Dao. xu
riireot enfin les trois petits vaisseaux du Porte-ChrisI perclus et comme noyés dans l'immensité des ondes : le Héros qui les commandait avec tant de souITrance^ Btd'un cœur si fort, — menacé par ses équipages épou- Tantôs et murmurants, déchiré peut-être par la crainte de ne pouvoir s'en faire obéir, — dut se senlir soudainement retrempé dans sa constance en entendant la voLx céleste qui lui disait au cœur :
« Prends courage, bon Amiral, les hommes qui l'entourent lie sont rien de plus que des flots, mobiles et pleins de rumeurs comme ceux do l'Océan, et le Christ, ton Seigneur, a déterminé que tu commanderais aui flots. Relève-toi et songe aux dormants des lies inconnues. Souviens-toi de ton Message aux peuples capUfs gui t'attendent depuis si longtemps dans les ténèbres. Considère ce qu'ils souffrent et mesure, si tu le pcui, à leur ineffable détresse, la grandeur du Dieu qui fa choisi pour leur servir de père en le si/bsfUiiani à Luimême 1 Leurs Ames sont IcUement obscurcies et coi béos vers l'enfer qu'elles ne savent plus s'il y a un ci Le maître qui les retient sous ses portes maudites, prévaudra-t-il donc à la fin contre l'Église rayonnante do Jésus-GhristT Ces tristes peuples sont, à cette heure, comme une multitude de tombeaux errants dans chacun desquels repose le cadavre de la vérité décédée en attendant le grand jour où tu viendras la ressusciter. Messager du Très-Haut, est-ce que tu vas devenir toimëmo, pardéfailîanco de cœur, un sépulcre silencieux î Lorsque Jésus, Père des pauvres, s'en est allé vers son GlarlQcateur céleste, il a promis qu'il ne laisserait pas ses enfants orphelins et qu'il viendrait à euï. Or, voici quinze siècles qu'il est parti et que les pauvres
<l*entre les plus pauvres attendent leur père. Des milliers de saints ont pleuré pour eux, sans les connaître. La Vierge-Mère a pleuré aussi et ils sont les fils de ses plus grandes larmes. Les astres même de ce beau ciel que tu contemples pour la première fois, ces créatures brillantes et inanimées ont Fair de compatir à tant d'infortune et répandent chaque nuit, sur ces exilés, leurs pAles lueurs qui ressemblent à des larmes de lumière. Conforte-toi, bon serviteur. Si tu allais périr ! toi, leur unique espérance, que deviendraient-ils et que ferait la sainte M^re Église, pour qui tu es cette Colombe unique Bt choisie dont il est parlé dans le Cantique d'amour (1) ? »
Et maintenant que la Voix intérieure s'est fait entendre à cet apôtre et pendant qu'elle vibre encore dans nos cœurs, malgré Tépaisseur des siècles, demandons-nous quel pourrait bien être le vrai titre et le vrai n(»n de l'homme incomparable que l'Église veut honorer, le vocable liturgique de sa vraie gloire. Il me semble qu'il n^ a que le mot de Père et je frissonne en écrivant ce Nom divin. Immédiatement après le pêcheur galiléen qu'on appelle le Père commun des fidèles, quel homme fait de terre eut Jamais tant d'enfants et une aussi prodigieuse dilatation du sentiment paternel (2). Christophe Colomb fut véritablement le père
1. Una est eolumba mea« perfeota mea, uaa est matris soœ, electa genitrici suœ. — Cant. YI, 8.
2. Lon du baptême des sept Indiens amenés par Colomb à Barcelone au reionr de son premier voyage, le Roi, l'infant don Juan et les premiers personnages de la cour furent les parrains des catéchumènes. Quant à Christophe Colomb, étant comme le père de tous les Indiens, il ne fut parrain d'aucun d*eux ; car dans l'Ëgiise catholique le père ne peut servir de parrain à son 'fils. {Hist. de Christ. Colomb^ par le Comte Roselly de Lorgnes. L. I«', ch. xi.)
