CHAPITRE VI. DERNIERS JOURS. SAq
Le corps resta exposé pendant deux jours au parloir de la rue de Sèvres. Une foule d'amis, de pénitents, de prêtres, vinrent l'entourer de leurs respects et de leurs prières, couvrir son corps de fleurs, faire touclier leurs chapelets à ses dépouilles mortelles.
Puis le lundi, 3o novembre , fête de saint André, dix ans jour pour jour .après sa nomination au provincialat, ses obsèques eurent lieu dans l'église qu'il avait bâtie quinze ans auparavant. Elle pouvait à peine contenir la fouie des assistants.
Les représentants de tous les ordres religieux sans exception, un grand nombre de curés et de prêtres de Paris, Mgr Pie et Mgr Verolles assistaient à la messe qui fut dite par le R. P. Mourier. Provincial.
S. E. Mgr le cardinal-archevêque avait voulu présider la cérémonie funèbre. Mais, empêché par le sacre de Mgr Jollivet, il se fit représenter par deux de ses grands vicaires, MM. Jourdan et Baron.
L'absoute fut donnée par Mgr Pie, év-êque de Poitiers..
a Un corbillard, dit l' Univers (le corl)illard des pauvres) a reçu le cercueil tout couvert de fleurs par la piété des fidèles; et un immense cortège, composé de religieux, de prêtres et d'un nombre infini de personnes pieuses, a, malgré la pluie,
55o LIVRE III. — LE GOUVERNEMENT RELIGIEUX
suivi le corps jusqu'au cimetière Montparnasse.
K Le R. P. Provincial, en habits sacerdotaux, précédait le corbillard, et a récité au cimetière les dernières prières.
« Puis la dépouille mortelle fut déposée dans le caveau, à la place même qu'y avait occupée le P. Olivaint avant d'en être exhumé.
a La foule s'écoula lentement et l'on se disait : a Bienheureux ceux qui meurent dans le Seigneur. »
Le jour même, la presse par ses mille voix, louait à l'envi le célèbre et modeste religieux... Plus de quarante articles lui furent consacrés dans les différents journaux de Paris ou de la province.
ce 11 ne fut pas seulement, écrit M. Poujoulat dans V Union, une lumière pour son institut, mais aussi pour un grand nombre d'âmes qui recevaient sa direction. Cette portion d'élite que l'on appelle à Paris la société et qui est si noblement chrétienne, perd dans l'éminent jésuite un conseiller d'un jugement toujours sûr, un guide qui versait le baume dans les plaies du cœur, tout en aplanissant les voies. Sa gravité était douce, son coup d'œil pénétrant, sa bonté infatigable. Admirable pour former les novices dans son pieux institut, il l'était encore pour soutenir les consciences dans la vie chrétienne, combattre les faiblesses, dissiper les obscurités. Il avait une