ACTE II, SCÈNE XII IO
née à moi tout entière et à laquelle je veux tout immoler!
LE PRINCE GRÉGOIRE '
Puisque tu te déclares incorrigible, puisque tu marcherais effrontément aux pires déchéances morales et à la dégradation publique, moi je ne reculerais pas à te séquestrer toute ta vie. Au besoin, je te ferais passer pour mort... Et, déjà, celle qui était avec toi a emporté la conviction que tu es tué 1
JEAN
Oh!... vous lui avez persuadé celai... C'est un forfait dont vous me rendrez compte. Mais j'ai d'abord à désabuser votre dupe. Je la rejoins!
(Il court à la porte de gauche.)
LE PRINCE GRÉGOIRE
Tu ne le peux plus. Elle est déjà trop loin. Et toi, tu es en cage.
JEAN
Voulez-vous me rendre la liberté, oui ou non?
LE PRINCE GRÉGOIRE
Cette porte a un geôlier. Ne rengage pas la
lutte : on sait te capturer... (J^^a court vers U fenêtre.)
N'essaie pas d'ameuter par la fenêtre : on sait te faire muet.
JEAN
Je vous parlerai donc en suppliant. Je vous dis, parce que j'en ai la preuve, je vous dis que le plus fort des sentiments chez Thérèse de Mégée était celui de ma préservation. Ce qui lui a fait refouler les derniers scrupules de vertu, c'est l'angoisse que j'aille exposer ma vie. Si maintenant elle envisage que ma mort est consommée, si c'est mon spectre que vous avez lancé sur ses talons, voyez avec moi jusqu'où la porterait l'égarement!
LE PRINCE GRÉGOIRE
J'ai assumé la tâche que tu n'existes plus pour elle. Je l'ai mise hors de ta destinée.
Qu'elle aille son chemin!
JEAN
Oh! vous avez formé un horrible espoir!...