‹ Le Rhapsode de la DàmbovitaChapitre 3 sur 94 · A MA GRAND'MERE · texte numérisé non relu

A MA GRAND'MERE

Les cJieniins sont remplis de neige et nous allons par les

chemins

En songeant ç?cils seront tous verts au mois d'avril.

Et tu es 7norte sans connaître vies chansons. Et tu ne connais pas ??ia vie parce que tic es morte. Et sans doute tu pries pour moi dans la tombe Et tu te demandes : Que fait-elle daiis la vie ?

Et tic penses dans la tombe que je suis tenfaid qîci n'a

connu que le sourire.

Car c'est ainsi que tu nias laissée sur la terre.

DÉDICACE

Et fu ne sais pas giic je chante.

Et tu ignores que j'ai déjà pleitrc

Et que je parle toujours de toi

Puisque tu es près de moi toujours.

Et puisque je garde à travers toute via vie ton reg^ard- et le

son de ta voix.

Et que je ne suis plus F enfant qui n'a con7iu que le soicrire.

Et que j'ai connu les plciirs.

Et plus jamais je ne vois l'endroit de ta demeure. Et la demeure où tu in accueillais ne ni est phts familière Et je me sens étrangè^-e parmi les hommes.

Toujours je songe à ton amour.

Et je liai pkis trouvé d' amour parmi les hommes.

Depuis que ton amour s en est allé dans la tombe.

Mais tu nias dit : Eamour est bien plus fort que la

poussière.

Et je demande à la poussière si l'amour lui survit.

Et la poussière répond : Cest vrai, Pamour est plus

puissant.

Et tu ne sais pas que je chante, toi qui m'as appris à prier.

Et je te donne ces chansons

Et je les donne, car j'' ai si peu de larmes à donner.

Je te les donne, ces chansons, pour qu'elles te parlent de

moi dans ta tombe

Et qu'elles te disent : A^on, elle n'est plus l'enfant qui 7ia

connu que le sourire.

DÉDICACE

Alors ht dorviiran traiiquille avec toutes ces cJiansons.

Et tu dcinauderas en les entendant :

Est-ce le bruit des semences Ç7ii gcnncfit, est-ce le pas léger des petits enfa7its au-dessus de ma tête?

Est-ce le bruit d'ioie prière loiyitaine qici vient ainsi j2isq2L à

mon cœur?

Et lors je dirai : Oui, Grand 'Mère, cest la 7'umeur des

semences qui germent.

Ce sont nos pas légers au-dessus de la tombe.

Et cest la voix d'aune prière lointaine qui vient ainsi

jusqicà ton cœur.

Et tu me béniras dans ta tombe.

Et la terre bénira ta poussière,

Et tu diras à cette terre : Écoute, ce qui est né de moi te

chante.

Et tu reconnaîtras le Cobzar qui s'en venait chanter devant

ton seuil au lever de la lune.

Et le Haïduck qui porte un cœur de brave sous son

manteau.

Et le fuseau de la jeune fille et les rêves de l^ épouse.

Tic les reconnaîtras, toi qui as si souvent consolé

Et réponse et la jeune fille.

Et tu t'endormiras. Grand 'jllèi'e, dans les douceurs de mes

chansons.

Car ces chansons, je te les donne

Pour que tic puisses croire encore que je suis un enfant

joyeux

DÉDICACE

Oui 11 Cl conmt gtie le soicrirc.

Et que ht te demandes avec un so^trire :

Que fait-elle dans la vie?

Et que tu ne saches jamais, Graiid 'Mère, Combien f y ai pleuré. '

Les c/iemins sont remplis de neige et nous allons par les

chemins,

En songeaiît qicils servnt tous verts au mois d'avril.

CHANSONS DU COBZAR

Chansons populaires roumaines

Boceli. - Chansons des Morts

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