I. Exercices
Ces lignes, contrairement à son usage, sont à peine lisibles et trahissent une fatigue extrême.
Si l'on veut connaître à fond le P. de Ponlevoy, et le degré de sainteté auquel il était parvenu, il faut les lire avec attention comme les aveux de 1872, mentionnés dans la préface.
a Désormais, si près de ma fin, si je repasse le cours de cette vie écoulée en mon âme et conscience, entre Dieu et moi, que trouverai-je? Quel a été le trait saillant, dominant, hélas! et absorbant, sinon cette manie déplorable et incurable de l'amour-propre, surtout au point de vue de ce fantôme qu'on appelle l'opinion, l'estime et l'aiîection, l'importance ou la renommée, soit dans la Compagnie, soit hors de la Compagnie. Bêtise sans nom, faiblesse des faiblesses. Je me suis cru ou j'ai voulu me faire croire quelque chose. Cette manie où ne s'est-elle pas mêlée? Que d'intentions malsaines! que de connivence pour l'opinion en face de mon opinion, de ma conscience ! Comme je me suis raconté moi-même! Surtout j'avais reçu des grâces gratis datœ; si j'en avais bien usé, elles seraient devenues gratuin facientes; mais je ne les ai point exploitées, et je suis resté avec la lettre sans l'esprit.
a D'abord, depuis un temps, la Providence m'a très-miséricordieusement châtié par des défections d'amitiés réputées inviolables, des désertions de l'opinion.