‹ Le Révérend Père A. de Ponlevoy de la Compagnie de JésusChapitre 15 sur 252 · CHAPITRE PREMIER. ENFANCE · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER. ENFANCE

oc Un plus grand bienfait, dit-il dans son Mémorial, c'est d'avoir reçu le jour de parents nonseulement catholiques, mais vraiment saints. »

M. de Ponlevoy était un chrétien de vieille roche; caractère droit et ferme; cœur noble et sensible; incapable de transiger dans une question de foi ou de vertu ; ayant pris l'habitude, comme les laïques pieux du xvii^ siècle, de dire chaque jour son bréviaire; fort instruit d'ailleurs, mais goûtant peu les aventures et les voyages, et bornant l'horizon de sa vie à Rennes et à Vitré, qui renfermaient ses trésors.

Précieux trésors, en effet! Madame de Ponlevoy à une tendresse exquise joignait toutes les qualités qui font la femme forte et l'épouse chrétienne. Quand il s'agissait du bien de ses enfants, jamais elle ne calculait la peine et le danger, ce Malgré toute ma tendresse pour vous, écrivait elle à ses fils Ludovic et Armand, séminaristes à Rennes, j'aimerais mieux vous voir mourir à présent que de vous voir vivre comme de malheureux jeunes gens qui font le déshonneur de leur famille et qui perdent leur âme en tuant leur corps. »

L'union de ces époux chrétiens fut largement bénie de Dieu. Ils eurent dix enfants qui, en resserrant les liens de leur tendresse, apportèrent dans leur maison la richesse du cœur sans appauvrir le domaine des ancêtres. Deux d'entre

eux, Edouard et Cécile, moururent en bas âge. Mesdemoiselles Joséphine, l'aînée de tous, et Eugénie, survivent à tous les deuils. Pauline et Ludovic précédaient Armand dans la vie, et ne sont plus. Victorine, Sidonie et Félicité ses sœurs cadettes, présentèrent avant lui au Juge suprême l'offrande d'une belle vie moissonnée dans sa fleur.

Seule entre tous ces enfants de bénédiction, Sidonie s'engagea dans les liens du mariage. M. le vicomte de Lantivy, son époux, et M. le vicomte de Pontavice, leur gendre, uni à mademoiselle Marie de Lantivy, lui ont survécu et maintiennent au foyer commun les traditions héréditaires,

« Entré autres bienfaits, dit le Père de Ponlevoy dans son Mémorial, je dois remercier Dieu de m'avoir fait naître dans une famille nombreuse. Trois me précédèrent; six me suivirent. Parmi ces derniers, Edouard et Cécile s'envolèrent bien vite avec les anges. Tous les autres, un frère, six sœurs, étaient bons, bien meilleurs Cjue moi, très-unis et très-aimants. Aussi, la maison paternelle était-elle pleine de la joie que donne l'innocence et de la beauté que procure la paix. Le souvenir de mon enfance serait bien doux, sans les légèretés et les fautes de ma jeunesse.

« Je ne me rappelle aucun acte, aucune soutfrance distincte pendant mes huit premières an-

Page 1