ACTE II, SCÈNE IV
LÉONORE
Mon Dieu ! Ne m'apostrophe pas de la sorte I
GÉRARD
Pourquoi te cachais-tu? Pourquoi es-tu si bouleversée?
LÉONORE
Je ne me cachais pas; j'écoutais. Je n'ai pas fui : je me suis présentée à toi. Je suis bouleversée de ce que j'ai entendu, comme vous l'êtes de ce que vous disiez... J'avais été éveillée par du bruit qui s'élevait de cette pièce. Cela pouvait être des malfaiteurs... le feu... J'ai jeté en hâte un peignoir sur mes épaules. J'ai couru vers ta chambre que tu avais désertée. De plus en plus inquiète, je suis revenue tendre l'oreille par-dessus la rampe de l'escalier. Naturellement, j'ai eu la curiosité de descendre, après avoir reconnu d'abord la voix de Raymond, puis la tienne...
GÉRARD
Et celle de Vivarce?
224 l'énigme
LÉONORE
Oui, aussi celle de Vivarce.
VIVARCE
Je vous dis...
RAYMOND, impérieusement, i Vivarce.
Toi! pas un mot!
GÉRARD
Dès que tu as compris de quoi il s'agissait, qui t'a retenue d'entrer pour protester immédiatement de ton innocence?
LEONORE
Je n'ai pas admis que je fusse accusée.
RAYMOND
Vous l'êtes, pour le moins, autant qu'une autre!
LÉONORE, i Raymond.
Je ne relève que de mon mari. De quel droit m'interpellez-vous ainsi?