88 LB RÉVÈLATKt:
des peuples sans nombre qu'il alla chercher lui-même, comme un Irès diligent Pasteur, dans le fond de cet Occident redoutable que l'ignorance de son siècle supposait ténébreux et barré par le monstreus fourmillement de l'Abîme.
Sainl Patrice, l'apôtre de la verte Irlande, entendait dit-on, les cris des enfants dans le sein de leurs mères qui l'appelaient en Hibernie. Pendant les terribles dixhuit annt^es précédèrent son premier voyage aux e Colomb porta dans son âme l'énon; moitié du genr^ humain dont lui sei" I et qu'il voulait donner i.
Jéfius-ChrisI profondément lo père de ces infortunt e habit de Saint-l-^ançois et le porta ■ îqu'à samort. EnQn, lorsqu'il eut ép [ePôre des pères lui avait laissé de lie . ! son calice d'agonie, lorsqu'il eut bien vu le massacre de ceux qu'il avait tirés de i, — sa destinée terrestre se trouvant soudamement accomplie, — celle incomparable Ressemblance de s'enfonça dans la mort sans faire plus de bruit g atome qui croulerait du haut d'une ruine dans le dési t...
Ne fallait- i! pas l'immense >itîé et l'immense misère humaine d'une telle mort pour que celte divine artiste qu'on nomme l'Égllsepùt nous proposer, à quatre cents ans de distance — comme la saisissante image du Père des miséricordes — une physionomie de saint aussi majestueuse, aussi labourée et dévastée par la souffrance, aussi ruisselante des crachats de la calomnie, sans épouvante ni scandale pour le féroce etslupide égolsme de nos mœurs chrétiennes T
La Colombe de Noé envoyée trois fois sur la terre après le Déluge par ce saint Patriarche, à la troisième, « ne revint plus vers lui », dit le Saint Livre^ dans son divin langage mystérieux. Cette Colombe figure sym* bolique de TEsprit du Seigneur qui parle aux hommes par les prophètes^ descendit de • TÂrche vers la pauvre planète en deuil que Tefitrayant Repentir du Créateur avait submergée des eaux de. sa colère, comme le Roi pénitent devait un jour anpser et laver so7i lit de l'abondanoe de ses larmes. .Cette Visitation de la terre par roiseau mystique n'est-elle, pas une image sensible de la Parole écrite visitant les hommes dans le demi-jour crépusculaire de la loi d*attente ? En vue de cet unique chef-d'œuvre qui s'appelle rincamation, la Sagesse étemelle s'est ineffablen^nt rapetissée pendant quatre mille ans dans la langue humaine. Cette langue ainsi divinisée a été posée dans la bouche des prophètes, « comme un glaive acéré et comme une flèche choisie »« pour percer tous les cœurs et pour traverser tous les siècles. La langue morte de l'honune est devenue, par on miracle de résurrection, la Parole vivante de Dieu et
a été restituée dans cette forme nouvelle aux ouvriers errants et découragés de Fantique Babel. Pendant que ces exilés bruissaient en confusion par toute la terre où se multipliaient les balbutiements de leur démence. Dieu seul parlait pour Funiversalité des peuples et des temps...
Il vint un jour, il vint une heure attendue par soixante-dix générations et providentiellement marquée dans le milieu des siècles, où cette Parole assumant enfin la chair passible des enfants d*Adam se rendit manifeste à toutes les nations et descendit redemander elle-même son troupeau^ conime Ézéchiel Tavait annoncé. C'est alors que le Rédempteur, impatient de mourir et ne devant exercer que peu de temps son ministère de suprême Pasteur, se choisit des coadjuteurs apostoliques pour l'exercer après lui quand il serait retourné v^rs son Père. Et pour les confirmer eux-mêmes dans la foi, il mit au'^essus d'eux et investit du sublime Pontificat un homme exceptionnellement prédestiné dont le Nom, plein de mystère {Bar^ jona) rappelait cette Colombe du Patriarche qui devait reposer à jamais sur sa tête et sur celle de ses successeurs.
