‹ Le Révérend Père A. de Ponlevoy de la Compagnie de JésusChapitre 224 sur 252 · CHAPITRE VI. — DERNIERS JOURS · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI. — DERNIERS JOURS

faire accepter des aliments ou des cordiaux plus en harmonie avec sa faiblesse. Il ne cessait de dire qu'il ne manquait de rien. Sauf un ou deux jours, il ne consentit pas à se lever plus tard que quatre heures. Il s'occupait de son cher disciple. Ce travail, quoique modéré par la charité prévenante du novice, obligeait le maître à rompre un silence absolument nécessaire au rétablissement désiré.

Puis, les Pères du collège de Brest étant venus faire leur retraite annuelle à Quimper, le P. de Ponlevoy se mit à leur disposition, et plusieurs recoururent à ses conseils pour la confession ou la direction spirituelle. C'était la fatigue du noviciat qui se renouvelait. Enfin, sachant combien le temps serait pour lui précieux et rare à Paris, il redoublait d'activité pour achever son commentaire des Exercices. Il ne se reposait donc qu'imparfaitement, alors qu'il aurait dû cesser toute occupation. Mais le compagnon de Jésus-Christ ne se repose qu'en variant ses travaux; son repos est au cieL

Il se portait mieux cependant quand arriva l'événement que nous allons raconter.

Un novice, malade de la poitrine, était allé ranimer ses forces en respirant l'air natal à Qaimperlé. Là, il était soigné par les bonnes sœurs de l'hospice avec un dévouement maternel.

Le P. de Ponlevoy, son ancien maître, craignait

toutefois que l'isolement ne l'attristât et voulut porter à ce cher enfant les consolations du saint ministère et lui faire prononcer des vœux de dévotion.

Le i^'" septembre, il se rendit à la gare, accompagné du P. Negroni et du P. supérieur. Le temps était pluvieux, le vent s'élevait de la mer avec violence. Un petit voyage semblait tout à fait contraire à une santé délabrée. Le P. supérieur en fit la remarque. « Bah! répondit le P. de Ponlevoy, les temps les plus mauvais ne pourront pas m'empêcher de rendre service à mon cher malade.» Il arriva donc à l'hôpital, y dîna en compagnie de son petit Frère, et ne le quitta que pour aller voir un Père âgé, indisposé par les fatigues d'une retraite. Puis il se rendit aux églises de la ville, et revint à l'hospice à bout de forces.

Les bonnes sœurs, pour lui faire honneur et ignorant l'état de sa santé, le prièrent de parcourir la maison. Le Père, malgré sa lassitude, voulut leur faire ce plaisir. On sait l'impression produite dans une communauté isolée par la venue d'un hôte illustre. La durée du colloque est proportionnée à la bienveillance que l'étranger inspire. Le Père, par un sentiment de charité, voyant la satisfaction des bonnes sœurs prolongeait lui-même la visite. Arrivé à la cuisine, il salua les servantes et se fit expliquer tous les détails du ménage. Avec une gaieté ingénue, il

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