‹ Le révélateur du globe: Christophe Colomb et sa béatification futureChapitre 39 sur 85 · Ceci l'ut (•crit il y a quin/o ans · texte numérisé non relu

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OBSTACLES A l/lNTRODrCTION DE LA CAISK 253

Cette jolie note d'histoîro littéraire pourra sans doute être citée longtemps, car M. de Pontmartin a Tair d'être éternel. Il n'est pas encore académicien et c'est une des anomalies les plus étonnantes de ce siècle. Impuissance totale de l'esprit, éclectisme politique, religiosité douceâtre et clair-obscure, frigidité littéraire à faire éclater le marbre, il a tout pour plaire aux Troglodites quadragésimaux de l'immortalité officielle. Il tt'y a pas en lui la plus petite tache de poésie ou de générosité intellectuelle. Pourquoi donc le font-ils si longtemps attendre ?

L'héroïsme, de quelque nature qu'il soit, étant l'objet spécial de la répugnance de M. de Pontmartin, il se devait dem fois à lui-même de ne pas laisser sans outrages un livre tel que le Christophe Colomb, puisque ce livre est en même temps, l'histoire d'un héros et un vrai chefd'œuvre. La prudente niaiserie de certains esprits sans grandeur, dont il est le Calchas folâtre et pour lequel il ouvre les entrailles de ses victimes hebdomadaires, a Men raison de compter sur le zèle clairvoyant de ce champion. Il ne leur offrira jamais que des holocaustes d'agréable odeur, c'est-à-dire tout ce qui aura magnifl- ^nce et virilité (1). Aussi, a-t-il renouvelé, à diverses

I. M. Barbey d'AureviUy, par exemple, cinquante fois insulté. Il s>t peut^tre juste de remarquer que M. de Pontmartin, en outre de *^ instincts et de ses consignes, a de très grosses injures à venger. ''* Barbey d*Aurevilly n'a jamais pu l'apercevoir. L'auteur des ^^^'^phètes du Passéj critique lui-même, mais d*une autre race, a ^^il conformé de telle sorte qu'il ne peut voir que les objets colorés ^ ^ui tiennent beaucoup de place. Ce roseau devait nécessairement *** échapper. Une seule fois, il y a quelque vingt ans, dans le Ré- '^'ï M. d'Aurevilly laissa miséricordieusement tomber sur cet impondérable une gouttelette de mépris qui le tira du néant pendant ^ne heure. « M. de Pontmartin, disait-il, mixte négatif, qui n'est P*« tout à fait Gustave Planche et qui n'est pas tout à fait Janin,

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reprises et chaque fois que Toccasion s en est offerte, sur le livro du Comte Roselly de Lorgues, le mèaie geste (le luassacre, heureusement inoffeDsif.

Je me suis vu forcé de relever cette petite chose laide, à cause de Timportance miraculeuse accordée à ce journaliste dans de certains milieux chrétiens. 11 est une des bouches les plus oraculaires de la frivolité malveillante et cette manière d'ôlre le rendrait très dipie d'admirer le chanoine Sanguineti, si ce dernier n avait pt rinfortune de lui ôtrc tout à fait inconnu. N■exL*l^ t-il pas» en effet, d'évidentes afnnités spirituelles entre la Ckilomnie et la Frivolité, surtout quand la Frivulitê est froide otsénilef...

Le vigilant chanoine avait pensé h beaucoup df choses, mais il n'avait pas pensé au « grotesque >. E n'avait pas dit que l'histoire de Christophe Colomb ffl un livre grotesque. Il fallait M. de Pontniartin poo: dire cola, quelque stupéfiant qu'il puisse paraître qtf telle ou telle chose soit jugée grotesque par Ini. Au fond, ce qui paraît grotesque à M. de Pontniartir. c'est, surtout, la personne môme de Christophe Colora]'. Il y îi là un fait de contradiction isolée, moins liruyan:

compost' de deux choses qui sont deux reflets : un peu de tv^^ n'est qu'une nuance et beaucoup de gris qui est à peine iinec* leur... » Et ce fut tout, pour jamais. M. de Pontmartin, un ia*Wport/>dansla main et jusque sous les yeux de ce gigantesque eDiotC* logiste qui avait eu la curiosité de savoir queUe sorte d'iDsect« cà pouvait bien être, retomba dans l'inexistence. De loin en lois, il?^ duit d'extraordinaires efforts pour en sortir. 11 sifflotte au taioa >* hommes pour qu'on le ramasse encore une fois. «^ Battez-moi. x^ parlez do moi î « 'IVlle est l'humble prière exprimée dans «os if^ nier f(Miill»'ton ^ur h; grand écrivain qu'il voudrait imp*urtT Prièro v;iiiir» ! M. Harbey d'Aurevilly n'y touche pas et co.itiaii^*^ route luniineu>*e, sans ménR» prendre garde à ces inoflensit s §xir^^ ments d«* reptile.

is doute^ mais incomparablement plus ahurissant 3 tous les pamphlets génois. Assurément, on doit ir un compte équitable et miséricordieux de Tindi-

ice laborieuse d'un feuilletoniste condamné à sou-

ir éternellement sa réputation de délicieux critique; is, que Fauteur des Contes ffun Planteur de choux, nne se poser en face de ce Planteur de Croix qui fut mplificateur de la Création, et qu'il lui dise : c Tu es

grotesque ! » c'est un de ces traits de la vieille farce l)olique au delà desquels il n'y a plus que le silence me stupéfaction immobile et glacée comme les eflis des sépulcres ! ! I

^h bien ! ce ruineux vieillard, qui semble avoir été s sur la grande route des écrivains du xix* siècle, urne un redoutable avertissement de leurs fins dorures, est quelque chose d'imposant, — je suis forcé

le répéter, tant c'est inoui, — dans un monde qui 5se pour élevé et il a un crédit d'homme d'esprit qui permet pas, par malheur, qu'on se taise absolument r son compte. Il est le mandataire implicite d'un ind nombre d'esprits lâches ou venimeux dont il orographie la pensée et qui, secrètement, exultent de voir si bien compris. Il est le porte-voix d'un cern groupe que je me contenterai d'appeler les catho- Ues du strict Jiécessaire, c'est-à-dire les catholiques l tiennent pour la lettre des lois de l'Église et qui xiettent d'élégantes atténuations à Yesprit des comndements de Dieu. Pour ces catholiques, sageut ennemis de Y exagération isLRslsi^vMque de leurs *tus, les saints sont toujours des hommes ridicules i « en font trop », V Estote perfecti du Sermon sur la 'iitagne est un précepte qui ne regarde pas les mon-

25() l'K nÈ\Tî:i.\TrrR m: gi.obk

daiiis et M. le comte de Pontmartin, contempteur de tout héroïsme, est TApollon du Belvédère du bon ser.:? chrétien. Qu'on se donne la peine de compter ce lro'> peau de sages. On verra si leur prophète est un insignifiant adversaire et si c'était trop de l'honorer d'un paragraphe entier dans cette étude des obstacles su>cité< à rintroduction de la cause de Christophe Colomb T.

1. Dans le cas très probable où je serais accusé d*une rigvêarfi: trop excesHive à regard de M. de Pontmartin, je déclare formelltor-:: n'avoir jamais eu aucun sujet de ressentiment perisonnel coairec? célèbre personnage. Je suis un nouveau venu dans l<*s lettre*, i! ignore sans doute jusqu'à mon nom et nous sommes ab5oliuK=: étrangers l'un à l'autre. Si mon livre a quelque mérite, je a;"'tends à tout son mépris, et, bien loin que je doive en éproarer do ressentiment^ je ne me cacbe pas de désirer anxieusement cetèe^gnage. Mais, enfin, jusqu'à ce jour, aucune occasion ne m'a r» offerte d'exister pour lui. Qu'on l'entende bien, je parle ici en ehntien et en chrétien indigné. Je n'ai voulu montrer l'homme dva ^ laideur et dans sa bassesse que pour faire mieux sentir l'ér.>jiB>'>! de son insolence. Comment, en effet, pourrait on voir sanscett* et- 1ère de Vamour dont parle de Maistre, un écrivain soi-disan: cr.ii^ lique se dresser contre le sentiment du Père des fidèles et trait«f <W OKOTKSQUB uu livrc que le Pape Pi<^ IX a publiquement illusir*»* ses ('loges, déclarant « qu'il ne tourne pas moins ii l'iiooneardeb religion qu'à la gloire de l'Italie », et qu'il a qualifié de « irè* nclie histoire »; ouvrage, d'ailleurs, traduit dans les principales l^> gués du catholicisme, pincé dans toutes les grandes bibliotli^''^ d'Kurope, honoré des souscriptions de plusieurs gouvernement^ qui a valu à l'historien de Christophe Colomb deux croix de cb^-lier, deux croix d'officier et quatre croix de commandeur !

