‹ Le Révérend Père A. de Ponlevoy de la Compagnie de JésusChapitre 101 sur 252 · CHAPITRE II. — RELATIONS DE FAMILLE · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. — RELATIONS DE FAMILLE

la paix du cœur dans ce monde, et le bonheur de se revoir dans la patrie.

Le P. de Ponlevoy, plus que tout autre, était fidèle à ces devoirs. Constant dans ses affections jusqu'à la ténacité, reconnaissant pour les moindres services, il ne pouvait oublier tout ce qu'il devait à son père : la vie, la foi, la grâce, la vocation religieuse. C'est surtout au moment des épreuves que ces témoignages de piété filiale redoublaient. On l'a vu à la mort de sa mère. Alors, il avait consolé les siens comme un enfant; il allait bientôt se dévouer pour eux comme un apôtre.

En 1834, quand il entra au noviciat, il laissait une famille nombreuse. Les aînés, mesdemoiselles Joséphine et Eugénie, l'abbé Ludovic, Pauline, et les plus jeunes, Sidonie, Victorine et p'élicité, adoucissaient pour leur père l'absence d'Armand. Mais un nouveau vide allait se faire.

Pauline méritait par sa vertu d'être l'enfant de prédilection de la maison. Cette sainteté précoce avait attiré les regards de Dieu qui l'appelait à son service. La vue d'une mère mourante et le départ de son frère pour le noviciat avaient touché le cœur de Pauline. Elle demanda, un an après, la permission de se consacrer au Seigneur. M. de Ponlevoy réclama du temps pour réfléchir.

Armand était le confident de sa sœur. Toutefois, loin de la précipiter vers le cloître, le jeune novice l'encourageait à une calme persévérance.

Le jour même où il prononça ses premiers vœux, il lui écrivit de Saint- Acheul :

« Ton projet, une fois le temps passé, sera confirmé, et si quelque nuage survenait plus tard, tu aurais la garantie de n'avoir pas agi à la légère. — Bon courage donc! ma chère Pauline; ne te plains pas si le bon Dieu te fait acheter le bonheur d'être toute à lui; tu ne le payeras jamais trop cher. »

Quelques jours après, Dieu envoyait un avertissement et une nouvelle épreuve à M. de Ponlevoy. Sa mère s'endormait dans la paix du Seigneur après quatre jours de maladie. Cette mort avait été si douce qu'Armand n'eut pas de peine à consoler son père. Il lui montra Païeule reçue par sa fille au ciel et toutes deux priant pour leurs enfants.

Les réflexions que fit naître cette mort, les sages conseils d'un fils religieux, et le désir persévérant de Pauline déterminèrent sans doute M. de Ponlevoy à faire à Dieu le sacrifice de sa fille. Elle put entrer au couvent des Hospitalières de Vitré.

Prévenu de ce grand événement, le scolastique de Namur écrivit à sa sœur le 5 septembre 1837 •

« Aujourd'hui, tu deviens doublement ma sœur, et désormais nous avons des droits particuliers de prier l'un pour l'autre. Supplions Notre-Seigneur, par Marie, de mettre le comble

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