ACTE II, SCÈNE VIII
Mais ces choses de honte et de sang, est-ce que j'en aurais plaisanté si j'avais cru à leur existence dans nos parages?
RAYMOND
Quels mots pourras-tu trouver qui ne me semblent pas la mise en pratique de tes théories sur le mensonge? Qu'inventeras-tu pour me soulager? Il faut que tu aies pitié de moi! Je suis loin d'être parfait, je ne me le dissimule pas. J'ai une nature brutale; mais, jusqu'à ce jour, tu
n'as pas eu à en souffrir... (Avec un sanglot dans la voix.)
Tu as toujours rencontré en moi un mari attentif à se surveiller, respectueux, fidèle, aimant.
GISELLE
Mais je te suis fidèle aussi!... Mais, pour que je puisse me défendre librement, sans scrupule d'aucune sorte, attends que nous soyons tous les deux.
LÉO NO RE, à Gérard.
Laissons-les donc!... Et, toi, pareillement, viens m'écouter.
238 l'énigme
GÉRARD
Non! Il n'y aura d'établi, de démontré, que ce qui, à nous quatre, défiera sur-le-champ toute réfutation.
RAYMOND
Certainementî... (a gmuo Laquelle de vous, ce soir, est remontée la dernière?
LÉONORE, à Gérard.
Nous sommes remontées en même temps.
GISELLE, à Raymond.
Que voulais-tu tirer de là?
RAYMOND
Celle qui se serait attardée seule ici Taurait fait, évidemment, pour ôter cette barre.
GISELLE
C'est moi qui l'ai ôtée... J'ai eu le sentiment de manquer d'air. Il n'y a pas de crime, j'imagine, à vouloir respirer.
GÉRARD
La chose grave, en effet, n'est pas d'avoir ou-