Oui ou non, faut-il nous persuader que M. le comte de Poo'.cuf tin qui »'est donné 1» ])eine de naître médiocre écrivain, a le tr^'de juger le jugement d'un pape et d'opposer impudeuimeni si tt grante sottise à l'élite de la société humaine ?

J'avais décidé de ne plus parler du chanoine Sanguineti. Une bonne histoire que j'allais oublier m'y ramène. Les vrais artistes m'en sauront gre et elle fera mieux comprendre, en le dramatisant, le véritable esprit de l'opposition génoise.

Vers le commencement du Carême de 1879, un orateur chrétien de grande réputation en Italie, Mgr Miglior, vint à Gênes pour la prédication quadragésimale. Son éclatante célébrité, comme sermonnaire et comme écrivain, lui assurait d'avance l'accueil le plus favorable et le plus cordial. S. Exe. l'Archevêque de Gènes, épris de son mérite et de sa personne, ne voulut pas qu'il eût d'autre gîte que son propre palais ni d'autre table que sa propre table. Mgr Miglior, touché de cette paternelle sollicitude, pouvait croire que rien ne serait capable d*en suspendre l'effusion et laissait aller son âme à ce courant de délicieuse sympathie dont les prédicateurs de l'Évangile ont quelquefois un si grand besoin pour se réconforter dans les labeurs ingrats de leur vocation. Sa piété illuminée et profonde vint alors lui suggérer Un moyen de manifester sa gratitude et de reconnaître

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d'une manière exquise rhospitalité enthousia: Tille de Gènes. Se sentant dans la patrie de Cb Colomb, persuadé de Tadmirable sainteté d chrétien, il ne douta pas une minute que ce s prononcé ne fît palpiter des milliers de cœui jour, tout rempli de celle généreuse inspira annonça dans la chaire, pour le dimanche su:

panégyrique du plus grand de tous les Génois.

L'effet fut inouï. L'intrusion soudaine d'ui dans une fourmilière peut en donner quelque i clergé s'inquiète et s'agite; les chanoines a cîens, inexprimablement affolés, vont et vi comme des augures épouvantés par quelque teux présage; l'indomptable Sanguineti rug l'archevêché; une députation de ses partisar railler l'orateur et s'emporte jusqu'à le menacei chovêque lui-même, légèrement éperdu, le sup renoncer à un aussi funeste dessein ; tout le m la fièvre, tout le monde a le délire, les inquiet les épouvantes planent sur la cité...

Mgr Miglior dut croire à quelque soudain u des puissances ténébreuses. Aucune explicati» maine ne pouvait, évidemment, lui paraître suf pour un fait aussi extraordinaire. (Par prudei journal de IWrchevôché, le Cittadino avait refusa noncer le sermon.) Néanmoins, il tint très feri retrancha dans son droit de prédicateur et proi sans aucune sorte de balbutiement, le panég] annonce. Le scandale et l'effervescence monté leur comble. La haine infernale des ennemis ( lonjl) essaya d'imposer silence au panégyriste pf (l'intimidation. Une pluie battante de lettres anoi

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le menaça de mille maux, s'il continuait à parler de ce déplorable grand homme. D'autres épttres, également anonymes, moins nettes, mais plus perfides, lui indiquaient comment il pourrait, tout en rappelant le mérite de ce grand navigateur, avouer ses faiblesses humaines et insister sur le repetUir par lequel il avait pu expier ses fautes (1).

