‹ Le Révérend Père A. de Ponlevoy de la Compagnie de JésusChapitre 59 sur 252 · CHAPITRE IV. ETUDES · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. ETUDES

jeté sur ces feuilles, il revoyait en quelc[ues instants tous ses travaux passés.

. Il assista, en septembre i838, à un grand acte donné à Saint-iA.cheul, pour la première fois depuis le rétablissement de la Compagnie en France. Un grand acte n'est pas une parade théologicolittéraire, comme le supposeraient ceux qui n'en ont jamais été témoins, mais une lutte très-sérieuse, où des docteurs, professeurs expérimentés et habitués à manier la langue serrée de l'argumentation, attaquent à leur choix, et sans aucune convention préalable, pendant six heures de temps, les points présumés plus faibles dans les thèses proposées.

Monseigneur Mioland, qui présidait à cet exercice entouré des provinciaux d'Espagne et de France et d'un grand nombre d'ecclésiastiques, crut voir revenir les beaux jours de l'antique Sorbonne^ Hélas! ces espérances devaient être bientôt déçues. Qui l'aurait cru? au lieu de comprendre tout ce que renfermait de fécond pour la restauration des études ecclésiastiques en France cette vigoureuse initiative, un gouvernement ombrageux estima la patrie menacée, et conseilla la dissolution de la maison de Saint- Acheul.

I. Vie du R. P. Guidée S.-J. par le Père Grandidier, S. J. Paris, Victor Sarlit, 1837.

En attendant, le soir même du jour où se tint ce grand acte, le Frère de Ponlevoy entra en retraite pour se préparera recevoir le sacerdoce. Il fi^t ordonné prêtre le 22 septembre 1 838, par Monseigneur Mioland.

Quiconque a pu assister à la messe du Père de Ponlevoy a remarqué la douce gravité et le recueillement séraphique avec lequel il la célébrait. Ordinairement elle durait un peu plus d'une demi-heure. On le voyait tout absorbé en Dieu. Quels n'ont pas dû être ses sentiments de foi et d'amour au premier jour de son sacerdoce ! Par une rencontre assez frappante, ce religieux si éprouvé par des peines intérieures, si dévouée Marie, la mère de sa vocation, put dire sa première messe à l'autel de Notre-Dame des Sept- Douleurs, le jour même de l'octave de cette fête ; a Le 11 septembre, dit-il dans son mémorial, je fus ordonné prêtre avec les PP. Laynezet Lebreton, et le 23, je dis ma première messe à l'autel de Notre-Dame des Sept-Douleurs à Saint- Acheul en l'honneur de ma souveraine. »

Il n'avait alors que vingt-six ans.

Quelques jours après, il recevait une lettre du Père Gloriot où ce saint homme lui offrait ses compliments religieux et paternels, en réponse à un avis envoyé à temps pour réclamer ses prières. a Mon cher Père, lui écrivait-il, je puis enfin vous donner ce titre. Tout me porte à me réjouir

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