‹ Le Révérend Père A. de Ponlevoy de la Compagnie de JésusChapitre 138 sur 252 · CHAPITRE V. DIRECTION. igi · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. DIRECTION. igi

ce La translation était hardie, cependant elle fut jugée prudente : les médecins qui n'espéraient plus rien à Paris, voyaient peu à risquer à Auger ville. Je le revis encore le lendemain, 18 novembre, presque au moment du départ. Je le trouvai tranquille et naïvement radieux de s'en aller chez lui. Il pria, et je le bénis

ce Et quelques jours plus tard, le i\ et -25 novembre, à Augerville même je ne retrouvais plus qu'un reste de M. Berryer. La connaissance était devenue vague et intermittente. Cependant, comme j'allais lui faire mes adieux, tout à coup le nuage parut se dissiper, sa physionomie s'illumina encore une fois, et arrêtant sur moi son admirable regard : ce Ah! mon cher Père, me dit-il, que je suis aise de vous voir! Nous allons encore prier ensemble. » Et aussitôt ayant fait le signe de la croix et joint les mains, il récita luimême le Salve Regina depuis le premier mot jusqu'au dernier. A ces paroles : Et Jesinn, henedictuin fructwn ventris tiii, nobis post hoc exilium ostende, ses yeux jusque là fermés s'ouvrirent et se levèrent au ciel, et à ces trois dernières invocations : O démens, o ina, o dulcis Virgo Maria, il étendit ses mains, et sa voix devint émue et suppliante. Il ajouta encore quelques paroles pleines de confiance et de paix : ce Je suis bien ici, chez moi, à Augerville ; je suis débarrassé des affaires et entouré d'amis. Je me recommande

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à VOS prières. » Enfin, une dernière fois, je le bénis au nom du Père de Ravignan.

a Le 29 novembre, un des assidus d'Augerville m'écrivait auprès du lit de'mort :

« Notre cher et illustre ami s'est éteint ce matin. Vers minuit, l'état est devenu plus calme, et la mort qui semblait ne pouvoir le terrasser, l'a endormi vers quatre heures. »

« Pour moi, après avoir dédié ces lignes rapides à la mémoire de M. Berryer, je veux écrire une fois de plus la parole de M. de Maistre :

a Oh! sainte Église! les grands hommes t'appartiennent. »

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