‹ Le Révérend Père A. de Ponlevoy de la Compagnie de JésusChapitre 14 sur 252 · ENFANCE. PREMIÈRES ÉTUDES · texte numérisé non relu

ENFANCE. PREMIÈRES ÉTUDES

A moitié chemin entre Laval et Rennes, sur le penchant d'une colhne, s'élève la petite ville de Vitré. De la station du chemin de fer, le voyageur aperçoit au sommet un vieux château féodal, dont les sombres tours servent actuellement de prison, et non loin, une église gothique dédiée à Notre-Dame. C'est tout près de la place du châ* teau que naquit, le 25 septembre 1812, celui dont nous écrivons la vie. Le jour même, il fut baptisé dans l'église Notre-Dame et reçut le nom

d'Armand. La très-sainte Vierge prenait dès lors possession d'une âme qui lui fut toujours bien chère.

Le père d'Armand, Paul Frogier de Ponlevoy, portait un nom pur et noble. Ses ancêtres étaient originaires d'Angers, et avaient fourni à cette ville des maires, des échevins, et à la France un grand nombre d'officiers de terre et de mer. L'un d'eux, le grand-père d'Armand, était mort en 1780 des suites d'une maladie épidémique contractée en portant des secours aux soldats. Sa femme, issue de la maison des Rhuys, vivait encore au moment où commence notre récit. Depuis deux siècles, les Ponlevoy s'étaient établis en Bretagne. Sans entrer dans des détails héraldiques^^ disons qu'ils étaient fiers de voir figurer parmi les portraits de leurs aïeux ceux des Montholon, des Caumartin, des Chantai, des Sévigné, etc. Devenu religieux, Armand comptait au nombre des bienfaits de Dieu l'honneur d'une naissance distinguée, dans une famille dont la fortune n'avait pas encore atteint un accroissement considérable. La noblesse est quelquefois un arôme qui conserve la vertu; et la médiocrité dans le partage des biens de ce monde, en procurant une modeste aisance, préserve des plus dangereuses tentations de la mollesse et de l'orgueil

I. La famille Frogier de Ponlevoy ports d'azur à deux gerbes d'or, l'écu timbré d'une couronne de marquis.

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