‹ Le Révérend Père A. de Ponlevoy de la Compagnie de JésusChapitre 78 sur 252 · CHAPITRE V. EXERCICES DE S. IGNACE · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. EXERCICES DE S. IGNACE

Le religieux, l'apôtre et le supérieur furent formés à cette école. Dès lors, il conçut les pensées qu'il devait réaliser plus tard, et ne fit qu'exploiter la mine découverte au troisième an.

Les Exercices avaient fait sa vocation. Depuis, il les avait suivis deux fois dans leur entier, avec peine la première fois, avec consolation la seconde. Mais alors il était encore jeune. Maintenant, dans la maturité de l'âge et la plénitude de ses facultés, il pouvait mieux les comprendre. Nous sommes donc arrivés au moment favorable pour suivre le P. de Ponlevoy dans l'étude qu'il fit des Exercices, et, à défaut d'autres souvenirs, nous retrouverons ses pensées dans son Commentaire.

Tout d'abord il y admire l'esprit général de la méthode : l'homme exercé tout entier pour être exploité tout entier.

œ Toutes les méthodes, toutes les règles, toutes les maximes vont tour à tour le travailler, en le faisant travailler lui-même.

a Ainsi également éloignée des illusions de l'illuminisme ou dc^ mollesses du quiétisme et des prétentions de la philosophie ou de la suffisance de l'orgueil humain, la doctrine des Exercices sera l'harmonieux accord de la raison avec la foi, de la grâce avec la liberté, de la prière avec l'action, simple et facile à comprendre comme la vérité, noble et difficile à pratiquer comme la vertu.»

La beauté du tableau ne le cède point à la beauté de la méthode.

Le P. de Ponlevoy admire l'immensité du cadre, égal en étendue à l'œuvre de Dieu, à l'histoire du monde. « On peut, dit-il, saisir une singulière analogie entre les grandes divisions des Exercices et les grandes phases de la religion, comme si l'histoire d'une âme ressemblait à l'histoire du monde, comme si la grâce, toujours constante avec elle-même, au milieu d'innombrables variétés, conduisait ces vies éphémères par des sentiers parallèles à la grande voie des siècles. Du reste, il y a une logique divine, et l'ordre des choses répond à l'ordre des temps. Saint Ignace semble avoir calqué le plan de Dieu.

« Les Exercices commencent avec le monde et finissent comme lui, et entre ces deux extrêmes, l'intervalle est partagé en deux périodes par Tavénement du Dieu sauveur et hiodèle. La création est le premier mot des Exercices comme elle est le premier mot de la Genèse : Creatus est..^ Creavit Deiis. Là se révèle a nous le plan primitif et définitif du Créateur : l'homme pour Dieu et le monde pour l'homme.

<c Mais cet état de choses â peine posé est aussitôt troublé : Le péché entre dans le monde et la mort règne. N'est-ce pas la première semaine des Exercices, durant laquelle l'âme est placée

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