ACTE I, SCÈNE VIII
grand cèdre font, en plein jour, de la nuit, pour les amants. C'est, vous dis-je, l'arbre de la science...
THÉRÈSE
Taisez-vous!... J'ai laissé tomber devant vous l'aveu d'une misérable tentation. Soyez élégant : ne ramassez pas de pareils arguments.
JEAN
Je ne me flatte pas d'être un suppliant délicat ni habile. Mais je vous jure que tout mon courage est usé. J'ai assez langui,.. Laissez-vous fléchir... Venez demain.
THÉRÈSE
Non, non et non! Est-ce clair, cette fois?
JEAN
Ne ne réduisez pas à l'excès du découragement. Promettez-moi qu'un jour vous viendrez.
THÉRÈSE
Jamais!
JEAN
Si vous ne songiez pas à m'appartenir, corn-
ment ne m'avez-vous pas arrêté à ma première déclaration? Il fallait m'envoyer au diable, pour que j'essaie d'y guérir mon mal avant qu'il m'ait ravagé!
THÉRÈSE
Vous laissez, vous, libre carrière à votre nature, vous laissez crier vos sensations. Et vous me dictez, à moi, ce que la raison pure m'aurait commandé!
JEAN
Oui, vous deviez me chasser, le jour où j'ai, par surprise, par attentat, posé mes lèvres sur votre bouche...
THÉRÈSE
Ne rappelez pas cela.
JEAN
Pourquoi m'avoir permis de m'enivrer si longuement de votre souffle? Pourquoi, si ce n'était pas, en cela, vous promettre tout entière? Pourquoi m'avoir rendu mon baiser? Pourquoi?
Pourquoi?