‹ Le réveil, pièce en trois actes, en proseChapitre 108 sur 131 · ACTE II, SCÈNE III 21J · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE III 21J

GÉRARD, survenant, à Vivarce.

Comment! c'était toi qui enjambais l'escalier, quatre à quatre, devant moi?

VIVARCE, faisant bonne contenance.

Oui. J'ai été chassé de chez moi par une crise de névralgie intolérable. J'ai imaginé que je pourrais, sans déranger personne, trouver, dans un placard du corridor, votre pharmacie de campagne...

Je t'ai pris, naturellement, pour Raymond, puisque la pièce d'où je t'ai vu sortir est celle qui donne accès dans les chambres de nos femmes...

RAYMOND

Vivarce!

VIVARCE

J'étais sans lumière... Je me guidais par les échappées, çà et là, des rayons de lune... Je me suis égaré.

2i8 l'énigme

GÉRARD

Pourquoi n'as-tu pas répondu, quand j'ai, dans le silence, appelé à demi- voix?

VIVARCE

Je n'ai pas entendu.

GERARD, élevant le ton.

Alors, pourquoi t'es-tu sauvé en courant?

VIVARCE

J'ai été absurde, j'en conviens. Mais je venais de m'apercevoir, à la fois, que j'avais fait fausse route, et que justement je n'aurais pas dû être où mon erreur m'avait mené.

RAYMOND

Et, au lieu de t'expliquer tout bonnement avec lui, tu as jugé plus à propos de prendre la fuite?

VIVARCE

Je vous répète que les nerfs me font mal, à en grincer des dents : j'étais en mauvaise disposition pour peser telle ou telle convenance. Et,

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