CHAPITRE V. EXERCICES DE S. IGNACE. l4l
ligence du livre des Exercices. Comment vous donnerai-je ce que je n'ai pas moi-même? Ce livre est un abîme. Mais puissé-je vous en inspirer l'amour ! N'en eussiez- vous que l'estime à la fin de votre noviciat, vous auriez fait un noviciat d or. Toute la spiritualité de la Compagnie est là. Pour moi, je le goûte, ce livre, je le savoure; » et en disant ces mots, il le prenait et le portait à ses lèvres.
Ainsi fut-il fidèle au mot d'ordre de son Père instructeur et à cette passion unique des Exercices ressentie pour la première fois à Notre- Dame d'Ay dans la grande Retraite. Le jour de la clôture, il fit un acte important, sa donation à Marie, qu'il appelle un vœu.
On y verra le résumé de tous les sentiments inspirés au P. de Ponlevoy pendant ce mois béni. Les termes de la donation sont empruntés à la langue même des Exercices.
VŒU FAIT A NOTRE-DAME LE 8 DECEMBRE l8.'|6
Pour en conserver un perpétuel souvenir.
a A la plus grande gloire de Notre-Seigneur, pour remercier Notre-Dame de ses innombrables bienfaits, pour m'encourager et me fortifier dans l'abîme de misère où. je suis plongé, dans l'espoir de mon progrès spirituel et de la sanctification de mon prochain. Moi, Marie Armand
l42 LIVRE PREMIER. — FORMATION.
Louis (Aloysius), tout petit et tout pauvre serviteur de Marie, inutile et très-indigne compagnon de Jésus, j'atteste en présence de mon ange gardien, de saint Joseph, de sa-int Jean, de mon S. P. Ignace, de saint François Régis et de saint Louis de Gonzague, que j'ai le désir, que j'ai la volonté inébranlable de m'offrir absolument, de me donner tout entier, moi et ce que j'ai, à la Bienheureuse Vierge Immaculée et Notre-Dame du Cénacle, transférant dans ses mains bénies, totalement et pour toujours, autant qu'il est en moi, la propriété de moi-même, en sorte que je ne m'appartienne plus, et que je sois l'enfant de Marie, pour devenir le compagnon de Jésus. Sim Marianiis ut fiain Jesuita.
« Ainsi tout ce que je suis, tout ce que j'ai, tout ce que je puis faire et ce que je fais, ne m'appartient plus désormais et quoique je puisse encore agir ou souffrir, selon les intentions que l'obéissance m'imposera ou que je pourrai déterminer, tous mes fruits ex opère operato, tous mes mérites ex opère opera?îù*s, doivent rentrer dans les trésors de ma Souveraine.
« Puisqu'elle est ma maîtresse, il est juste qu'elle dispose de moi selon son bon plaisir, et comme elle le jugera meilleur, pour la plus grande gloire de son fils Notre-Seigneur.
« Prenez-moi donc et recevez-moi aujourd'hui^ Vierge Immaculée, et Notre-Dame du Cénacle;.