!
GRETJE, triomphante.
Je l'avais bien dit, moi !
MINEKE.
Et que t'a-t-il dit, le colonel, raconte»
BEREND, vivement.
Il m'a dit : « Mon ami", je comprends que vous vous trouviez un peu jeune pour aller crever là-bas. Vous êtes 'désigné pour embarquer ce soir sur le Rosendaal, mais je vais m'arranger de façon à vous garder. Un de vos camarades, qui a de l'ambition, m'a demandé à partir; j'en parle au général Meulen et nous l'envoyons à votre place. C'est une affaire entendue ! »
MINEKE.
Quel brave homme!
GRETJE, sortant à gauche.
V'ià comme il est, notre colonel!
MINEKE.
Et qu'as-tu répondu ?
BEREND
Ma foi, je n'en sais trop rien. J'étais un peu ému... lui aussi... Je lui ai serré les mains... et je crois bien qu'il m'a embrassé.
MINEKE, l'enlaçant avec passion.
Mon Berend ! Mon Berendl... Tu me restes!... je te garde... A moi ! à moi toute seule!