CHAPITRE VI
COMMUNAUTES RELIGIEUSES. — RETRAITES.
Les communautés religieuses, comme les personnes du monde, eurent une large part au dévouement da P. de Ponlevoy. Il ne faisait encore ici que suivre, avec l'inspiration de Dieu et de son cœur, l'exemple du P. de Ravignan. On pourrait donc lui appliquer les propres paroles dont il se sert pour qualifier l'apostolatreligieux de son ami : « Un pieux et secret instinct, le poussait à ce paradis de la terre, vestibule du ciel : là, d'ailleurs, il se sentait sur son terrain et dans son élément, plus loin des hommes et plus près de Dieu. Sa vraie jouissance était d'y rencontrer des âmes éprises de l'amour de la perfection, et, dans son estime, bien meilleures que la sienne. Il lui semblait enfin que le prêtre doit se prodiguer pour des cœurs détachés de tout, qui s'im-
molent en imitant Jésus-Christ, et dont un seul fait plus pour le divin service que cent autres cœurs vulgaires. ^ »
C'était aussi la pensée du P. de la Colombière : ce S'il est vrai, disait-il, qu'un chrétien vraiment saint fait plus d'honneur à Dieu qu'un million de chrétiens imparfaits, quel plus grand bien pourrait-il m'arriver que d'avoir contribué à mettre une âme dans la voie de la véritable sainteté ! 2 »
« Que serait le monde sans les religieuses, disait Notre-Seignêur à sainte Thérèse? » Et que seraient les religieuses sans les prédicateurs qui les sanctifient?
Ces pensées animaient le P. de Ponlevoy à suivre, ici comme partout, les traces du P. de Ravignan. Comme lui, il se plaisait au Sacré- Cœur. On peut dire de son apostolat dans cette communauté ce que M. l'abbé Baunard a écrit du bien qu'y opéra le P. de Ravignan ^ : « Sa présence seule et son aspect étaient une prédication. Totus vocalis erat, dit un Père de l'Église, en parlant du Précurseur. »
Nous avons déjà constaté, à propos des Enfants de Marie, les œuvres auxquelles il se li-