ACTE I, SCÈNE VII I
moments où vous m'inspirez le besoin de prendre l'air.
GÉRARD et RAYMOND, riant.
Ha!... ha!... ha!...
NESTE
Je m'en vais respirer ma bonne amie la nature moderne, telle que le progrès Ta faite... Car, si la civilisation ne doit pas réussir à améliorer les êtres, elle a su, du moins, orner de douceur les choses. D'ici au chalet qui m'héberge, un petit coin fleurit comme par miracle, selon les retouches de Le Nôtre et d'après les indications de Watteau. Les sombres halliers ont disparu, par où jadis hurlaient ici des bandes de loups. Aujourd'hui, une allée de sable fin... des parterres... des vasques d'eau courante, et, venant quelquefois y boire, un petit oiseau à queue preste et à tête bleue... Traverser cela me remettra le cœur! A demain!
VIVARCE
Il est dix heures. Je vais suivre l'exemple du marquis.
200 l'énigme
LÉONORE
Comment! vous aussi, vous nous quittez?
Si l'on vous écoutait toutes les deux, vous feriez durer nos soirées aussi tard qu'à Paris. Ici, le chant du coq doit réveiller notre cousin!... Quant à Vivarce, s'il nous fait l'amitié de préférer notre hospitalité à toute villégiature mondaine, n'est-ce pas convenu que c'est pour sa santé?... Enfin, permettez-moi d'ajouter que, Gérard et moi, nous sommes matineux comme des chasseurs.
NESTE
A quelle heure as-tu l'habitude de te réveiller?
RAYMOND
Entre six et sept heures.
NESTE, à Gérard.
Et toi, de même?
GÉRARD
A peu près, sauf quand, en me couchant, je