‹ Le Révérend Père A. de Ponlevoy de la Compagnie de JésusChapitre 225 sur 252 · CHAPITRE VI. — DEKNIERS JOURS · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI. — DEKNIERS JOURS

demandait à la cuisinière le nom et l'usage de chacune des pièces du fourneau.

Le P. de Ponlevoy semblait heureux de la joie des sœurs. « Comme il est bon et simple, votre Père! disaient-elles; il n'est pas fier du tout. Avant son arrivée, sachant qu'il avait été Provincial, nous le craignions. Maintenant que nous l'avons vu, nous n'avons plus peur de lui. »

Par sa charité, le P. de Ponlevoy avait ainsi édifié tout le monde. Il voulut compléter les bonnes œuvres de la journée en faisant au P. Negroni la classe habituelle.

Mais le soir, il était épuisé. Le mal de gorge l'avait repris et quand, à six heures, il quitta les novices et ses hôtes ravis de sa venue, la petite toux sèche d'Angers avait reparu. Il prétendit qu'il n'y fallait pas attacher d'importance. Les jours suivants il se disait mieux. Quelquefois, cependant, il avouait que la nuit avait été un peu agitée, et qu'il ne se sentait pas bien portant. Il attribuait ces. variations aux changements de température si fréquents en Bretagne à cette époque de l'année.

a Dans le vrai, écrivait-il à son ancien collaborateur le l'it septembre, je suis long cette fois à me restaurer, et c'est quand j'ai à me reposer que je commence à me trouver fatigué. Je ne le sentais presque pas à Angers, mais je le confesse, à Quimper. Je vous arriverai tel cjuel, et alors :

quod haheo, hoc tihi do*. Après cela, je le crois et je le sais, le travail donne des forces, parce qu'il en demande, et il y a du vrai, même au point de vue hygiénique dans ces paroles : in lahore requies^.

Il ajoutait cinc[ jours après : «Je vous donne ma dernière ligne à l'entrée même de ma retraite, ie reviendrai au monde le 26 : alors je vous donnerai le mot d'avis pour le retour. »

Cependant ces nouvelles avaient alarmé un peu le R. P.- Provincial. Il ordonna une consultation. Jusque-là, le courageux malade avait refusé tout traitement, s'en tenant aux prescriptions du médecin d'Angers.

Mais à la nouvelle de l'ordre donné par le P. Provincial, l'enfant d'obéissance se rendit presque immédiatement chez le D'' Chauvel, médecin de la maison. Celui-ci fut saisi de vénération en présence de ce client qu'il voyait pour la première fois. «Quel homme, disait-il; mais c'est un saint! jamais personne n'a produit sur moi pareille impression. »

Le docteur prescrivit une application d'huile de croton sur le larjmx et la poitrine. Le premier jour, aucun effet ne fut produit. Le lendemain, le Père voulut doubler la dose, ce qui détermina

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