‹ Le réveil, pièce en trois actes, en proseChapitre 18 sur 131 · ACTE I, SCÈNE VIII ^f · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE VIII ^f

THÉRÈSE

Je ne suis pas à l'abri d'un vertige. Je suis faillible. Je suis impure. Je suis humaine!... Comme vous qui travaillez à corrompre la femme de votre ami d'enfance, comme vous, je suis pétrie du limon de la terre. Et vous avez le pouvoir de soulever dans mes veines les bourbes de Tins- , tinct. Mais tout ce qu'il y a de meilleur en moi, et de noble, lutte contre vous pour me sauver. Non, je n'irai pas jusqu'au bout du parjure... Non, je ne deviendrai pas, en face de mon mari, l'impardonnable menteuse de tous les jours.

Non, je n'infligerai pas à ma fille ce flétrissant contact de rentrer près d'elle au sortir de votre lit!... C'est pour ces deux êtres que je sens la bonté, l'espri t de sacri fice, intercéder dans mon r 0*^^ âme. Heureusement, ce n'est pas pour vous!... Je vous entends gronder, protester, souffrir peut-être. Mais vous n'atteignez pas jusqu'aux sources véritables de mon abnégation, de ma pitié. Dieu merci! Ce jour-là, vous seriez trop fort!

(Un bruit de voix retentit derrière la porte de droite.^

UN DOMESTIQUE, ouvrant.

Non, monseigneur, le prince Jean n*est pas parti.

JEAN, à Thérèse.

Voici mon père.

LE PRINCE GRÉGOIRE, apparaissant.

Bont Annoncez-moi à la comtesse de Mëgëe.

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