A partir du moment où le panégyrique fut annoncé, rinfortuné Mgr Miglior vit subitement se transformer en un système de sordides persécutions la magnifique hospitalité épiscopale des premiers jours. Tout lui devint ennemi. Les familiers de TArchevéché Toffensaient sans relâche par les plus révoltants procédés accompagnés d'attitudes et de regards dédaigneux ; les chanoines, les secrétaires et jusqu'aux domestiques, le toisaient d'un air insultant. Mgr Magnasco, outré du refus qu'il avait été contraint d'endurer, non content de tolérer ces outrages indignement prodigués à son hôte dans sa propre maison, les encourageait encore en affectant avec lui les airs glacés et les regards distraits de l'indiflérence. Pour que la cohabitation devînt supportable , il fallut l'intervention épistolaire de Mgr l'Archevêque de Gagliari dont une lettre eut pour effet de radoucir un peu les manières étonnantes du pontife génois.

Tel est le charmant spectacle dont le clergé de Gènes édifie le monde. On se représente très bien l'effet de dignité et de parfaite décence sacerdotale qui doit en résulter aux yeux vigilants de l'incrédulité qui ne man-

1. Ici, on croit reconnaître la main du chanoine Grassi, men* Uonné plus haut.

2GU LE nÉVÉIATEUR DU GLOBE

quera pas de s'en prévaloir. Si le projet de Béatification est simplement absurde, comme on le prétend, on ne comprend plus rien à toutes ces violences. Il me semble que le ridicule serait assez pour faire justice d'un tel projet s'il n'était qu'absurde. Mais si, au contraire, il est sage, s'il se réalise à la fin, voyez-vous d'avance l'impayable déconfiture de ce diocèse T Le démon e?t un usurier de démence. Quand il suggère une folie, c'est pour qu'on ne s'arrôte plus d'être insensé et pour qu'on aille, s41 est possible, jusqu'aux dernières extr^ mités de la fureur. Qui sait, sinon cet Exacteur ténébreux des passions humaines, jusqu'à quels eicè? nouveaux peut être emporté le malheureux prôlre dont il paraît avoir fait son esclave ?

ScuU'ment^ pour l'honneur de TÉpiscopat, on pourrait désirer que Mgr Magnasco qui, après tout, ck'i: avoir le respect de son sacerdoce et l'amour ilo soc troupoiiu, renconlrAt quelqu'un qui lui ouvrît enfin le? yeux et lui nK)iitrtlt clairement l'abîme de confusion -ï l'entraîne une inexplicable faiblesse pour son anriec oollù)jru<\ le triste chanoine Sanguineti. L'infortuîi; prélat ne voit-il donc pas les conséquences înêvitabîr de celto inouio condescendance qui va jusqu a l'abdiction oiroctive et quotidienne de son autorité entre te innins d'un cuistre qui la déshonore ? Je n'imaginent' de plus lamentable que le spectacle d'un vieillard vène rable. pasteur d'un grand nombre d'âmes, se prêîa:' (le bon ixri\ comme un Géronte épiscopal, — à ce rit cule sans exemple d'ôtre le perpétuel plastron défeiH de l;i vanité extravaséed'un faquin de lettres comme :•: n'en \i\. peut-iMre jamais. Il faut être Génois pour :^ l»as voir cela, pour ne pas sentir rônormitê de t^-

atteinte à la dignité ecclésiastique ei l'effrayante portée sacrilège de ce désordre.

Mgr Magnasco est tellement dominé par son chanoine, son autorité et sa dignité subissent un tel déchet de cet ascendant de son inférieur ecclésiastique qu'il a été jusqu'à déclarer à une personne qui le provoquait à l'énergie qu'il préférerait être déchiré par la populace qtœ de le contrarier !\o\\h, on en conviendra, une parole bien forte et bien mystérieuse. Que signifie ce langage inouï dans une bouche d'archevêque et quel peut être le fondement d'une crainte aussi incroyable ?