La grandiose scène évangélique et les parcdes sa-' crées du Maître par lesquelles le premier de tous les Papes reçut le pouvoir des clefs et llnvestîture dé* rautorité souveraine sont connues de l'univers. Depuis dix-neuf siècles, TÉglise-Mère enseigne et chante tour à tour à ses plus ignorants enfants les sublimes protestations de l'amour de Pierre, son Reniement suivi (le si grandes larmes, ses immenses travaux apostoliques chez les Juifs et chez les Gentils, sa prison et
le miracle de sa délivrance au milieu de tant d'autres miracles, enfin son magnifique crucifiement symbolique, la Tête en bas, comme pour signifier Tenracine^ ment dans la terre de la Doctrine du Prince des prêtres de la loi nouvelle, tandis que les Pieds portés vers le ciel font un expressif commentaire au Sequere me
de l'Évangile.
Saint Pierre avait gouverné successivement TÉ^lise de Jérusalem et celle d'Ântioche où les fidèles prirent pour la première fois le nom de Chrétiens, lorsque la deuxième année du règne de Glande, la sept cent quatre-vingt-quinzième de la fondation de Rome et la quarante-deuxième de Tère vulgaire, il vint, par ordre du Seigneur, se fixer à Rome. L'immense empire de fer, prédit par Daniel, semblait avoir brisé et dompté toutes choses sur terre, suivant le texte de ce prophète. Le temps était venu de cette pierre mystérieuse qui^ se détachant d'elle-même de la montagne, viendiait mettre en pièces les pieds fragiles du colosse. C'est pourquoi le Prince des Apôtres s'élança d'Orient en Ocddeni, apportant dans ses mains le candélabre de la vraie foi et. dans ses veines de, futur martyr, la semence pourprée du Catholicisme. Le Paganisme était alors altier et obscur comme les nuées de son Olympe, et l'Esclave antique, désespérant, comme Pilate, de la vérité» se roulait avec fureur dans toutes les fanges de la superstition et de l'impudicité. Des centaines de peuples suaient leur agonie et, dans un découragement surnaturel, s'étendaient aui pieds de granit ou d'airain des Molochs et des Cynocéphales. Il ne se pouvait pas qu'une si grande multitude de créatures humaines fussent livrées et abandonnées sans secours à une
aussi terrible déflguration de l'Image de Dieu! ... A ce moraenl, Simon-Pierre, le Galiléen de Uethzaïàe et de Capharnaûni, de pécheur de poissons devenu pécheur d'hommes, jette son Blet sur le monde et renouvelle la pioche miraculeuse, accomplissant ainsi pou* ]6su8-Chrisl la magnifique Unité de cette Cité romain ^ que la Louve d"airain avait allaitée huit cents ans pou-"^ le ventre de ses Césars. De Rome, il gouverne l'Églis^
1 Italie, dans les Gaul& "^ que. Il fait deux fois 1^^
it le flnraheau partout ■■
ant les faibles et ne ces- — " ;s larmes de sa pônilenc^^ . Enfin, sous le règne d^^ l'Égiise, on arrête comm^^ pies de Celui qui avait^ par toute la terre » ; le^ erre et Paul, prôfigurést- ;S d'un travail si pur qui- Temple (1), sont enfermée us la prison Mamertine^ juin de l'an de grâce 67^' ime du martyre, l'un par—" umicuse croix des esclaves^ Telle l'histoire de Pierre, telle l'histoire entière de la^ Papauté. Tous les papes sont Barjona. c'esi-à-dire (ils de la Cahmhe qui les inspire et par laquelle ils sont véritablement Vicaires de Celui qui voulut être reconnu Fils de Dieu dans la vertu de ce signe. Tous les papes sont ce Pasteur suprême et indéfectible par qui -
naissante en A et Jusque sot voyage de Je résistant auxsi sanl de répand qui coulèrent t Néron, prcmiev incendiaires de déclaré vouloir deux plus grand.-!
naguère par ces d décoraient le portique ensemble durant neuf iti au pied du Ci ils reçoivent tou!
le glaive, l'autre par 1
les autres sont confirmés et en dehors de qui ils ne sont pas même des fantômes de pasteurs. Tous sont pêcheurs d'hommes et pécheurs miraculeux. Tous pleurent le Reniement fameux par lequel ils sont avertis de la fragilité du tabernacle humain sur le plus élevé des trônes. Tous enfin sont crucifiés en une manière spirituelle correspondante au crucifiement de Pierre qui ne trouva pas que la Croix duMattre fût assez infâme pour le serviteur et qui inventa de la retourner afin que ses successeurs, humiliés et souffrants en lui, ne pussent jamais s'interrompre de regarder du côté du ciel !
