‹ Le Révérend Père A. de Ponlevoy de la Compagnie de JésusChapitre 102 sur 252 · CHAPITRE II. — RELATIONS DE FAMILLE · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. — RELATIONS DE FAMILLE

à tant de grâces, en nous accordant celle de correspondre à notre vocation et d'y persévérer dignement à la vie et à la mort. » Il ajoutait : « Il ne faudra pas omettre de prier pour le reste de la famille. Le bon Dieu veut faire un saint de notre père; il lui ménage trop de sacrifices ':oup sur coup. Je n'oublierai jamais qu'au moment où je vous faisais mes adieux, c'était lui qui me ranimait par ses paroles : « Du courage, me disait-il, faisons ce sacrifice d'une manière digne de Dieu ! »

Cependant ce nouveau chagrin n'était pas inattendu, et l'holocauste religieux de Pauline n'enlevait pas au père la vue, les prières et les conseils de sa fille.

Mais voici que, le i4 juillet i838, un malheur soudain vint saisir et consterner M. de Ponlevoy. Ce jour-là, sa fille Victorine, un ange de piété et de grâce, rendit son âme entre les mains de Jésus et de Marie.

Cette enfant de bénédiction avait voulu, à l'exemple de sa sœur Pauline se consacrer à Dieu. Après une confidence faite à son frère Armand, elle avait eu enfin le courage de s'en ouvrir à son père.

Le consentement obtenu, comme elle redoutait de ne pouvoir consommer son sacrifice, à cause de sa santé, elle en avait prévenu l'heure par des vœux anticipés. Sa mort, précédée d'une maladie assez légère, avait eu un caractère touchant.

8o LIVRE II. — APOSTOLAT.

Dans sa chambre elle s'était fait un petit autel de la Sainte Vierge, et, presque au moment de mourir, elle avait voulu le parer de nouveau comme pour une fête. Cette fleur était trop belle pour rester sur la terre. Dieu venait de la cueillir pour en orner son paradis.

Quelle blessure pour l'âme de M. de Ponlevoy ! Les consolations du fils ne se firent pas attendre.

ce Je m'unis à vous de tout cœur, lui répondit Armand pour répéter le Fiat voluntas tua! Oui, quoique le coup qui vient de nous atteindre soit bien sensible, mon Dieu, nous vous le dirons toujours : Fiat voluntas tua!

ce Vous avez rempli votre mission envers votre fille, puisque votre fille a rempli la sienne. »

Puis, se tournant vers ses jeunes sœurs, Sidonie et Félicité : cr Mes bonnes petites, eh bien! plus de Victorine. Allons! puisqu'il le faut, pleurons un peu ensemble, et puis, tout en priant pour cette sœur que nous aimions tant, devenons comme elle, des anges. »

Victorine était la filleule d'Armand et de Pauline. Son souvenir les rattachait l'un à l'autre. Le P. de Ponlevoy, prêtre depuis un an, écrivait de Saint-Acheul à sa sœur Pauline.

ce Cette bonne Victorine, il y avait peu de temps qu'elle m'avait écrit son projet de te suivre en religion; mais elle nous a tous de-

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