CHAPITRE V. — EXERCICES DE S. IGNACE. ifi'i
gardez-moi et défendez-moi, gouvernez-moi et disposez de moi chaque jour, conservez-moi et sauvez-rnoi toujours et pour toujours. Je n'ai demandé et ne chercherai qu'une chose, ô ma mère, ma vraie mère, qui m'avez fait naître une seconde fois en Jésus-Christ, en m'appelant dans la Compagnie de Jésus-Christ votre fils, Notre-Seigneur ; par mes patrons témoins de cet acte, par votre cœur immaculé, par le nom béni de Jésus, avec Une profonde humilité et une grande confiance; je vous prie et je vous conjure, et je ne cesserai de vous prier et de vous conjurer jusqu'au dernier battement de mon cœur et jusqu'à la fin de ma vie, donnez-moi une nouvelle naissance jusqu'à ce que le Christ soit formé en moi. O Notre-Dame du Cénacle, mère de Jésus, maîtresse des Exercices, Reine de la Compagnie militante et triomphante, enseignez-moi, faites-moi connaître dans cet exil Jésus crucifié, et après cet exil, montrezmoi Jésus triomphant.
a Dans l'église de Notre-Dame d'Ay, en la fête de l'Immaculée Conception, le 8® jour de décembre, i8/,6.
« Armand Marie de Ponlevoy, âgé de 34 ans. ^
Cette donation, véritable extase d'humilité, était bien le résumé des principales inspirations de la grande retraite.
Malgré le nom de vœu qu'elle porte, elle ne
renfermait pas sans doute d'obligation nouvelle. Mais elle imposait au Père le devoir d'être plus que jamais l'enfant de Marie. 11 se consacrait à Elle comme le Père de Montfort, qui s'était fait l'esclave de la très-sainte Vierge; comme saint Louis de Gonzague, quand il composait et récitait sa belle prière à sa Souveraine. Il y renonçait, excepté en certains cas, à l'application de ses fruits et de ses mérites personnels, qu'il remettait dans le trésor de sa Mère.
Il attachait tant d'importance à cet acte sacré qu'il le renouvelait deux fois chaque année, au jour de la Purification et de l'Assomption de Marie.
Cette bonne Mère venait donc de révéler à son enfant, comme autrefois à saint Ignace, le secret des Exercices de Manrèse. Le Père de Ponlevoy continua toute l'année ce premier travail et y joignit l'étude des Constitutions. Il avait eu même dessein de faire rentrer dans le cadre des Exercices plusieurs des passages ascétiques de l'Institut de la Compagnie.
Entièrement livré à cette étude intérieure pendant le temps de son troisième an, le Père de Ponlevoy s'efforça de cacher aux yeux de ses frères les trésors de grâces amassés pendant sa grande retraite.
ce Ce qui m'est resté du souvenir de ces quelques mois passés avec lui, nous éc.i'lt l'an de ses con-