En attendant que ce mystère s'éclaircisse, la Cause de Christophe Colomb grandit chaque jour dans la préoccupation des hommes. Dans un avenir peut-être très rapproché, la gloire de Dieu va éclater dans son serviteur. Peut-être aussi, un événemeni que nul ne prévoit est-il sur le point de tout précipiter, car le Seigneur Dieu est avide de l'honneur de ses saints autant qu'il est jaloux de son propre honneur et voici bientôt quatre cents ans qu'il attend pour celui-là. En ce jour, quelle sera, devant toute la chrétienté, l'attitude de l'archevêque de Gènes î Comment peut-il être assez dénué d'amis véritables pour que personne ne le fasse réfléchir d'avance aux soupçons terribles qui s'élèveront alors dans l'esprit de tous les catholiques de l'Univers, en présence de cette complicité aveugle, obstinée de Son Excellence avec le plus ténébreux et plus vil calomniateur de l'apôtre du Nouveau Monde !

Dieu garde ses élus comme la pupille de son œil et il ne remet pas toujours à l'éternité le châtiment de ceux qui les persécutent. Mgr Magnasco devrait y penser. Il

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devrait môme voir que cela commence déjà. En épcz^usant ou protégeant^ comme ille fait, les fureurs dén^^oniaques de son chanoine^ ce n'est pas seulement lui qull couvre de sa responsabilité suprême, c'est, en même temps, tout ce que ce misérable traîne d*in^Krigants, de libres penseurs ou de mauvais prêtres... et voilà le châtiment (1) 1

Je vais finir par une prédiction qui réjouira le c< de Tabbé Sanguineti. Son nom ne périra pas. Il appj tient désormais à Thistoire, au même titre que Tht site appartient à \ Iliade et Falstaff à Tépopée Shak pearienne. Christophe Colomb emporte bénignem< avec lui dans son immortalité tous ces insectes mains acharnés à le diffamer, comme il emport les coquillages attachés aux flancs de ses vaissesft^ quand il s en allait annoncer la Croix de son Maître aiu peuples inconnus de l'Occident. Le fougueux chauo»- *^^ sera-l-il heureux de passer à la postérité de cette t^*^çon t

Poul-iMri'. L'orguoil n est pas très fier et c'est m6«:=^^ï^^ ce qui le dislingue essentiellement de ITiumilité. ^^ paniplilèlairo est un de ces hommes pour qui la Par^n^^^^ divine est une eimemie et qui vont d'eux-mêmes -^^ rôle célèbre Je Barabbas plutôt que de n'être pas « ^-M^^^ phèlos dans leur pays». L'Égérie sacerdotale de l'c::^^^' che\èque de Cannes est prophète dans le sien, au niê^^^^^ sens : < Dix.kri'nt Bar.\bbam. »

l'a jour, au plus épais de leurs discordes civiles, ï*^^

1. Hrl.is ' u!î H.iv.ohoro. un lVi-ranv^. un académicien Desirac-^ '^^' un tV.iao n^\v\^n Non. i;n 0:n^-i oi d autres espèces de même al «-^ quels av\>l\u>> |v>ur un pasteur du troupeau de Jéaus-Clirist ... -^

nois voulurent se donner à la France. Louis XI, qui

fnait alors et qui n'était pas tendre pour les répu-

ques turbulentes, leur fit dire de se donner au diable ,

!!$ voulaient. Après trois siècles, ils se sont enfin

nnës au Sanguinetiet Louis XI, au fond de sa tombe^ j.

it penser que lé diable n'y a rien perdu ! [

L'auteur de ces pages tient à renouveler ici la déclaration qui ouvre son livre.

