I. Allez, embrasez le collège
112 LIVBE PREMIER. FORMATION.
ports affectueux Poubli et presque l'amour de l'exil .
C'est dans le même esprit que le P. de Ponlevoy soutenait et dirigeait la charité de ses congréganistes. Il les accompagnait quand ils visitaient les pauvres, et les initiait ainsi aux aimables industries des sociétés de Saint- Vincent de Paul. Il nous raconte à ce sujet une coutume du collège de Brugelette, à laquelle il n'eut garde de les soustraire.
« Nous avons un usage fort touchant durant le temps de Noël, écrivait-il à son père. Une jolie crèche s'élève au milieu du sanctuaire de notre église, et nos élèves vont, après leur repas, faire l'offrande spontanée de leurs menus plaisirs ou de leur dessert. Le divin enfant perçoit ce tribut de la charité depuis Noël jusqu'à la Purification. Or, les jours de fête, c'est une profusion de largesses : bouteilles de vin, gâteaux de Savoie, tartes, confitures, macarons, etc. Il y a deux jours, mes congréganistes ont porté chez le curé du village deux mannequins de friandises amoncelées. Ordinairement, comme aujourd'hui, nous allons distribuer à domicile, aux pauvres eux-mêmes, des provisions plus substantielles, avec une corbeille de bonbons pour acheter des prières aux petits enfants. On rentre au collège le cœur content, chargé de bénédictions, et nos jeunes gens apprennent qu'on est heureux de faire des heureux. »