‹ Le Révérend Père A. de Ponlevoy de la Compagnie de JésusChapitre 75 sur 252 · CHAPITRE V. — EXERCICP:S DE S. IGNACE · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. — EXERCICP:S DE S. IGNACE

paroisses des montagnes circonvoisines de i'Ardèche. On y portait jadis les enfants morts sans baptême, et la foi des parents obtenait quelquefois la résurrection de ces enfants. Les nouveaux époux se faisaient un devoir de visiter ensemble Notre-Dame d'Ay. Des confesseurs passant la nuit au saint tribunal ont peine à suffire à la foule des pénitents qui affluent aux veilles des fêtes de l'Assomption et de la Nativité de la sainte Vierge.

Cette dévotion à Marie était la grande dévotion du troisième an. « La salle des conférences, ajoute le P. Fouillot, occupait la principale pièce de l'ancien castel. Les tertiaires y étaient groupés autour d'une grande statue de la sainte Vierge à figure maternelle, installée dans une embrasure de la muraille, que surmontait en lignes concentriques cette inscription relative à la réunion du cénacle : Hi omnes erant persévérantes uncmimiter in oratione cum... Maria matre Jesu et fratrihus ejus K Cette inscription permanente, avec l'image et le monstra te esse matrem, rappelle aux tertiaires de Notre-Dame d'Ay qui y retournent, leurs meilleurs jours. »

C'est aux pieds de Marie, dans cette douce solitude, que le P. de Ponlevoy allait trouver un vrai maître.

Le Père instructeur, celui-là même qui nous a

1 Act I, 14.

transmis ces lignes, n'était pas à son début. Il y avait déjà douze ans que ses supérieurs avaient reconnu en lui l'homme destiné par Dieu à former des apôtres; et il devait continuer pendant vingtquatre années encore à exercer ce ministère si important. Sa droiture, et au besoin sa rude franchise, sa vigueur surnaturelle au milieu des épreuves que Dieu lui envoyait, une haute raison jointe à une piété solide, la connaissance profonde de l'esprit de saint Ignace, une parole élevée, substantielle, toujours exacte, et au fond une mâle bonté qui se trahissait à son insu par la douceur de son regard, expliquent la confiance que les jésuites français, anglais, américains, allemands, espagnols et belges eurent en lui pendant si longtemps. Oui, il avait raison de le dire : « Tous ceux qu'il a formés ou essayé de former à la vie spirituelle durant ce long espace de trente-six ans lui devront leurs meilleurs jours. »

Dès leur première entrevue, le maître devina le disciple et lui dit ce mot qui semblait inspiré : a Soyez l'homme des Exercices. » Cette parole futelle une révélation ou tm simple conseil littéralement suivi? Je l'ignore. Toujours est-il que tout le P. de Ponlevoy est dans ce mot fidèlement mis en pratique. Les Exercices sont le point culminant du troisième an; et le troisième an est le centre religieux de la vie du jésuite. Mais ce qui

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