Je proteste de mon entière soumission à la doctrine de ï*JËglise, aux règles et décisions du Saint Siège, notament aux décrets des Souverains Pontifes Urbain VIII Benoît XIV concernant la canonisation des saints. Je s que rÉglise romaine est Tinfaillible Dépositaire de t ce qu'il y a de vérité divine en ce monde et, qu'en ors d'Eue, c'est à peine si l'âme humaine peut resr. Je suis sûr de croire à cela aussi fermement que je s à ma propre vie et voilà pourquoi j'ose parler à la te Église. Mais mon langage, pour convenir à une -'^^ ^s Mère ne doit être ni d'un avocat ni d'un suppliant, ut se tenir devant Elle avec la dignité profondément ectueuse d'un fils qu'EUe a allaité de Ses mamelles '^es, mais dont il faudra que tous Ses m nistres récent un jour, parce qu'il a été façonné à la ressemce du Dieu Très-Haut. Il y a même une sorte de ^nce amoureuse par laquelle Notre-Seigneur nous

affirme que les citadelles des deux sont emportées dont l'Écriture nous offre cent exemples surprenant-^8.

J'espère n'avoir pas, jusqu'ici, dépassé des bornes qi::x.e la sollicitude du Père céleste a tellement reculées qu "^il semble que nous puissions tout dire à son Église ou é Lui-même, si nous le disons par amour. Les réflexion s qui vont suivre pourront paraître audacieuses et je satis que ce n'est point un usage ecclésiastique d'en tolérer qui leur ressemblent. Mais la Cause de Christophe Goilomb ne ressemble elle-même à aucune autre. Elle est exceptionnelle en tout et appelle un langage exceptionnel.

Quel a été, jusqu'à ce jour, l'accueil delà Sacrée Gok3grégation des Rites au projet d'Introduction de la Ca«.se du Révélateur du Globe?

Le Postulateur lui-même va nous répondre :

€ La Sacrée Congrégation des Rites ne se doute poixit de la grandeur de ce projet et, d'ailleurs, n'en a qxiô ^ faire. Que lui importe la mission providentielle? I>ôs que la Cause ne se présente pas dans la forme ordinaîx^ avec dossier complet, coté, paraphé, timbré d'un sce3^ épiscopal, on s'indigne, on s'agite pour l'empêcher de s^ produire. A ses yeux,Tiu'est-ce donc que ce Christoplx^ Colomb?— Un marin. — Or, s'est-on jamais, à la Cot^" grégation des Rites, occupé de la mer? Que signifie cet l-^ prétention nouvelle? Parfois, de la colère on passe à ud-^ compassion miséricordieuse envers ces ignorants qtii parlent d'exception, et espèrent voir monter à la Congregalion des Rites, autrement que par l'escalier commun» le héros dont le zèle ouvrit à l'Évangile l'autre moitié du Globe. Quoi! pour si peu on ose parler d'excep' tion!

OBSTACLES A l'INTRODUCTION DE LA CAUSE 267

< Détournons les yeux de rintérôt tout personnel que ces bureaucrates peuvent avoir à ce que rien ne soit retraHché des formalités ordinaires. Nous préférons croire que des raisons légitimes excitent leur zèle; que le respect de la coutume les guide seul ; qu'ils pensent devoir, en bonne conscience, repousser une innovation Çui ouvrirait la porte aux abus contre lesquels ont prémuni TÉglise les règles si admirablement établies en cette matière, par les vénérables Pontifes Urbain VIII et Benoît XIV.

« Chose singulière I parmi ces opposants, il n'y en a pas un qui osât formuler et signer ses objections contre rintroducUon de cette Cause exceptionnelle. Aucun d'entre eux n'a jamais lu Thistoire du grand Serviteur de Dieu, écrite par ordre du chef de l'Église. Aucun n'a daigné s'enquérir de sa vie. Ils s'en tiennent à des brochures anonymes, à de petits abrégés, la plupart tirés du protestant Washington Irving; et ils ne craignent pas de s'établir juges de celui qui, après Moïse, Jean le Pré- ^^i^eur et saint Pierre, reçut le plus vaste mandat du ^^1. Grâce à leurs préventions, des suspicions vagues, ^^s idées erronées se sont infiltrées chez d'importants Personnages de la Ville Éternelle. De là, résulte à l'é- S^ird de Colomb, une indifférence presque inévitable, ^^ Bome se trouve aujourd'hui la cité d'Europe oîi le ^^>élateur du Globe est le moins connu...

