‹ Le réveil, pièce en trois actes, en proseChapitre 124 sur 131 · ACTE II, SCÈNE XIII 2fl · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE XIII 2fl

aux yeux de ces maris enragés du besoin de savoir?...

VIVARCE

Chaque minute de plus où ils me sentent encore de ce monde augmente l'obsession de leur jalousie physique. Un adoucissement leur viendra, soyez sûr, dès qu'ils ne me sauront plus, en chair et en os, tel que j'étais pour faire ce qu'ils flairent que j'ai fait.

NESTE, accablé.

C'est horrible!

VIVARCE, douloureusement.

Vous ne dites plus que c'est fou !... (Revenant à sa

décision.) Écoutez donc : il faut qu'en dehors des intéressés tout le monde croie à un accident. Voici le soleil levé; le départ en chasse est plausible; je prends un fusil.

(Ses yeux se fixent sur Tarme déposée par Raymond.) NESTE

Mon ami...

VIVARCE

Je ne dépasserai pas la lisière du parc, afin

2f2 l'énigme

que l'on me découvre promptement. L'opinion croira qu'en sautant un fossé j'ai maladroitement fait partir une détente. Vous voyez comme cela s'arrange naturellement. Il ne me reste plus qu'à prendre congé de vous... Monsieur de Neste...

(Il tend au marquis une main que celui-ci laisse tendue dans le vide.)

NESTE

Il y a ici une femme, toute mon âme me le dit, qui a le droit de savoir ce que vous prétendez faire de votre existence.

VIVARCE

Sur votre âme, au contraire, ne risquez pas de suggérer à l'une des deux belles-sœurs la désastreuse idée d'agir contre son piropre salut, par faiblesse pour moi. Attendez qu'il soit trop tard. Alors, mon destin étant accompli, elle ne se devra plus tout entière qu'à elle-même, pour sauver du naufrage ses droits de mère et ses intérêts de femme.

NESTE

Mais, si la nouvelle de votre mort entrait ici

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