ACTE III, SCÈNE VIII I4I
LA COMTESSE DE MÉGÉE
Depuis un moment.
RAOUL
Elle va nous faire arriver à une heure dont nous n'aurons pas de compliments. J'ai envie d'aller en avant l'excuser.
(Il sonne.)
Que diras-tu?
RAOUL
Je ne mettrai, parbleu I pas la santé de ma femme en cause. J'incriminerai une visite qui ne s'en allait pas.
LA COMTESSE DE MÉGÉE
Parfaitement.
RAOUL, au domestique qui est entré par le fond.
Avertissez chez ma fille que je passe la prendre, et apportez-moi mon pardessus, mes gants, mon chapeau... (Le domestique sort.) Je ne vous cacherai pas, ma chère mère, que la rentrée
de Thérèse, malgré son caractère si angoissant pour moi, m'a donné une sensation d'une douceur inattendue... Et un instant, son regard, un mot d'elle... Ce ne fut qu'un éclair, mais ce fut quelque chose qui n'était plus absent comme d'habitude, quelque chose qui rétablissait un peu de solidarité entre nous.
LA COMTESSE DE MÉGÉE
Mais oui, mon fils. Les nuages passent. Il y aura du soleil encore sur ta vie.
LE DOMESTIQUE, revenant par le fond.
Mademoiselle a répondu qu'elle était prête.
Vous ferez dire à Madame que je vais lui renvoyer la voiture. (Le domesUque sort.) Au Tcvoir, ma mère.
LA COMTESSE DE MÉGÉE
Va, mon enfant.
(Raoul sort par le fond.)