Tout le inonde connaît, surtout en Italie, le fait déjà légendaire de la Colombe de Pie IX. Ce fait, accueilli par un assez grand nombre d*âmes enthousiastes comme une sorte de miracle, mérite d'être rappelé parce qu'il exprime assez distinctement la beauté et la force persistantes d'une des formes les plus antiques du symbolisme chrétien.
Au mois de juin 1846, Grégoire XVI venant de' mourir, le cardinal Mastaï Ferretti, alors archevêque d'imola et Pape quinze jours plus tard, se rendait & Rome pour le Conclave. « En traversant Fossombrone, petite ville des Marches, la voiture, arrêtée pendant quelques instants, fut naturellement environnée par la foule. Un prince de l'Église est toujours un spectacle, et surtout en un moment de vacance du Saint-Siège, où tout cardinal peut être élu Pape. Tout h coup, descendant du haut des airs, une colombe blanche vient se poser sur la voiture. La foule bat des mains et pousse & Fenvi l'expressive acclamation familière au peuple des États pontificaux : € Evvival Evviva i » Mais comme les cris n'effrayent point la colombe, la pensée vient aux specta-
leurs que cette apparition est un présage. Quelquesruns "peut-ôtre se rappellent ce futur roi de Rome, Tarquin rAncien, sur lequel un aigle se posa au moment où, pour la première fois, il se rendait dans la ville éte^ nelle ; d^autres songent au Pape Saint Fabien, qu une colombe avait désigné de même aux suffrages du peuple et des évêques, et les acclamations redoublent : « Evviva I Evviva 1 Voilà le Pape 1 » On prend un long roseau comme il en pousse au bord des fossés en Italie, et Ton frappe doucement Toiseàu ; il s'envole, mais il revient, reprend sa place sur la voiture et y demeure immobile. Alors Tenthousiasme est au comble: € Oui> voilà le Pape 1 le Pape de la colombe I » On les suivit en courant jusqu'aux portes de la ville. Là, seulement, Toiseau reprit son vol et alla se reposer sur b porte même de la prison, où étaient détenus plusieurs .condamnés politiques (1).»
De quelque manière qu'il plaise à la critique d'accueillir cette anecdote et môme en la supposant apocryphe, elle n'en n'est pas moins conflrmative de TopinioD universellement accréditée que les papes sont, en une manière, élus et couvés par l'oiseau baptismal qui symbolise évangéliquement la Troisième Personne divine. Quant à Pie IX, deux cent soixantième successeur de Pierre, — le seul qui ait dépassé les vingt-cinq années de l'épiscopat romain du Prince des Apôtres, contrairement à une tradition consacrée jusqu'à un certain point par la liturgie elle-même dans la cérémonie du couronnement des papes, — son règne a été marqué de tels signes exceptionnels qu'il n'est pas possible de s'étonner
1. Villefranche. — Pie IX, sa vitf, son histoire, son Hèi^ p. 20 et 21.
HISTORIQUE DE LA CAl'SB 45
de rexceptionnelle prédilection de ce fils de la Colombe pour Christophe Colomb.
L'hiérophante Fourier a donné cette formule abréviative de la solidarité humaine : « Les attractions sont proportionnelles aux destinées. » C*est une des plus fortes paroles de ce temps éolîen si plein de paroles vaines et il a plu h Dieu que cette parole fût proférée par une bouche qui pourrait être nommée le plus démesuré vomitorium de l'erreur humaine au dixneuvième siècle.
La destinée de Colomb et la destinée de Pie IX se rencontrent et se pénètrent dans le mystère d'une surnaturelle exception. Colomb révèle la sphéricité du monde terrestre sous les pieds de Jésus-Christ et de sa Mère ; Pie IX, par la définition cathédrale des deux grands dogmes manquant encore & la transcendante harmonie de renseignement théologique, a fermé ce glorieux cercle de lumière qui enveloppe les intelligences humaines en exil, — semblable & l'anneau splendide de cette planète du silence et delà mélancolie qui roule si prodigieusement loin de nous, dans le fond du ciel!
