‹ Le révélateur du globe: Christophe Colomb et sa béatification futureChapitre 33 sur 85 · La Fioncc Xoifvellc^ 10 octobre 1S · texte numérisé non relu

La Fioncc Xoifvellc^ 10 octobre 1S

OUSTACLES A l'introduction DE LA CAUSE 2O0

acharnés de Celui qui a eu la gloire de donner un monde nouveau à TÉg-lise de Jésus-Christ (1) I »

On le voit, par cette longue citation, l'abbé Sanguineti a quelque sujet d'être content de son personnage. L'Archidiocèse fait silence à son aspect, comme la terre à l'aspect d'Alexandre, et le plus infortuné des Archevêques subsiste devant lui comme s'il ne subsistait pas. Supérieur à toute Vérité, plus grand que la Justice et plus fort que le Destin, infaillible devant les hommes et impeccable devant Dieu, cet invraisemblable chanoine, dont les pieds daignent encore fouler la terre, s'avance majestueusement contre l'Église et contre Pie IX. Il semble dire avec notre communard Vallès : « Le règne infâme de la justice a trop duré ; il est temps enfin que les bons tremblent et que les méchants se rassurent. »

Désapprouvé par presque tous les Évoques de l'univers, implicitement condamné parle brefdu Saint Père, en horreur aux âmes généreuses et fidèles, setd comme le Diable, dans son enfer d'académiciens et de démagogues, il a cependant le triomphe de retarder l'Honneur de Jésus-Christ et, dans cette lutte incroyable, c'est encore lui qui a l'air d'être le plus fort. A la vérité, il n'y a pas lieu d'espérer que l'empire de la terre prédit

1. Lettre de S. Em. le Cardinal Donaet, reproduite à Bologne dans YAncora du 28 décembre 1877. Qu'on se rappelle les effrayantes paroles de Massillon : « Le sel même de la terre s'est afTadi ; les lampes de Jacob se sont éteintes; les pierres du sanctuaire se traînent indignement dans la boue des places publiques et le prêtre est devenu semblable au peuple. Dieu ! est-ce donc là votre Eglise et l'assemblée des saints 1 Est-ce là cet héritage si chéri, cette vigne bien-aimée, Tobjet de vos soins et de vos tendresses? et qu'oirait de plus coupable à vos yeux Jérusalem, lorsque vous la frappâtes d'une malédiction éternelle ? » (Sernwn sur le petit nombre des élus.)

\.\: iiLVKiATKi 11 in (ii.iiii::

aux Doux (lovî(»nno un jour son parfapo, niai.seii altoc (lîuil ciu'il ravisse 1(5 ciel promis aux Viulenls, il irâivîsiblciuenl sur (îi>iios qui est à priiie une terre et qui. sous un h'I ri'b'ime, ne deviendra sans doulf jamaM»

Dans des jcKU's antiques et glorieux, la vîUedoGêne*. dominai rice des mers ot rivale de la i>uissanl«' Wiiiy? avait à sa l<Medes Doria et des Spînola, îles Firsohio' des <jrimaldi. Alors, on faisait tout Irejnbler. Lr piu? grand de ces hommes, André Doria, surnr»niuié le KolaurahMir et le Léffislateur de sa palrio, fut un iii-iii:: redoutable à la France môme. Sous de lids riloveiir.i modiu'ne Carlhag»» pouvait croire qu'elle allait a:;\ astres. Klle allail simplement à TinviiuMble Sani:iiinv' qui remplace pour Tinstant les Doria et les Spinol.i. !'doges populaires et les doges arîstocralîques. et»ju. réunit sur >a seule lêt(^ de chanoine mîtré les pnavi.'ir? antiques (VA/j/jr du pcujtlr v{ (\i\Cfipiffiinr dr IuJih'r.-,

Les aiinah'S de (iènes n'étaient pas assez i:lurie::?'> Lorsqnr crtte formidable Uépublique sans terrilMi;- im" lait lesSarF'asins et les Maures, humiliait Venise el * "' Irebalançail en Italie l'iniernale douiiijaliun dl.'^'^i^Yédérir; alors même qu'elle se déchirait ses pp'jin* enlrailh's dans les terribles discordes classiques riî- (IneliVs rl des (iib«'hns, elh* se souvenait encore «lii^caire de .Ît'sus-Chrisl «'l le secourait, dit Ihisloiri'. ''• son ;irK(*nl rt d(» ses vaisseaux. Tout cela est bien rh:-gé mainli'nanl. (ii>nes na plus besoin d'être Qdèle H ■" ''urenrs écrivassîéres de son adoré chanoine sulïïs»'.'! î-.j gloires La patrir de sainte Calherine \\i\ pas plu-î'' soin désormais de l'autorité du Souverain Ponlifcp t'e la sainteté de Christophe Colomb. Le chanoine 'li •

