‹ Le Révérend Père A. de Ponlevoy de la Compagnie de JésusChapitre 159 sur 252 · CHAPITRE PREMIER. — LE SUPÉRIEUR · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER. — LE SUPÉRIEUR

L'uniforme tranquillité du gouvernement exercé par le P. de Ponlevoy à la rue de Sèvres, ne fut interrompue que par la construction de l'église et de la résidence. Il était bien utile que notre maison de la rue de Sèvres eût son église. Les Pères ne pouvaient remplir leur ministère qu'au dehors. Pour confesser, ils étaient obligés de recourir à la charité des Dames de Saint-Thomas de Villeneuve. Point de centre d'œuvres, de congrégations, de leçons d'Écriture-Sainte, de prédications à des auditoires spéciaux. Mais il était plus facile au supérieur de comprendre la nécessité de bâtir une église que de trouver des ressources. On parle souvent des richesses des jésuites. Oui, ils sont riches comme saint Paul, parce qu'ils n'ont rien par eux-mêmes. Nihil hahentes et omnia possidentes. Ils sont riches du secours de Dieu qu'ils invoquent et de la charité des fidèles qui les assistent. Le P. de Ponlevoy savait bien qu'il ne pouvait puiser que dans ces deux trésors.

Il commença par recourir au premier.

Pour rendre sa prière plus efficace, il s'adressa au pourvoyeur de la sainte famille, au grand protecteur des communautés religieuses, à saint Joseph. Il lui adressa un vœu dont voici la traduction.

a O saint Joseph, époux de la Vierge immaculée, et père nourricier de Notre-Seigneur, puis-

que par la permission, bien plus, par l'ordre de mes supérieurs, je suis sur le point d'élever une église à Notre-Seigneur dans cette résidence destinée à devenir maison professe de la Compagnie de Jésus, je vous choisis pour patron et pourvo3^eur.

a Bien que Notre-Seigneur ait dit autrefois qu'avant de construire une tour, il fallait supputer les frais nécessaires à l'achèvement de l'édifice, cependant, moi, je ne calcule rien, parce que je n'ai rien; mais rejetant tout soin sur vous, et sans douter de votre fidélité, je mets la main à l'œuvre sous vos auspices; ce que nous n'obtenons pas de nous-mêmes, nous sera donné par votre intercession. »

Puis venait l'énumération des promesses*.

Ce vœu une fois fait, sous la direction du P. Stu-

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