« J'ai d'autres brebis qui ne sont point de ce troupeau^ dit le bon Pasteur, et il faut me les 'amener pour qu'elles entendent ma voix et qu'il y ait un seul troupeau et un seul pasteur. » Il est évident que ces deux immenses prédestinés, Christophe Colomb et Pie IX, furent suscités, & trois cents ans de distance, en vue de préparer et de rendre tout à fait prochaine cette sainte et merveilleuse Unité que l'Écriture appelle le « désir des collines étemelles ». Le premier détruisit & jamais la barrière qui divisait le troupeau et le second, de sa main lumineuse et paternelle qui répandait le sang du Fils
46 LB RBYÉLATBUR DU OLOBB
de Dieu sur les naUons, désigna infailliblement, pour tous les siècles à venir, la vraie place et le vrai nom de TuDique Pasteur.
^intervention de Tidée de Providence; dans Texamoi des faits historiques^ a pour ef[et ordinaire sur Tesprit humain Tabolition et Tabsence immédiate de la notion du temps. Dans le plan des desseins éternels, tous les hommes sont contemporains. Pie IX et Christophe Colomb correspondent sympathiquement Tun à Tautre suivant une loi spirituelle identique à la loi physique d*atr traction des mondes. On a remarqué que Pie IX qui croyait à la sainteté de Colomb et qui fut le promoteur de cette cause inouïe est le seul de tous les papes qui ait visité le continent américain. Lorsque Tabbé Mastal, encore simple prêtre, accompagna au Chili le nonce envoyé par Pie VII pour rétablir les affaires ecclésiastiques dans cette contrée lointaine, le futur pape dut sentir naître en lui ce merveilleux appétit de la gloire divine par lequel le plus audacieux des enfants de rÉglise avait autrefois déroulé toute la terre comme un tapis de royaumes sous les pieds du Rédempteur. Pendant deux ans, il visita les missions du Chili, du Pérou et de la Colombie, au prix de grandes fatigues et même de grands dangers, réalisant ainsi une nouvelle sorte d'apprentissage de cette Papauté toujours grandissante que rin venteur du Nouveau Monde a rendue semblable à un colosse Rhodien de la Paternité^ appuyé sur les deux hémisphères.
Le Comte Roselly de Lorgnes demande « quel est le saint canonisé qui, avant Christophe Colomb, a pressenti le dogme de Tlmmaculée Conception et ordonné de construire une église en son honneur ». 11 serait
évidemmeDt bien inutile de chercher à faire comprendre aux hommes de mauvaise volonté l'importance infinie de cette Définition qui suffirait à' elle seule à la gloire dé TÉglise et de tous ses papes^ en supposant que la sagesse de tous ses conciles et l'inspiration de tous ses docteurs n'eussent jamais été capables de produire que cet unique suffrage de vérité et d'amour ! Pour ce qui est de l'autre dogme qui a tant agité l'orgueil contemporain et fait remonter tant de bourbe originelle tiu ras des cœurs, il y aurait une sorte de dérision à écrire que le Serviteur de Dieu l'a simplement pressenti, lui qui ne compta Jamais que sur Rome pour être compris et pour être confirmé. Dans la célë* bre affaire de la Ligne de Démarcation où la paix de la chrétienté et l'avenir du monde étaient en question et qui fut l'occasion d'un des plus grands miracles de l'histoire, Christophe Colomb ne voulut d'autre arbitre que le Saint-Siège, alors occupé par ce même Pape dont le nom seul a le privilège de faire écumer et piaffer d'indignation le vertueux troupeau des onagres apocalyptiques de la libre pensée et de la libre histoire. Rome, à son tour, par la bouche de ce Pontife, dont la mémoire n'est nullement en horreur à la sainte Église, adopta spontanément les conclusions du Navigateur et lui donna pleine créance en des choses inouïes, invérifiables et d'une conséquence infinie ; renvoyant ainsi à ce Messager 4u Christ, par une exception sans exemple, l'honneur presque divin d'un arbitrage qui était son privilège absolu et sa réserve sacrée (1). Il n'y eut certainement jamais aucun saint aux yeux
