‹ Le réveil, pièce en trois actes, en proseChapitre 123 sur 131 · SCÈNE XIII · texte numérisé non relu

SCÈNE XIII

NESTE, VIVARCE. Vivarce apparaît, par la porte du jardin, sur le seuil.

NESTE

Que revenez-vous faire ici?

VIVARCE

Je vous avais suivi. J'ai écouté. Je sais que, pour elle, rien n'est encore perdu, et que le temps d'agir utilement me reste peut-être encore... Chargez-vous de persuader à vos cousins qu'ils se contentent de la satisfaction que je leur apporte : je vais me tuer. ^

NESTE, violemment.

Qu'est-ce que vous dites?... Non! Cela ne

25'o l'énigme

vous est pas permis : ce serait un aveu, ce serait reconnaître qu'il y a faute, et, par conséquent, que vous laissez, derrière vous, une complice!

VIVARCE

Le mal ne peut pas être aggravé. Si vous aviez assisté à mon interrogatoire, vous sauriez que la certitude des deux frères, contre moi, est inébranlable!

NESTE

Vous tuer! Mais, tant qu'on est vivant, il faut s'ingénier, au contraire, à ne pas mourir!... Vous tuer!... C'est un moyen de fou.

VlVARCE

Je n'ai rien de plus sage à faire. Désormais une âpre surveillance enferme la femme que j'aime. La vie sans elle ne m'est rien. Et c'est une double dette que je vais acquitter : car en me sacrifiant pour l'amour de celle qui est ma maîtresse, je me sacrifie aussi à l'honneur de l'autre, qui est mon amie.

NESTE

Est-ce que votre mort peut les tirer d'affaire

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