‹ Le Révérend Père A. de Ponlevoy de la Compagnie de JésusChapitre 187 sur 252 · CHAPITRE II. — LE PROVINCIAL. 4i · texte numérisé non relu

CHAPITRE II. — LE PROVINCIAL. 4i

« J'ai à vous remercier, mon Révérend Père, des marques de confiance dont vous m'avez honoré, des témoignages de sympathie que vous m'avez prodigués. Je serai votre obligé durant toute l'éternité. Et maintenant, mon Père, bénissezmoi. J'offre le sacrifice de ma vie pour le salut de l'Église et de la Compagnie. Demain, on m'administrera.

a Votre indigne fils, mais tout dévoué, a Stanislas Fréchon. »

Cette belle lettre où respire la charité d'un apôtre reçut une réponse digne des sentiments délicats et généreux qu'elle exprimait. La voici :

a Mon Révérend et bien-aimé Père Stanislas,

a P. C. Ah ! je le sais, jamais vous n'avez refusé le travail, et à cette heure, vous le désirez encore, et c'est la seule chose que vous regrettiez dans la vie. Mon bon Père, le Maître vous a dit : c'est assez! soyez maintenant sans regret, comme vous êtes sans crainte. Oui. Magister adest et vocat te. Ah! c'est à moi que conviennent les regrets, quand je vois partir nos meilleurs et nos plus chers. En quel temps et en quel état vous nous laissez! Sans doute avec vous, comme vous et pour vous, nous disons : Fiat! Mais, ô mon

fil fi LIVRE m. — LE GOUVERNEMENT RELIGIEUX.

bien cher Père, emportez nos souvenirs, et portez nos commissions à notre patrie, à notre famille. Dans la Compagnie de Jésus au ciel, n'aurez-vous pas compassion pour la Compagnie de Jésus sur la terre? Ne reconnaîtrez- vous plus la province de France?

oc Sans adieu, mon bien-aimé Père, reposez- vous seulement dans la paix. Une fois encore, je -vous remercie pour nos novices, pour nos scolastiques, pour moi-même, et, puisque j'en ai le droit, je vous bénis au nom de notre T. R. P. Général, c'est-à-dire au nom de saint Ignace, notre commun Père.

a En éternelle union in societate Jesu, a Servus et frater in X^o,

a A. DE PONLEVOY. »

Paris, 24 août.

Ces quelques extraits de la correspondance administrative du P. de Ponlevoy montrent assez quelle était l'intelligente tendresse de ce bon Père. On y voit aussi la suavité du gouvernement de la Compagnie, que des ignorants ou des impies outragent sans la connaître.

Mais cette douceur de direction exige des supérieurs l'humilité qui accepte la critique et l'abnégation qui affronte le travail. La croix de

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l'obéissance s'allège, en aggravant celle du commandement.

Heureux les inférieurs menés à Dieu par un saint !

Heureux le supérieur lui-même s'il porte sa croix avec amour! Il ressemble à son Maître, et, à force de souffrance et de charité, il mérite de goûter cette parole divine : je suis le bon pasteur !

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