OBSTACLES A l'iNTROUUCTIOX DE lA CKUSE 211

laleiir a parlé et c'est beaucoup plus que ne pouvaient espérer de simples hommes nés de la poussière et destinés à y retourner. Son infaillibilité et sa sainteté personnelle répondent à tout, suppléent à tout, éclairent tout. S'il lui plaît de jeter au tombereau des immondices populaires la mémoire vénérée du plus ^andet du plus chaste de tous ses flls, la Ville de marbre le trouvera très bon et balbutiera peut-être en tremblant quelle n'en est pas digne. C'est une très grande faveur qu'il daigne accorder et il n'y a pas mieux à faire que de baiser humblement la trace lumineuse de ses pas. S'il importe à sa vanité de cuistre blessé d'immoler jusqu'à l'honneur de tout un peuple chrétien et de noyer dans une honte immortelle sa propre patrie, il en est bien le maître et les anciens héros ne se lèveront certes pas de leur tombe pour châtier le profanateur.

Heureuse et flore cité î Combien cela eA beau ! combien cela est enivrant et qu'un tel spectacle est bien fait pour nous reposer le cœur des abjections de la Libre Pensée et des platitudes démagogiques de ce Iâ^:he siècle révolu tiouFiaire 1

J'ai promis de montrer quelque chose des inconcevables façons polémiques du chanoine pamphlétaire. 11 est dirficile, je ne le dissimule pas, de concilier l'exactitude d'un pareil examen avec le sentiment d un profond respect pour la persoime de Tauteur. On est prié de croire qu'il ne s'agit point d'une fadeur d'amour. Il faut dire sans cesse : je déteste un peu, je hais beaucoup, je maudis passionnément, je n'aime pas du tout. Et quand Talmable fleurette littéraire aura perdu son dernier pétale, nous trouverons un affreux insecte dans le milieu de la corolle.

Les intelligences les plus rudimentaîrcs comprendront que ce petit jeu n a rien d'innocent. Mais il peut nous édifier, nous autres Français, sur la véritable portée d'une querelle bien ridicule, il est vrai, mais où notre honneur est assez directement întéress*'* pour qu'on s'étonne en Italie, et même ailleurs, d'y surprendre notre indifférence ou de nous la voir i^niorer.

Le Comte Roselly de Lorgnes fermait rinlroductioii de sa magnifique histoin? de Christophe Colomb par le mot de Joseph de Maistre : ♦ I^a vérité a besoin de la

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France. » Il paraît que ce mot indigne exlrômemenl Kabbé Saiigiiinoti. Voici ses propres paroles : « Coniiaissanl les erreurs et les maux qui nous sont venude la Kraucc, nous (lirons sur nos deux pieds :1 que de Maislrc aurait mieux parlé s'il eût dit que la France a besoin de la vérité. » Cette boutade chorégraphique qui n'annonce assurément pas des vu».*s très cuncilianles m'a fort surpris. N'étant pas italler (»l ne connaissant pas la mystérieuse vertu de ceU» locution pleine d'élégance, je me suis souvenu «IV bord de ces paroles de l'Ksprit Saint : « Combien ii> sont b(»aux, les pieds deceuv qui annoncent l'Évangile de paix, de ceux qui annoncent les vrais biens 2 1 » Puis, ce souvenir biblique ne se raccordant pa> â rinipn»ssion violente que le reste du discours faiiai; sentir à mon Ame, jo compris que ce n'était pas cela qu'il lallait entcMidre. Alors, repassant dans ma mémoire toutes les diverses sortes de pieds que je pouvais uNoir aperçus ou imaginés dans la Iréquentalion des hommes ou dans mes propres rêves, cherchant à péntlre' le sens pn^fondémenl caché de cetlp tigure.je ne tr^rJa". pas à désespérer (Texlrairo jamais de mon esprit ui;oxplicalion qui me consol«\l. Que lesOKdipes littéraire* en décidenl. Mais je pense que l'abbé sera \^ sage (W n(» plus se laisser emporter h ce point par sa (laFih'sque imagination. C'est d'un fort mauvais augun^ d'inv<»quer ainsi le témoignage de ses pio«l* quand (Hi dit du mal de la France et qu'on a ralnlelu

1. <( hiromnïo su iluc i)ie(U cho nu'Lrlio avrebbo detto il de M:;;*:r* s».* av<».^s<' dctio c\\r la rnuicia liabisojrno d«U.'i vorita. ^» SxNt.riN:-'- Di ifna mdnva Storia di Christofttro Cotombo^ etc., p. 2M.

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