(^ TiU i^Amn ^ <^ pUx» îïMiiihfErfiimiMBiL riiui^
'Yiut ^ir -^ite ^iii^^'à ift mort. âo. mBncaiiSDa& Hâsset a^. ym mtm dto«e ^ne rodyaaée <ie ggdat miif 'iCiiK 4f^\\yeisusui^ rpsi ]/^taii Uat Rsaemlliar à Bmt PsbL^A ^m^ di^twp^ 4e son premier loiva^ dft déaMcvertes 4^ ^ri»m->r% 4émardK fini de fnnffeiUrr aox Ecsë» Ctfho- ^i/p)^ ^ îmi^ hMDmage an Sainl-Sise 4b tccres non- P^y^ et 4^q^b»' tt bénéffictiûii sur ceUe csiRprise ^1^ nM bnile ^ protégerait ses eonqiiMes. EL fl fïit ^^^i U>v)t te n^ de âa fie, aoa admirdtile esur tenda 0^^ R//me et n'ajant jamaU po eonâdèier rE^agne, 4/^Mrj^ iii ^rrande par loi, que eomme la plos piccure ^^^ patrie in$^Utà et peai élie m^ne oonuM lepis- All^ d^ 1^ ïtih^neorde de Diea l
Pour toutes ces raisons et pour un assez grand nombres d'autres qui se déduisent aisément de Fhistoire, il est clair que le Pape de la Colombe devait aller naturellement à cette Colombe, Sans être précisément un millénaire, il est permis de croire au triomphe futur de cet Esprit d'amour dont la colombe est le signe, que rÉglise appelle sans cesse et qui doit nous enseigner toute vérité, au témoignage de Notre-Seigneur dans rÉvangile de saint Jean. Christophe Colomb et Pie IX semblent appartenir plus spécialement que d'autres à cet accomplissement imminent du règne de Dieu parmi les hommes. Aussi Tintronisation de ce grand pape a-t-elle été le point de départ du mouvement de l'opinion catholique en faveur de Colomb. L'esprit qui souffle où il veut a passé sur ce roseau irrémédiablement brisé, sur ce flambeau qui ne fumait même plus, et, tout à coup, le nom devenu presque banal de Christophe Colomb à pris un sens nouveau et s'est mis à resplendir comme un météore.
Voici le résumé très rapide du progrès de cette réhabilitation.
Depuis laniièe 184tî, dale de l'élévation de Pie IX i la Chaire de saint Pierre, un nombre incroyable de publications ot d'œuvres d'art de toutes sortes, relatives h Colomb (1), attestaient dans les diverses parties du monde chrétien une subite et singulière préoccupation* de la conscience universelle, lorsqu'on 1856, ia première liistoire complète du héros chrétien, rédigée par ordre du Souverain Pontife, fui éditée à Paris et précisa
juestion hagio^aphique, : sous la réserve absolue torilô religieuse, tre fit dans noire société on pouvait altenàre d'une catholique. La renommée laissante se répandit par ? génois avait divulgué la ibe surniiturel qui venait cette figure douloureuse el Krandioiio. émergeant d'une obscurité de quatre siècles à la voix du Paaleur des es. Les cœurs fidèles qui it et combien il importe i I élus, exultèrent k celte jnnaltre la vraie vie el la ■ de l'Amérique dans l'unique récit catholique qui en ait été fait. Néanmoins, IcDuvro du Comte Hoselly de Lorgnes, Agée de plus d'un quart de siècle, est encore trop peu connue.
Le seul peut-être de tous les écrivains catholiques qui ait quelque crédit dans le camp des Philistins dels Libre Pensée, l'éclatant romancier-critique Jules Bar-
d'uuo mani sans loulcfu de rinfaillil Je le dist peu (^royo publication dcijclto glob le monde di grandeur. On illuminer sonda
savent ce que c'est Dieu d'être gl( nouvelle et vouli vraie mission de l'Invei