^ Ils croient maintenant triompher, parce qu'en faisant ^^Virir le bruit qu'il déplaisait au Pape qu'on s'occupât ^ Christophe Colomb, ils jettent du doute dans quelï^^s esprits et pensent détourner de la Postulation un ^Sez grand nombre de signatures... Dans leur entête- ^^nl, qu'ils estiment pourtant servir Pie IX et l'Église,

ces contradicteurs sont les ennemis inconscients di rÉglîse et de Pie IX. Sans doute, leur droiture d'inten tion ne les détournera pas, nous Tespérons, de l'étroi chemin du ciel. Mais le mal qu'ils font, le prenao pour un bien, ne doit point nous trouver complaisan envers leur myopie. Ils ne comprennent pas qu'aprë la Rédemption de i'liomme,il n'y eut point d'événemen plus considérable que celui qui a doublé l'espace de 1 Terre I S'applaudissant de leur prudence et faisant d. leur propre sagesse une idole, ces hommes devien nent semblables à elle. Ils ne voient pas et n'entenden point...

€ Ils n'entendent pas le concert de gratitude dono au souvenir de Colomb par tous les peuples civilisé^ Ils n'entendent pas non plus le bl&me qu'ils attires sur la Papauté ; les accusations qu'ils suscitent conti— l'Église. Leur ignorant dédain pour le plus admiré d^ hommes irrite le fond de la conscience humaine. Ens- • velis dans la douce quiétude de leur routine, ils ^ croient quittes envers le Saint-Siège, envers la vériLenvers les intérêts de l'Église lorsque, pour se délivra de l'obligation d'étudier cette Cause, ils ont flèremei»^ du haut de leur suffisance, répondu : « Il est irez tard. »

« Il est trop tard ! » Ce mot de Néron ne sied p^ dans la bouche d'un chrétien ; c'est aussi le mot c cette Révolution de Juillet, origine des troubles do^ l'Europe, depuis quarante ans n'a cessé de se ressenlL Prenez garde aux effets de ce mot sinistre : « Il est IrC tard! » Qu'en savez-vous, Monseigneur? Qui vous ai^ torise h le dire? Vous qui ij?norez la vie de cet incou]i> rabledisciple de Jésus-Christ ! vous qui neconnaissez ^

ses actes, m ses sentiments, ni ses vertus, ni ses miracles; vous qui ne savez pas discerner Topportunité des temps, les coïncidences providentielles et. les intérêts généraux du catholicisme ; vous qui n'avez pu comprendre la grandeur de cette Cause, son caractère auguste, r éclat qu'elle ajouterait au Pontificat de Pie IX , comment osez-vous répondre : c II est trop tard I » Défiez-vous de ce mot cruel, craignez que le monde ne vous rapplique à son tour . Et quand, sous la pression du. sentiment universel, cette Cause aura été, malgré v^ous, enfin introduite par cette voie exceptionnelle qui lixî appartient; gardez que les hommes ne sachant plus avicun gré d'une justice si lente à venir, maintiennent texir accusation d'ingratitude, et ne répondent à votre e:x€mple : < Il est trop tard. »

< Les bureaucrates et leurs patrons qui, d'une cons- <>îence tranquille, travaillent dans t ombre à faire écarter cette Cause, ne conçoivent pas plus sa grandeur que son opportunité. Ils ne voientpoint que, bien loin d'arri- ^r^rc trop tard », elle eût été mal venue à se montrer plus tôt, qu'elle se présente au moment choisi, le seul où elle pouvait et devait apparaître. La Cause du grand clxTétien, dont la foi nous a valu un monde, est évoquée P^.x l'opinion universelle des catholiques, à l'heure pleine d'effroi et d'anxiétés où un esprit d'erreur passe oomme un souffle de mort sur l'Europe, faisant les téttèlres, égarant les peuples avec leurs pasteurs, s'effor- Ç^nt d'obscurcir les notions du juste et du vrai dans les ^QQes, d'arracher de nos cœurs les plus chères croyances, *^opposer à la maternelle autorité de l'Église la raison ^^ la déraison individuelles ; à la fixité de la doctrine ^^s vacillations des systèmes aboutissant au désespé-

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