ACTE PREMIER
BEREND
Que tu es enfant I
Elle reste blottie dans ses bras ; ils se parlent de tout près, leurs visages se touchant presque,
MINEKE.
Songe, mon Berendqiie je nai que toiaii monde... Sans toi... je serais plus seule et plus perdue qu'une pauvresse de l'asile.
BEREND
Mineke !
MINEKE.
Il y a une chose que je peuxt'avouer, maintenant.
BEREND
Laquelle ?
MINEItE.
Si tu étais parti, je me serais tuée.
BEREND
Mineke! Mineke î Ne dis pas de folies pareilles !
MINEKE, gravement.
Ce ne sont pas des folies, tu le sais bien.
BEREND
A ce compte-là, moi^aussi j'ai un aveu à te faire.
MINEKE.
Lequel?
BEREND
Eh bien, je ne serais pas parti !
MINEKE, très émue.
Pas parti ?. . . Pour moi ? ... Tu aurais désobéi pour
moi ?
BEREND
Certainement. Grois-tii que je t'aurais abandonnée?
MINEKE.
Ah! Berend... tu comprends donc à quel point je t'aime!
BEREND
Je commence à le comprendre, Mineke... je commence, (ils s'enlacent, longue étreinte. Avec un gaieté soudaine.) Sais-tu ce que nous allons faire? Nous allons boire du Champagne à la santé du colonel!
MINEKE.
Du Champagne? Mais avec quel argent?
BEREND, sortant de la poche de sa capote une bouteille de Champagne.
Cehii du grand-père, comme toujours. Je l'ai tapé de dix florins, en revenant de la caserne. (Appelant.) Gretje !... Gretjel
GRETJE, apparaissant à la porte de gauche.
Pas si fort, M. Berend, vous allez réveiller votre petite. .
BEREND, bas.
Donne des verres... et prends en un pour toi, tu vas boire avec nous!
GRETJE.
Moi, monsieur ?
Elle prend des verres sur le dressoir et les pose sur la table. Berend débouche la bouteille de Champagne. Il emplit trois verres, en donne un à Mineke et en prend un' autre.
BEREND
Allons, Gretje, prends un verre, toi aussi.